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TikTok Lite rémunère les utilisateurs pour regarder des vidéos et ça pose problème

TikTok a fait son apparition en France il y a quelques jours et si le réseau social voulait se lancer discrètement, c’est râpé : cette version « allégée » de l’app a une autre particularité, elle rémunère les utilisateurs quand ils regardent des vidéos.

Disponible depuis septembre 2017 dans quelques pays — d’abord en Asie du Sud-Est — où l’accès à internet est difficile, cette application est disponible en France et en Espagne depuis la fin du mois de mars. C’est une version alternative du fameux réseau social, plus légère à télécharger et moins gourmande en données grâce à une compression plus forte des vidéos.

Un modèle qui booste l’engagement

Mais à l’occasion de son lancement en France, TikTok Lite a ajouté une nouveauté : elle récompense les utilisateurs qui regardent des vidéos avec pièces virtuelles. Le cours est fixé à 10 pièces = 1 centime. 25 minutes de vidéos permettent par exemple de collecter 4 200 pièces (42 centimes), et il existe toutes sortes de bonus pour gratter quelques pièces supplémentaires ici et là, comme par exemple une inscription dans l’app pour gagner 300 pièces, on peut aussi multiplier les likes, s’abonner à des comptes de créateurs, se connecter régulièrement, etc. Seuls les plus de 18 ans peuvent prétendre aux récompenses.

Tiktok Lite
© Tiktok

TikTok a précisé à l’AFP que la durée maximale de visionnage pour les vidéos récompensées est de 60 à 85 minutes ; par ailleurs, l’application a mis au point un système qui s’assure que l’utilisateur est bien derrière son écran en train de regarder. Les pièces collectées peuvent ensuite être converties en bons d’achat Amazon (d’autres enseignes pourraient être partenaires), ou versées à des créateurs.

À l’heure actuelle, seule la version Android « rémunère » les utilisateurs, sur iOS il s’agit simplement du client TikTok allégé.

L’apparition de TikTok Lite et de son modèle qui favorise l’engagement à tout crin n’a pas manqué de provoquer la polémique. Marina Ferrari, la secrétaire d’État chargée du numérique accueille ainsi « avec inquiétude » cette nouvelle version de TikTok.

« Le mécanisme de rémunération proportionné au temps de visionnage – bien que plafonné à une heure et interdit aux mineurs — est une dérive contestable de notre espace numérique et est à l’opposé des principes de la société numérique que nous voulons bâtir. Et a fortiori au lendemain de l’adoption d’une loi qui va nous permettre de protéger davantage les Français des risques de notre espace informationnel ». Marina Ferrari

La loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (SREN) a en effet été adoptée il y a quelques jours par l’Assemblée, elle adapte entre autres mesures les dispositions du DMA et du DSA européen dans le droit français. Le secrétariat d’État au numérique étudie « avec la plus grande attention » les mécanismes de l’interface de l’app. La Commission européenne engagera également la même démarche, assure Marina Ferrari.

Malgré sa popularité, TikTok n’est pas en odeur de sainteté ni en Europe, ni aux États-Unis où l’app risque l’interdiction pure et simple même si dans les faits, il est peu probable que cela arrive.

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Par : Opera

Source : Le Figaro


Mickaël Bazoge
Votre opinion
  1. Si besoin était, la démonstration de la perfidie d’une entreprise parmi bien d’autres et notamment celles en rapport avec la donne la plus vicieuse depuis que le Web est Web : les réseaux sociaux, cette arnaque planétaire qui consiste à faire croire qu’une fraternité universelle est à la portée de tous, cloaques aux semblants de communautarisme façon “peace and love” alimenté d’algorithmes destinés à rendre dépendants autant qu’à traquer et qu’à récolter les données les plus sensibles de l’âme humaine, de nos vies, de notre santé, de nos biens, de nos habitudes, bref à profiler des milliards d’entre-nous avec une précision telle qu’elle ferait rougir de honte le plus astucieux agent de renseignement : pourquoi enquêter quand l’enquêté ne demande qu’à causer ?

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