Preview : Medal of Honor, Modern Warfare, même combat ?
En plein coup de froid hivernal, Electronic Arts organisait une petite preview de son Medal of Honor modernisé. Nous n'avons fait que regarder, si les questions restent nombreuses, l'aperçu est encourageant.
01net.
le 11/03/10 à 18h30
Fin février, alors que Paris se gelait les orteils, Electronic Arts a réuni quelques journalistes pour leur présenter son Medal of Honor (MoH) modernisé et poser quelques questions à Richard Farrelly, senior creative director sur le titre, qui a déjà été à l'œuvre sur des jeux de ce genre. Il a en effet fait ses preuves chez Treyarch (l'autre studio responsable de la franchise Call of Duty) sur World at War, notamment.
Mais revenons à MoH. Finie la Seconde Guerre mondiale ! Adieu les plages de Normandie ou d'Iwo Jima ! Bonjour l'Afghanistan des Talibans ! Welcome le crapahutage dans les montagnes enneigées où chaque grotte peut renfermer un mollah, une mobylette et/ou une cache secrète…
Une guerre, deux approches
Dans la version finale, Medal of Honor vous fera incarner au fil d'une trame encore secrète un bon vieux ranger, bien lourdaud mais efficace, et un membre de l'élite, Tier 1 Operator, plus qu'efficace et surentraîné. L'équivalent de notre commando Hubert, celui qu'on envoie pour amorcer la pompe ou alors quand tout va mal, et qu'il ne reste que la Bombe, ou eux.
La question de la diff?nce
D'ailleurs quand on demande à Richard Farrelly, comment il compte, dans son jeu, faire pour donner à voir et à ressentir la différence entre un soldat bien entraîné et un soldat surentraîné, il convient que ce n'est pas forcément facile via les mécaniques de gameplay. Puis, il prend un exemple et on a un début de réponse.
Les unités Tier 1 avancent, en silence, économes de leur mot, tirent à coup sûr, se glissent, s'infiltrent. De ce que nous avons vu, ils donnent presque l'impression d'être en osmose, de ne former qu'un corps. Difficile de savoir, sans avoir toujours la manette, si l'intelligence artificielle du reste de la troupe sait s'adapter aux réactions du joueur quand celui-ci ne joue pas la discrétion.
Les Rangers, que nous n'avons pas vus à l'œuvre, sont un peu plus proches de ce qu'on attend de Texans en vadrouille. Ils beuglent, mâchent du chewing-gum, vident des chargeurs comme d'autres des Budweiser, font tout péter et sont bien contents.
Des missions qui varient, bien fol qui s'y fie
La mission à laquelle nous étions invités en observateur tenait plutôt de l'infiltration. Mais Richard Farrelly nous a averti, les missions ne sont pas linéaires dans leur jouabilité. Autrement dit, on débute en rampant et on finit par tout nettoyer au lance-roquette. Le commando part à l'attaque d'une sorte de micro village montagnard. Tout commence dans une demi obscurité, on a l'impression d'être seul, à espionner des ennemis qui patrouillent, quand tout à coup, entre nous et eux, les membres de notre équipe, invisibles quelques secondes avant, se redressent. Impressionnant. On avance donc doucement, vide les bâtiments. Puis, après un peu de marche sur des sentiers de chèvres acrobates, on se retrouve à devoir empêcher le passage d'un convoi de camion. On fait alors appel à une forteresse volante, qui nettoie pour nous la zone. Toute ressemblance avec Call of Duty Modern Warfare 1 et 2 serait évidemment fortuite. Une référence ? Une copie ? Un modèle à dépasser ? D'ailleurs qu'en pense Richard Farrelly ?
Inspiration, ind?ndance et noyage de poissons
Quand on pose la question à la personne qui s'apparente au réalisateur du jeu, on sent la machine à réponses formatées se mettre en route. Tout d'abord, oui, il est difficile de vivre et de créer sans être inspiré par ce qui se fait, en jeux et en films autour de soi. Facile. Ensuite, M. Farrelly nous rappelle que la force de Medal of Honor a toujours été le respect des soldats et de l'authenticité. Mais pour le senior creative director de MoH, l'atout différenciateur est le contenu exclusif apporté par la collaboration avec les vrais Tier 1 Operator.
Difficile, au vu du peu dévoilé, de battre en brèche cette affirmation ou d'acquiescer. Toutefois, on peut être perplexe et se dire que ce nouveau MoH ne sera pas la révolution espérée. Mais est-ce encore possible ? Qu'on ne s'y trompe pas, ça ne veut toutefois pas dire qu'il sera moins bon que Modern Warfare 2…
Comme à la maison, plus quelques rêves
Ce qui marque d'emblée, outre le fait que les graphismes sont sympathiques mais ont encore à être travaillés, c'est l'interface. On retrouve l'affichage des objectifs au centre, l'étoile de la Médaille d'honneur, pour pointer la direction des objectifs, le petit bonhomme qui indique si vous êtes à genoux, debout, en train de faire des claquettes, etc. On est à la maison et les rangers serrées prennent des airs de Birkenpantoufles, croisement réussi entre des charentaises et des sandales.
Dans ce MoH, on avance donc en escouade, mais sans pouvoir donner d'ordres. On pense alors au mode multijoueur - Richard Farrelly nous confirme qu'il y en aura un, mais ne veut pas donner plus de détails sur la question - et vu qu'à l'époque on jouait à la bêta de Battefield Bad Company 2, jeu réalisé par DICE, on frémit quand on apprend que le mode multijoueur de MoH lui est confié. Tout de suite l'imagination s'emballe… de nos jours, cent balles, ce n'est pas rien.
Parce qu'on a encore gravé dans la rétine les bâtiments rasés la nuit précédente dans Bad Company 2, qui changent tant la façon de jouer sur une même map, on pose la question - on sait, ce n'est pas le même moteur, mais bon sera-t-il possible de tout raser ?
Tout d?uire
Alors première nouvelle, Bad Company 2 et MoH sont deux jeux différents, avec des optiques différentes. Ensuite, MoH veut guider les joueurs, ils devront passer par là où il faut. Là où les scripts les attendent tapis dans l'ombre. Quand on demande si on pourra passer par la fenêtre quand on en a envie plutôt que par la porte, on nous explique qu'il faut conduire le joueur au fil d'une histoire. On comprend alors que Modern of Honor ou Medal of Warfare, même combat. En solo ou en multi, « walk the line » et puis voilà.
Le reste en vrac
Enfin, que reste-t-il dans nos petites notes et interviews ? Oui, l'impression de rapidité de l'action qui émane du trailer est bien conforme à la réalité du jeu. Fluide, rapide, vif. On nous a confirmé qu'on pourra piloter tout ce qu'on voit dans le trailer - mais pas forcément tout ce qu'on voit dans le jeu. On pourra donc faire un tour d'hélico, du quad et deux ou trois autres trucs sympa.
Medal of Honor a choisi de suivre la tendance et de proposer un système de vie qui se régénère quand on est à l'abri des balles. Un système qui a fait ses preuves mais qui se justifie seulement quand on joue à Wolverine, finalement. Pour donner une idée de l'état des travaux, Richard Farrelly nous a indiqué que le niveau que nous avions vu était à 60 % de la qualité finale. On lui fera confiance sur ce coup, il reste encore du temps d'ici à l'automne.
Le petit jour se lève sur cette guerre dont on ne connaît pas trop l'histoire.
La question cruciale : MoH, fait baver ou pas ?Difficile à dire sans avoir joué, difficile à juger après avoir vu si peu, ce qui était franchement frustrant d'ailleurs. Disons que si le travail sur le rythme, sur l'intelligence artificielle des autres membres de l'escouade semble déjà bien avancé, on aurait aimé voir dans cette mission quelque chose de véritablement nouveau. Quelque chose qui ferait dire : « tu sais quoi ? Medal of Honor est de retour et Call of Duty a intérêt à se tenir à carreau… »
En l'occurrence, si le plaisir des retrouvailles est réel et si on est loin d'être inquiet, on a juste l'impression d'avoir assisté à une déclinaison de Modern Warfare. La différence n'était pas flagrante. Alors on attend avec impatience les prochaines previews, et cette fois, oui, on espère qu'on pourra le dire : « Call of Duty serre les fesses... ».