Avec l’aide des autorités de six pays (Albanie, Chypre, Finlande, Allemagne, Kosovo et Macédoine du Nord), Europol vient de s’attaquer à un empire criminel spécialisé dans les arnaques à l’investissement. Les forces de l’ordre ont saisi plus de 100 serveurs et arrêté sept suspects. Dans la foulée, dix-sept lieux ont été perquisitionnés par les enquêteurs.
L’arnaque commençait systématiquement par une simple publicité. Sur un site ou un réseau social, l’internaute tombe sur une annonce pour du trading de cryptos, de devises ou d’actions, qui promet des gains rapides et mirobolants. Une fois appâtées, les victimes sont enjointes à verser de l’argent… qui finira dans les poches de cybercriminels. C’est le fonctionnement typique d’une arnaque à l’investissement.
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Faux sites et vols de données
Dans un premier temps, les autorités ont enquêté sur une entreprise soupçonnée de fournir de faux sites de trading à des groupes criminels. Selon les enquêteurs, cette société criminelle opérait depuis Chypre et Israël. Parmi les clients de l’entreprise, on trouve surtout des centres d’appels frauduleux installés en Albanie, au Kosovo et en Macédoine du Nord. Le préjudice est estimé à plus de 4 millions d’euros, révèle le communiqué d’Europol.
La société, au cœur de l’enquête, était chargée de mettre au point de faux sites taillés pour subtiliser les données personnelles d’internautes. Ces informations étaient ensuite revendues aux centres d’appel frauduleux. « Les opérateurs contactaient ensuite les victimes potentielles avec de prétendues opportunités d’investissement, transformant leur intérêt initial en demandes d’argent répétées », détaille Europol.
Des gains fictifs
La victime est d’abord invitée à verser une petite somme, pour gagner sa confiance. Rapidement, le compte en ligne affiche des profits conséquents… mais complètement fictifs. Cette astuce rend la plateforme crédible et pousse la cible à vouloir injecter davantage d’argent. Les faux courtiers s’appuient sur ces gains imaginaires pour pousser leur cible à transférer des sommes de plus en plus importantes. Europol parle d’une « pression psychologique soutenue ».
Évidemment, l’argent misé n’est déjà plus à portée de main. Le jour où la victime veut récupérer son argent, les escrocs multiplient les manœuvres pour retarder les paiements, avant de couper les ponts. La victime se retrouve alors démunie, et privée de sa mise initiale.
Une enquête de longue haleine
Le début de l’enquête remonte à 2022. Cette année-là, un couple allemand avertit la police qu’il ne parvient pas à retirer l’argent investi sur une plateforme de trading en ligne. Suite à plusieurs mois d’investigation, deux escrocs se font interpeller. Trois ans plus tard, d’autres individus sont interpellés. Tout le matériel informatique des hackers est saisi par la police. En analysant le matériel saisi, les enquêteurs parviennent, de fil en aiguille, à remonter jusqu’au fournisseur présumé de l’infrastructure criminelle. C’est ainsi que la police a pu orchestrer l’opération de démantèlement de début novembre.
Ce n’est pas le premier coup de filet de l’année à l’encontre des arnaques en ligne. En avril, la police a déjà démantelé trois call centers à Tirana (Albanie), qui avaient dérobé 50 millions d’euros à des épargnants. Trois mois plus tard, un autre réseau, responsable du vol de 140 millions d’euros à travers l’Europe, a également été démantelé.
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Source : Europol

