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4h de réseau mobile en cas de coupure de courant : le plan de secours de l’Espagne contre le black-out, et en France ?

Le 28 avril 2025, les antennes-relais espagnoles ont tenu jusqu’à épuisement de leurs batteries, puis le réseau a lâché. Madrid vient de décider que ça ne se reproduira pas. Paris n’a rien décidé du tout.

Le gouvernement espagnol a annoncé le 25 juin 2026 un futur décret royal imposant aux opérateurs télécoms de maintenir la couverture mobile pendant au moins quatre heures en cas de coupure d’électricité. La mesure cible les opérateurs et gestionnaires d’infrastructure desservant plus de 500 000 utilisateurs ou réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros par an. Elle devra être inscrite dans un texte adopté avant la fin de l’année.

Un plan en trois ans, trois paliers, et des centres de contrôle blindés

L’obligation sera déployée progressivement : 50 % de la population espagnole couverte la première année, 65 % la deuxième, 75 % d’ici la troisième. Les opérateurs pourront y répondre par des batteries ou d’autres systèmes d’alimentation de secours directement installés sur les antennes-relais. L’effort ne se limite pas aux antennes : les centres de gestion de réseau intermédiaires devront tenir 12 heures sans électricité, et les centres de contrôle de premier rang dont la défaillance pourrait paralyser l’ensemble du pays, 24 heures. Les centres d’appels d’urgence devront également intégrer des canaux de communication de secours dans leurs plans de résilience.

Cette architecture à trois niveaux tire directement les leçons de la panne géante du 28 avril 2025, qui avait privé toute la péninsule ibérique d’électricité pendant une douzaine d’heures. Les antennes-relais avaient alors fonctionné jusqu’à épuisement de leurs réserves, compliquant les appels d’urgence, bloquant l’accès aux informations et fragmentant la coordination des secours. Le rapport final des experts européens mandatés par Bruxelles, publié en mars 2026, a conclu à des causes multiples, toutes liées à la régulation de la tension, et aucunement à la production renouvelable malgré les narratifs qui avaient circulé au lendemain du black-out.

Et en France, on en est où ?

En France, aucune obligation comparable n’existe à ce jour. Orange reconnaît lui-même, dans sa documentation publique, qu’une coupure électrique de plus de 20 minutes peut suffire à faire tomber le service mobile, même sur son réseau, pourtant l’un des rares à disposer de batteries de secours sur ses antennes. Les autres opérateurs français n’ont pas communiqué d’engagement similaire. L’ARCEP a identifié ce point dans sa note sur la résilience des réseaux publiée en mai 2025 : la dépendance des antennes mobiles à l’alimentation électrique constitue un axe d’amélioration, mais sans que des obligations chiffrées aient suivi.

La directive NIS2 impose bien des exigences de résilience aux opérateurs de services essentiels, dont les télécoms. Mais la transposition française n’a pas fixé de seuil d’autonomie électrique pour les antennes-relais. L’Espagne vient de prouver qu’un décret peut aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite, quand un effondrement complet du réseau a laissé des millions de personnes sans possibilité d’appeler les secours pendant plusieurs heures. La France n’a pas eu son 28 avril 2025. La question est de savoir si elle attend d’en avoir un.

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