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Pour prouver sa bonne foi, la NSA va nommer un M. Vie Privée

Face aux révélations d’Edward Snowden, le gouvernement américain a lancé une contre-attaque médiatique et législative, avec à la clé une série de réformes. Mais la surveillance de masse continuera.

L’objectif est clair : rétablir la confiance. Alors que les révélations en série d’Edward Snowden ont créé un profond sentiment de méfiance au sein de la population américaine et des pays partenaires, le gouvernement a décidé de passer à l’offensive. Vendredi dernier, le président américain a tenu une conférence de presse pour annoncer une série de mesures visant à instaurer « davantage de transparence » dans les programmes d’espionnage.

Ainsi, le NSA vient de publier, sur son site, un document qui précise son rôle et son fonctionnement. L’agence compte également se doter d’une « responsable de la vie privée et des libertés publiques », ce qui peut paraître comme une contradiction en soi. Les mauvaises langues n’y verront qu’une mesure cosmétique, d’autant plus que l’on ne sait pas encore quel sera le réel pouvoir de cette personne au sein de cette grande et puissante administration.

« Il n’y a pas d’abus dans nos programmes de surveillance »

Une autre mesure sonne déjà plus crédible : le renforcement de la supervision par la Cour de surveillance du renseignement étranger (la FISC). Ce tribunal secret de 11 juges autorise la NSA à réclamer auprès des opérateurs téléphoniques et internet les données de leurs clients. Jusqu’à maintenant les juges tranchaient sur des requêtes du gouvernement sans contradiction. Le président a dit qu’il envisageait d’instaurer une « voix indépendante » dans le dialogue avec la cour pour « assurer l’équilibre entre sécurité et vie privée ».

Enfin, le président souhaite la divulgation « d’autant d’informations que possible sur ces programmes » de surveillance. « Nous avons déjà déclassifié un nombre d’informations à propos de la NSA sans précédent. Mais nous pouvons aller plus loin », a-t-il expliqué, évoquant notamment la justification juridique du programme de collecte des métadonnées. Sur ces différentes mesures, le président compte travailler avec le Congrès pour définir la manière dont elles pourraient être mises en œuvre, car elles nécessiteraient une modification de la loi Patriot Act.

Mais attention : il ne faut pas voir dans ces projets un quelconque mea culpa de la part du gouvernement américain. Le président a insisté sur le fait que ces programmes sont nécessaires pour la sécurité nationale et que la manière dont ils se déroulent était parfaitement légale et qu’il n’y avait pas d’abus. « Le fait que les programmes se déroulent d’une manière à empêcher quelconque abus, continuera d’être vrai, même sans réformes. La question, c’est comment est-ce que je peux rendre le peuple américain plus confiant », a précisé M. Obama lors d’une série de questions-réponses avec les journalistes.

Julian Assange salue les réformes annoncées

Les réactions sur cette annonce ont été nombreuses. Certains politiciens américains craignent que ces réformes alourdissent les processus de décisions et rendent le renseignement moins efficace. D’autres, au contraire, pensent que ces mesures ne vont pas assez loin. Julian Assange, pour sa part, salue les réformes annoncées par Barack Obama, mais trouve que l’action d’Edward Snowden n’est pas appréciée à sa juste valeur. Dans un communiqué, il estime que « le président des Etats-Unis a validé le rôle de lanceur d’alerte d’Edward Snowden en annonçant une réforme du programme américain de surveillance globale. Mais plutôt que de remercier Edward Snowden, le président a essayé de le critiquer d’une manière ironique tout en déclarant que ces réformes étaient planifiées. »

Sources :

Le discours de Barack Obama
Le communiqué de Julian Assange

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Gilbert Kallenborn, avec AFP