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Project Athena : Intel se met en ordre de bataille pour redéfinir les ultrabooks

Avec Athena, Intel veut aider l’industrie du PC portable à séduire les travailleurs indépendants nomades prêts à mettre le prix dans des machines capables de tenir une (vraie) journée de travail.

Le volume des ventes mondiales de PC stagne peut-être, mais le marché est très loin d’être mort avec des niches très dynamiques. Si la plus visible d’entre elle est le gaming, Intel en a identifié une autre qui tourne autour d’une population de travailleurs indépendants et nomades réunis sous le barbarisme anglophone de mobile go-getters (bonne chance pour la traduction !).

Il s’agit d’utilisateurs pour qui « le PC portable est la principale machine de travail, qui ont un style de vie nomade mélangeant usages personnels et professionnels et qui sont prêts à mettre plus de 800 dollars dans leur machine », comme les définit Josh Newman, responsable de l’innovation mobile au sein de la division informatique d’Intel.

Alors que les smartphones et les iPad ont grignoté des tâches au monde du PC, Intel clame qu’il s’agit pourtant du seul appareil « qui permette vraiment de se concentrer et d’être réellement productif ». Le géant américain a donc déclenché son Project Athena, qui n’est rien de moins qu’une tentative de reboot de l’ultraportable. Une démarche annoncée au CES 2019 dernier et qui a commencé à prendre forme lors d’un symposium à Taipei où Intel a réuni tous ses partenaires industriels : des grandes marques informatiques (Dell, Asus, etc.) aux fabricants OEM/ODM (Quanta, Compal, etc.) jusqu’au fournisseurs de composants (Sharp, AU Optronics, etc.). Plus de 500 personnes de 180 entreprises ont assisté à ce qui ressemblait à une réunion de famille. Ou un ordre de bataille.

Des « OpenLabs » pour mettre l’industrie au diapason

Point d’annonce technique pure comme cela était attendu. Intel semble réserver ses annonces processeurs (Ice Lake, etc.) pour le Computex de Taipei qui se tiendra dans un peu plus de deux semaines.
Avant de mettre en branle sa nouvelle stratégie, Intel a défini les trois piliers qui la soutiennent. Ainsi, le PC portable « nouveau » doit permettre de se concentrer (Focus), de s’adapter aux usages (Adaptive) et de toujours être opérationnel tant sur le plan de l’endurance que de la connectivité (Always ready). Une fois ce triptyque établi, la première étape du projet Athena consiste à améliorer la collaboration entre tous les acteurs de l’industrie grâce à la mise en place de trois « OpenLabs » en Chine (Shenzhen), à Taiwan (Taipei) et aux USA (Folsom, CA).

Si l’image d’un Fablab dans lequel chacun apporte ses composants à la bonne franquette vous vient à l’esprit, gommer ça de votre cerveau.

« Il s’agit plutôt d’un bureau et d’une hotline où chaque acteur de l’industrie peut frapper à notre porte 24h/24 ».

L’intérêt ? Qualifier et optimiser tous les éléments qui composent un PC portable – écran, batterie, puces mobiles, etc. Un « super » support technique pour les industriels qui vise moins à améliorer les performances brutes des composants qu’à peaufiner leur fonctionnement.

L’IA au service de l’utilisateur… et de la batterie

A.B. / 01net.com

Intel ne pouvant faire apparaître une révolution technologique de son chapeau à l’envi – les améliorations des processus de finesse de gravure des puces et les performances de ces dernières stagnent – les gains sont désormais à la marge. Il s’agit de soigner les détails.
Si Intel promet logiquement que la prochaine génération de puces offrira plus de performances, le Project Athena semble être une longue suite « d’astuces » et d’optimisations, dont une grande partie cherche à épargner la batterie.

Parmi les composants qu’Intel veut absolument mieux maîtriser pour épargner l’autonomie se trouve l’écran, l’un des gouffres énergétiques de nos machines.
Par le biais de démonstrations d’entreprises partenaires, Intel a montré comment en analysant le regard de l’utilisateur par le biais de la webcam on pouvait par exemple rapidement baisser ou augmenter la luminosité et la fréquence de rafraîchissement des dalles pour économiser de précieux watts.
Une analyse qui ne se limite pas à l’écran, mais à tous les composants de la machine et qui vise, à terme, à rendre le PC proactif. Nos machines devront pouvoir comprendre et anticiper les besoins de l’utilisateur pour éviter les pics de consommation.
Point de magie ici, mais une suite d’outils logiciels du Project Athena qui s’appuient sur les recherches d’Intel autour de l’IA. Une IA dont la société de Santa Clara veut que les industriels « s’emparent » non seulement dans la gestion énergétique de la machine, mais aussi au travers d’applications mises au service du « travailleur nomade » ciblé – système de floutage de l’arrière-plan pour tenir des vidéoconférences dans les cafés, etc.

Quel nom et quelle(s) promesse(s) ?

A.B. / 01net.com – Josh Newman, Vice President, Client Computing Group General Manager, Mobile Innovation, Intel Corporation

Après la déclaration d’intention du dernier CES, Project Athena passe désormais en phase d’incubation qui devrait voir éclore les premières machines à la fin de l’année 2019.
Manquent cependant deux éléments cruciaux : un nom et des promesses. Si Intel peut bien donner le nom qu’il veut à un projet industriel, il va falloir trouver un nom commercial facile à retenir par le grand public. Mais plus important encore, ce sobriquet devra correspondre à une promesse.
Comme Centrino le fut avec le Wi-Fi et Ultrabook pour la finesse des machines, Athena devra trouver son argument phare – l’endurance ?
Interrogé sur les « au moins 9 heures de productivité » promises pendant la conférence, les responsables d’Intel ont relativisé l’annonce en expliquant que, pour l’heure, « il n’y a pas de cahier des charges contraignant ». Il faudra pourtant que la démarche – et la promesse – soit claire pour que Project Athena ne connaisse pas le destin des CULV, ces précurseurs des ultrabooks qui ont sombré dans l’oubli.

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