Si BYD développe peu à peu son réseau Flash Charging en prévoyant 6 000 bornes dans le monde, dont 100 en France d’ici la fin de l’année, Tesla ne se presse guère. La recharge en 9 minutes sur une puissance en pic de 1 500 kW promise par les Chinois n’impressionne donc pas la marque américaine, qui préfère miser sur un autre type de chargeur rapide. Voici donc le Tesla Basecharger, qui ne battra pas des records de puissance. S’il ressemble très fortement à un Supercharger V4, celui-ci est en effet destiné à un usage bien différent.
125 kW contre 500 kW : pourquoi Tesla limite volontairement sa puissance ?
Avec une puissance maximale de 125 kW, soit exactement quatre fois moins que le débit pouvant être délivré par les Superchargers V4, le Basecharger ne marquera pas les esprits. Et puisqu’il ne sera pas placé sur les routes, il sera encore plus confidentiel. Son déploiement est pourtant bien acté en étant destiné aux poids-lourds électriques comme le Tesla Semi, dont la production monte peu à peu en cadence. L’idée ici n’est pas de recharger rapidement les camions, mais de revigorer leurs batteries durant la nuit.
Une nuit pour repartir : le pari de la recharge lente intelligente
Logique quand on y pense, car le Tesla Semi embarque des batteries pouvant dépasser les 800 kWh. Charger sur une Wallbox 7 kW engendrerait un temps d’immobilisation catastrophique. Or, tous les transporteurs savent qu’un camion qui ne roule pas est un camion qui fait perdre de l’argent. Les Basechargers permettent donc de revigorer l’essentiel des batteries en une nuit complète pour reprendre la tournée le lendemain. Tesla affirme même qu’il sera possible de récupérer 60 % de charge en environ quatre heures.
En ce sens, le Basecharger sera principalement présent dans les parkings d’entrepôts. Pour faciliter son installation, Tesla est parvenu à intégrer l’un des 16 plateaux de l’armoire électronique de puissance du Supercharger V4 directement dans le corps de la borne. Pas besoin donc d’avoir recours à une armoire électrique séparée qui encombrera le parking des entreprises. Jusqu’à trois bornes Basecharger pourront être raccordées en série à un seul disjoncteur afin de réduire les coûts d’installation.
20 000 dollars l’unité : un investissement économique pour les entreprises
Tesla confirme qu’un Basecharger sera facturé au minimum 20 000 $ l’unité. Les entreprises devront néanmoins en commander au moins deux, et le prix indiqué n’inclut pas l’installation des bornes. Chaque borne peut fournir jusqu’à 150 ampères en continu avec une tension de sortie comprise entre 180 et 1 000 volts. Le câble est long de 6 mètres, soit le double des Superchargers pour plus de praticité. Seul le connecteur MCS équipant le Tesla Semi est en revanche disponible.
Incompatibilité CCS : Tesla réserve-t-il le Basecharger à ses propres camions ?
Les poids-lourds équipés d’un connecteur combo CCS sont donc incompatibles avec les Basechargers. Une adaptation des connecteurs sera néanmoins possible en cas de forte demande. L’arrivée des Basechargers est prévue l’année prochaine si le calendrier est respecté. Pour rappel, l’équivalent des Superchargers pour les Tesla Semi sont les Megachargers, en cours de déploiement. Ceux-ci sont capables de redonner jusqu’à 60 % de batterie en une demi-heure.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

