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Accident mortel d’une Model 3 : Tesla épingle un conducteur alcoolisé pour défendre l’Autopilot

Tesla passe à l’offensive dans un procès impliquant la Model 3 et son Autopilot. Alors que le pilotage automatique était accusé d’avoir provoqué un accident mortel, le constructeur a pu prouver que l’automobiliste est responsable. Les données de la voiture pointent en effet vers une vitesse excessive et un conducteur largement alcoolisé.

En 2022, un employé de Tesla a perdu la vie au volant d’une Tesla Model 3. Âgé de 33 ans, Hans Von Ohain parcourait le Colorado lorsque, tout à coup, la voiture a quitté sa voie, est sortie de la route et a fini par percuter un arbre à proximité. Suite au choc, la voiture électrique s’est mise à prendre feu. Grièvement blessé, le trentenaire décède dans l’accident.

L’épouse de Hans Von Ohain se dit rapidement persuadée que c’est l’Autopilot, le système de pilotage automatique de Tesla, qui est à l’origine de l’accident mortel de son mari. Pour le prouver, elle dépose une plainte pour homicide involontaire devant un tribunal fédéral du Colorado. Elle soutient qu’un dysfonctionnement de l’Autopilot a provoqué la sortie de route de la Model 3. La veuve ajoute que l’Autopilot a même empêché son mari de reprendre le contrôle du véhicule. Le logiciel aurait neutralisé les commandes manuelles, empêchant Hans Von Ohain de corriger la trajectoire avant de percuter un arbre.

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Alcool, excès de vitesse… Tesla pointe du doigt le conducteur

Devant les tribunaux, Tesla a fermement réfuté l’idée selon laquelle l’Autopilot est à l’origine de l’accident. L’entreprise d’Elon Musk a présenté plusieurs preuves pour prouver ses dires. Tout d’abord, le constructeur automobile a mis en avant les informations recueillies par le véhicule et le rapport de la police de l’État du Colorado. Les données de la voiture, corroborées par les forces de l’ordre, démontrent que le pilotage automatique a été désactivé dix minutes avant l’accident. Au moment de quitter la route, le conducteur était donc visiblement en mesure de contrôler la Model 3.

Les informations de la voiture et les données collectées par la police montrent également que la voiture électrique se déplaçait bien au‑delà de la limitation maximale autorisée, autour de 142 km/h. Cette vitesse élevée n’est pas incompatible avec l’Autopilot. Le système de Tesla permet en effet de dépasser la vitesse maximale autorisée, dans certaines limites, si le conducteur active certains réglages.

Enfin, l’examen toxicologique du défunt, mis en avant par les représentants légaux de Tesla, prouve qu’il était en état d’ébriété. Le taux d’alcool dans le sang du conducteur était supérieur de plus de trois fois à la limite légale. Tout porte à croire qu’il n’était pas en état de réagir à temps et d’éviter la sortie de route de la Model 3. Dans ce contexte, Tesla a demandé à la justice de rejeter la plainte. Le groupe estime qu’il est évident que l’Autopilot n’est pas à l’origine de l’accident et que c’est plutôt le conducteur qui est responsable.

Face à ces éléments, les avocats de la plaignante ont indiqué au tribunal qu’ils ne pointeraient plus l’Autopilot pour défaut de fonctionnement. Pour le moment, la demande de dommages et intérêts contre Tesla reste ouverte, en attendant que le juge ait statué sur la demande de rejet du fabricant.

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La défense de Tesla opte pour la contre-attaque

Au cours de ce procès pour homicide involontaire, Tesla s’est montré particulièrement offensif qu’à l’accoutumée. En règle générale, le géant de l’électrique se contente plutôt d’insister sur les limites de l’Autopilot et sur la nécessité de rester vigilant au volant, tout en évitant toute mise en cause directe de ses clients. Tesla souligne souvent que les manuels et les alertes à l’écran indiquent bien que le conducteur reste pleinement responsable de la trajectoire du véhicule, l’Autopilot n’étant qu’une aide à la conduite.

Par le passé, il est néanmoins déjà arrivé que Tesla rejette toute la responsabilité d’un accident sur l’automobiliste. Devant la justice à la suite d’un accident mortel impliquant une Model Y en 2023, le constructeur avait déjà mis en avant la vitesse excessive de la voiture et le taux d’alcoolémie élevé de son conducteur. L’accident avait coûté la vie à quatre personnes.

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Source : Autoblog


Florian Bayard