Les processeurs Ryzen ne boostent pas tous leurs cœurs de la même manière. Certains montent plus haut que d’autres, et AMD les identifie déjà comme « cœurs préférés » pour les tâches les plus exigeantes. Le problème (parce qu’il y en a un) : ni Windows ni Linux ne connaissent la fréquence réelle de ces cœurs. L’ingénieur AMD Mario Limonciello a soumis une série de cinq patchs au noyau Linux pour corriger cette lacune. Le mécanisme s’appelle CPPC HighestFreq, et il pourrait changer la donne pour les possesseurs de Ryzen X3D et multi-CCD.
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Pourquoi Windows se trompe sur la fréquence de votre Ryzen
Pour comprendre, un petit détour technique s’impose (promis, ça reste digeste). Les processeurs AMD modernes utilisent un protocole nommé CPPC (Collaborative Processor Performance Control) pour communiquer avec le système d’exploitation. Ce protocole transmet des valeurs de performance abstraites, pas des fréquences en GHz. Windows et Linux doivent ensuite convertir ces valeurs en fréquences réelles par interpolation linéaire. Sauf que sur les Ryzen récents, la relation entre performance et fréquence n’est pas linéaire. Autant le dire clairement : l’OS devine, et il devine parfois mal.
Concrètement, cela signifie que le planificateur de tâches ne sait pas toujours quel cœur est le plus rapide à un instant donné. Sur un Ryzen 9800X3D avec ses deux CCD aux caractéristiques différentes, la différence entre le cœur choisi et le cœur optimal peut se ressentir en jeu. Pas de manière dramatique (on ne parle pas de 20 % de performance en moins), mais suffisamment pour que l’expérience ne soit pas aussi fluide qu’elle devrait l’être.
Comment HighestFreq compte régler le problème
Le registre HighestFreq fait exactement ce que son nom suggère. Au lieu de laisser l’OS calculer la fréquence maximale d’un cœur à partir de valeurs abstraites, le firmware la lui communique directement. Plus de devinette, plus d’interpolation. Le planificateur de Windows ou Linux sait alors précisément quel cœur peut monter le plus haut, et il lui attribue les tâches en conséquence.
Reste à comprendre le calendrier. Le registre est proposé pour la spécification ACPI 6.7, actuellement en cours d’examen par l’ASWG (le groupe de travail qui définit les standards ACPI). Les patchs Linux sont prêts. Côté Windows, en revanche, Microsoft n’a rien annoncé. Si la spécification est adoptée et qu’AMD l’intègre dans le firmware de ses prochaines puces (Zen 6, probablement), il faudra encore que Microsoft implémente le support. Aucune annonce de ce côté pour l’instant.
Précision importante : HighestFreq n’augmente pas la fréquence de votre processeur. Il ne débloque rien, ne contourne aucune limite thermique. Il donne simplement au système d’exploitation une information que celui-ci n’avait jamais eue auparavant. Le genre d’amélioration invisible dans les benchmarks, mais perceptible dans la fluidité au quotidien. Intel dispose d’un mécanisme comparable avec Thread Director (introduit avec Alder Lake en 2021), qui aide déjà l’OS à distinguer les cœurs Performance des cœurs Efficiency de son architecture BIG.little. AMD rattrape ici un retard qu’on n’avait pas forcément identifié comme tel.
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Source : Phoronix

