Comme le révèle BFMTV, le directeur général de la police nationale, Louis Laugier, et Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, alertent en interne les forces de l’ordre sur la recrudescence de l’arnaque au spoofing. En quoi consiste le spoofing ? Concrètement, le malfrat parvient à usurper un numéro de téléphone et à l’afficher sur le téléphone de la victime. Nous vous en parlions en juin dernier : certaines personnes malintentionnées parviennent à faire apparaître le véritable numéro de téléphone d’un commissariat sur le smartphone de simples particuliers, avant de se faire passer pour un policier. Ici, les malfrats se font donc passer pour des policiers pour piéger les forces de l’ordre.
Les forces de l’ordre visée par des usurpations de numéro de téléphone
Dans un télégramme interne aux forces de l’ordre que BFMTV a pu consulter, nous pouvons lire : « Une recrudescence des appels téléphoniques frauduleux visant à obtenir des informations issues des fichiers de police a été récemment constatée par les services territoriaux de la police nationale ». Une note pédagogique à destination des policiers et gendarmes explique que : « Les auteurs de ces appels malveillants disposent du matériel permettant d’afficher le numéro souhaité sur le poste du commissariat ». La note précise par ailleurs que « les malfrats maîtrisent parfaitement le langage et le fonctionnement de l’institution et n’hésitent pas à monter de véritables mises en scène ».
Quels sont les objectifs des malfrats qui ont recours au spoofing ? Les documents internes de la police précisent que ce mode opératoire peut servir à « tourner en dérision ou tromper les policiers ». Certaines personnes malintentionnées peuvent ainsi publier en ligne des conversations entretenues avec des policiers ou « lever l’immobilisation » d’un véhicule qui a été interdit à la circulation à la suite d’une infraction.
Un cas concret est donné par les hautes instances des forces de l’ordre afin de sensibiliser les policiers et militaires du pays. Un beau jour, un policier reçoit un appel qui semble provenir de la gendarmerie d’à côté (le numéro affiché est bien celui de la gendarmerie voisine). En réalité, le numéro de téléphone a été usurpé (spoofing) et un arnaqueur se faisant passer pour un policier se trouve à l’autre bout du fil. Une fois qu’il aura gagné la confiance du véritable policier, le malfrat pourra alors lui demander des renseignements sur un fichier de police. En cas de doute, il pourrait d’ailleurs inventer un problème technique au niveau du terminal de son commissariat.
Les victimes de spoofing sont invitées à utiliser la technique du « contre-appel »
Il est d’abord rappelé aux forces de l’ordre de communiquer en priorité via leurs réseaux internes de communication, comme la radio. Les policiers et gendarmes doivent par ailleurs toujours vérifier la validité de la demande, ainsi que l’identité de l’agent.
Aussi, il est recommandé aux forces de l’ordre de pratiquer la technique du « contre-appel », une mesure de protection qui vaut également pour les particuliers. Concrètement, si les malfrats parviennent à usurper un numéro de téléphone, ils ne peuvent pas recevoir les appels destinés à ce numéro. Dès lors, si vous êtes la cible de spoofing, raccrochez et rappelez le numéro en question : vous entrerez alors en contact avec la véritable personne ou institution qui lui est associée. Attention toutefois à ne pas rappeler si l’appel est bref : il pourrait s’agir d’un « ping call ».
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Source : BFMTV

