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Une arnaque téléphonique piège des centaines de mairies en France

Un commercial a promis à une mairie dans le Cher un standard téléphonique complet. Celle-ci s’est retrouvée avec trois téléphones fixes et des lignes qui sont la plupart du temps hors service. Le montant de la facture mensuelle a quant à lui été bien plus élevé que celui annoncé par le commercial.

Un commercial a promis à la mairie de Farges-Allichamps un standard téléphonique complet pour 67,50 € par mois. Celle-ci s’est retrouvée avec trois téléphones fixes et des lignes la plupart du temps hors service. La facture s’est quant à elle élevée à 541 € par mois, soit plus de 6 000 € par an. La maire de l’époque n’avait pas lu les petites lignes du contrat. Ce dernier ne peut être résilié que moyennant le paiement de 15 000 €.

6 000 euros par an pour trois téléphones fixes et des lignes hors service

En 2023, la mairie de Farges-Allichamps, dans le Cher, a subi une panne des lignes téléphoniques du bâtiment. Peu de temps après, Edith Michelic, alors maire de la commune, a reçu un appel d’un commercial affirmant travailler pour un grand opérateur et promettant à la commune un véritable standard, soit un système censé centraliser toute la téléphonie des services de la commune. Le tout pour 67,50 € par mois. Face à ces promesses alléchantes accompagnées d’un prix modeste, la maire de la commune a accepté l’offre et signé le contrat. 

Autant dire que le service fourni n’a pas été à la hauteur des attentes. La maire a reçu trois téléphones fixes et s’est retrouvée avec des lignes souvent hors service. Mais le pire est encore à venir. La mairie s’est retrouvée avec une facture de 541 euros par mois, un chiffre très éloigné des 67,50 € par mois annoncés par le démarcheur téléphonique. La facture annuelle s’élève donc à plus de 6 000 euros pour trois téléphones fixes et des lignes qui sont la plupart du temps hors service. Pour Fabienne Trompas, l’actuelle maire, le constat est sans appel : « On s’est fait avoir. C’est une arnaque ». 

Les petites lignes du contrat n’avaient pas été lues

Comment expliquer le fait que la mairie s’est retrouvée avec un abonnement de 541 euros par mois, au lieu des 67,50 € par mois annoncés par le commercial ? C’est simple : le contrat signé stipulait, en petits caractères, la souscription à d’autres contrats de location et d’assurance. La mairie assure que ces points n’ont jamais été mentionnés par le démarcheur téléphonique. Par ailleurs, le contrat court jusqu’en 2028 et les frais de résiliation s’élèveraient à 15 000 euros. Cette commune de 250 habitants ne dispose ni du budget ni d’un service juridique, et se dit débordée dans ses dossiers. 

Plus d’une centaine de communes rurales se sont fait avoir par cette même entreprise, basée à Paris, mais ne disposant pas de bureaux. Au moins six communes ont attaqué l’entreprise en justice pour discours commercial trompeur. Contacté par France Télévisions, le dirigeant de cette société se vante d’un chiffre d’affaires annuel de 6 millions d’euros et admet avoir au moins un litige en cours, tout en tempérant la situation : « comme toute entreprise ». L’avocat de la société balaie quant à lui toutes les accusations dans un courrier : « Les bons de commande exposent clairement l’objet, la durée et les conditions financières de l’engagement ». Cette affaire nous rappelle donc l’importance de lire les petites lignes situées en bas d’un contrat.

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Source : France Télévisions