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Pour accélérer Windows 11, Microsoft déterre une astuce qu’Apple a abandonnée en 2020

Microsoft teste une fonction qui pousse le processeur à sa fréquence maximale à chaque clic. Malin, mais Apple avait déjà jugé la méthode obsolète en passant à ses propres puces.

Quiconque a ouvert le menu Démarrer de Windows 11 sur un PC modeste connaît cette fraction de seconde agaçante avant l’affichage. Microsoft s’attaque au problème avec une nouvelle arme baptisée « Low Latency Profile ».

Comment Microsoft compte rendre Windows 11 plus réactif

Le Low Latency Profile pousse le processeur à sa fréquence maximale pendant 1 à 3 secondes dès que l’utilisateur déclenche une action jugée prioritaire. Menu Démarrer, clic droit, ouverture d’application : le CPU passe à plein régime, puis retombe à son état de repos quasi immédiatement.

Les résultats internes annoncés par Microsoft donnent le ton. Jusqu’à 40 % de réduction du temps de lancement pour Edge et Outlook. Côté interface, le menu Démarrer et les menus contextuels gagneraient jusqu’à 70 % de réactivité. Les applications tierces en profiteraient aussi.

Un testeur a activé la fonction sur une machine virtuelle volontairement bridée : un dual-core i5, 4 Go de RAM. Le CPU grimpe à 96 % à l’ouverture d’Edge, 97 % pour Outlook, puis retombe sous les 5 % en trois secondes. Le menu Démarrer, d’ordinaire poussif sur cette configuration, s’ouvre instantanément.

 

La fonctionnalité est invisible et ne propose aucun réglage. L’impact sur l’autonomie serait « minime » selon Microsoft. Le Low Latency Profile fait partie du programme interne « Windows K2 », qui comprend aussi le remplacement de morceaux de code hérités de Windows 95 par du WinUI 3 et la réécriture d’éléments aussi anciens que la boîte de dialogue Exécuter.

Pourquoi cette méthode rappelle ce qu’Apple a déjà enterré

Le spike CPU du Low Latency Profile fonctionne exactement comme le Turbo Boost qu’Intel gérait au niveau matériel sur les Mac avant 2020. Un événement déclenche la montée en fréquence, le processeur traite la tâche à pleine puissance, puis se calme. C’est du réactif, par définition.

Apple a jugé cette approche insuffisante en novembre 2020 avec la puce M1. L’Apple Silicon repose sur une logique inverse : les cœurs performants restent en réserve au repos, prêts avant même que l’utilisateur agisse. Les cœurs économes (E-cores) absorbent en permanence les tâches de fond. Le système n’attend pas qu’on clique pour réagir, il anticipe les actions de l’utilisateur. Résultat : la réactivité d’un MacBook ne dépend pas d’un pic de puissance momentané, mais d’une architecture pensée dès la conception.

Depuis 2021, les processeurs x86 disposent eux aussi de cœurs hétérogènes (Intel Alder Lake, puis AMD Zen 5c). Microsoft pourrait en théorie copier la stratégie d’Apple. Trois obstacles l’en empêchent.

Premier mur : Windows doit tourner sur des configurations qui vont du Celeron sans E-cores au Snapdragon X Elite 2. Un scheduler qui réserve des cœurs puissants en anticipation n’a aucun sens sur la moitié du parc installé. Deuxième contrainte : les E-cores x86 consomment proportionnellement plus que celles d’Apple. Garder des P-cores en veille « au cas où » coûte plus cher en watts sur cette architecture. Troisième verrou : Apple contrôle le silicium, le firmware et le noyau de macOS de bout en bout. Microsoft négocie séparément avec Intel, AMD et Qualcomm, chacun avec ses propres implémentations de la gestion d’énergie.

Avec environ 70 % du marché mondial des PC (StatCounter, mi-2025), Windows doit garantir la compatibilité sur un parc infiniment plus hétérogène que celui d’Apple. Le Low Latency Profile est un compromis d’ingénierie pragmatique pour un écosystème que personne ne contrôle seul, du silicium au système. Efficace sur PC d’entrée de gamme, certainement. Mais qui rappelle que la meilleure optimisation logicielle du monde ne remplace pas une architecture pensée pour la réactivité dès le premier transistor.

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Par : Opera

Source : Windows Latest


Naïm Bada