L’an dernier, Microsoft glissait un premier pied hors de la console de salon avec la ROG Xbox Ally, une portable conçue avec Asus qui fait tourner l’écosystème Xbox sur Windows. L’objet ressemblait à un galop d’essai, et la suite lui donne raison. Dans un entretien accordé fin août, Asha Sharma, directrice générale de Xbox, décrit Project Helix comme « une belle famille d’appareils » plutôt que comme une machine unique. Le projet jusqu’ici réduit à un nom de code prend enfin des contours.
Une gamme entière, avec la console de salon au milieu
Le nom Helix est sorti du bois en mars 2026, accompagné d’un partenariat au long cours avec AMD. La puce maison circulerait sous le nom de code « Magnus ». Les kits de développement sont évoqués pour 2027, et le lancement n’interviendrait pas avant cette échéance, calendrier que Microsoft se garde de graver dans le marbre. La logique, elle, est désormais posée : une même base technique déclinée en plusieurs machines, à la manière des constructeurs automobiles qui tirent d’une plateforme une berline, un break et un SUV. L’hybride entre console et PC Windows resterait le cœur de la famille, entouré d’appareils moins puissants ou plus nomades.
Le pari tranche avec vingt ans de doctrine maison, où chaque génération Xbox se résumait à une console, parfois deux. Microsoft a déjà rêvé d’unification par le passé (Windows Phone, les applications universelles UWP), avec le succès commercial que l’on sait. La différence, cette fois, tient à la brique déjà en rayon : la ROG Xbox Ally a servi de démonstrateur grandeur nature. Valve, de son côté, avance ses pions sur un terrain très proche avec sa Steam Machine.
Le prix avant les téraflops, la pénurie ne laisse pas le choix
Interrogée sur ses priorités, Asha Sharma cite l’efficacité énergétique et l’accessibilité tarifaire avant la course à la puissance. La dirigeante évoque sans fard la situation des composants : « nous sommes en pleine crise », lâche-t-elle au sujet de la mémoire et du stockage. Les prix de ces deux postes flambent depuis des mois sous la pression des serveurs d’IA, une inflation qui pèse directement sur la fiche technique des futures consoles. Concevoir une console généreuse en mémoire vive coûte aujourd’hui nettement plus cher qu’il y a deux ans, et chaque euro de surcoût finit tôt ou tard sur l’étiquette. La prochaine PlayStation, elle aussi en chantier, affrontera exactement la même équation.
Le marché français a de quoi aiguiser les appétits : le jeu vidéo y a pesé 5,856 milliards d’euros l’an dernier, en hausse de 2,9 %, dont 44 % pour le seul écosystème console. Autant dire que le segment que Microsoft s’apprête à faire éclater en plusieurs références reste, dans l’Hexagone, le cœur battant du marché. Un public qui a déjà encaissé plusieurs hausses de tarifs sur la génération actuelle, et qui scrutera les étiquettes de très près.
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Source : The Verge

