Depuis l’arrivée de Windows 11 en 2021, un simple effleurement de la barre des tâches suffisait à déclencher une cascade de titres racoleurs et de promotions. Le panneau de widgets, censé afficher la météo et le calendrier, s’était mué en kiosque à journaux publicitaire alimenté par le flux MSN. La build 26300.8346, distribuée le 1ᵉʳ mai sur le canal Experimental du programme Windows Insider, change les règles du jeu.
Une bonne nouvelle cachée dans une build anodine
Trois comportements parasites sont désactivés d’office. Le survol de l’icône widgets ne déclenche plus l’ouverture intempestive du panneau (fini les apparitions non sollicitées en plein milieu d’un copier-coller). Les badges de notification, ces pastilles numériques qui signalaient la moindre brève MSN comme une alerte urgente, sont éteints. Et au premier lancement, le panneau s’ouvre désormais sur les widgets utilitaires (météo, calendrier, trafic) plutôt que sur le fil d’actualités.
Microsoft parle de rendre les widgets « moins distrayants et moins envahissants ». Ceux qui tenaient à leur dose quotidienne de MSN pourront réactiver le flux manuellement. Les autres (la majorité silencieuse, si l’on en croit les forums) découvriront un panneau enfin fonctionnel.
Quatre ans de publicités et une pression concurrentielle inédite
L’éditeur de Redmond avait pris l’habitude de coloniser méthodiquement son propre système d’exploitation. Un bandeau promotionnel OneDrive dans l’Explorateur de fichiers en 2022, retiré en catastrophe après la levée de boucliers. Des recommandations d’applications sponsorisées glissées dans le menu Démarrer en avril 2024. Des suggestions commerciales greffées jusque dans le menu contextuel du clic droit fin 2025. À chaque recoin conquis, la même logique : un OS vendu sous licence qui se comportait comme une régie publicitaire gratuite.
La pression, cette fois, ne vient pas que des forums Reddit. Le 10 avril 2026, la DINUM annonçait la migration de 2,5 millions de postes de fonctionnaires vers Linux. Objectif affiché : la souveraineté numérique. La Gendarmerie nationale roule déjà sur GendBuntu, un dérivé d’Ubuntu, depuis 2008. Chaque ministère doit remettre son plan de bascule à l’automne. Quand un client institutionnel de cette taille claque la porte, Redmond entend le bruit.
Satya Nadella a d’ailleurs promis un Windows 11 « plus calme, avec moins de sollicitations commerciales ». Les mots sont choisis, le calendrier aussi : ces changements restent cantonnés aux testeurs Insider les plus avancés. Plusieurs semaines de validation séparent encore cette build du grand public. Pour la première fois, Microsoft retire de la publicité par défaut au lieu de la rendre désactivable. Un progrès, certes, mais qui arrivera peut-être un peu tard.
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Source : Windows Latest

