OpenAI a avancé un chiffre inédit lors d’un échange avec la presse en début de semaine : le volume de recherches traitées par ChatGPT atteindrait environ 20 % de celui de Google. L’estimation vient d’Adam Fry, responsable du produit ChatGPT grand public, deux ans environ après l’arrivée de la recherche web dans le chatbot. Bing, lui, resterait cantonné à une part à un seul chiffre.
Que compte exactement OpenAI ?
« Chaque fois que vous posez une question et que la réponse passe par une recherche sur le web, c’est une recherche », résume Adam Fry. La définition compte large : elle englobe toute requête qui déclenche une consultation du web, y compris quand ChatGPT décide seul d’aller y puiser. Le point de comparaison, lui, reste flou : OpenAI ne précise ni la source ni le périmètre du volume de requêtes attribué à Google, ce qui laisse au ratio une marge d’interprétation confortable. La période couverte par sa propre mesure n’a pas davantage été détaillée.
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Une estimation indépendante publiée en mars situait le même rapport autour de 12 %, en comptant comme recherches 65 % de l’activité de ChatGPT. La répartition des usages venait d’une étude menée par OpenAI avec des chercheurs de Harvard sur 1,5 million de conversations. Ses volumes dataient en outre : l’activité de ChatGPT y était photographiée à l’été 2025, celle de Google via une communication de début 2025. Entre les 12 % d’alors et les 20 % revendiqués aujourd’hui, méthodes et périodes diffèrent trop pour y lire une simple progression.
Google doit-il trembler ?
La même estimation documentait un rapport de force intact sur le trafic : environ 40 % des visites des sites web proviennent de Google, 0,21 % de ChatGPT, un écart de 1 à 190. Google a tout de même reconnu fin octobre une monétisation en retrait, liée à la place prise par l’IA dans son propre moteur de recherche. Le tableau d’ensemble bouge d’ailleurs depuis le printemps, ChatGPT ayant perdu au mois de juin la majorité du marché de l’IA qu’il détenait jusque-là.
La recherche web de ChatGPT s’est ouverte fin 2024, et son éditeur la présente désormais en rivale directe du moteur de Google. La publicité ne rebuterait pas ses utilisateurs, au point qu’Adam Fry estime qu’OpenAI pourrait « en faire plus » ; la personnalisation des réponses figurerait, elle, parmi les fonctions les plus appréciées du service. Même à 20 %, il resterait toutefois à transformer ces requêtes en revenus, le terrain exact sur lequel Google a bâti sa fortune et où ChatGPT fait ses premiers pas.
OpenAI se mesure désormais à Google sur le terrain où celui-ci gagne sa vie, la recherche. Et il le fait au moment où la publicité s’installe dans ChatGPT, annoncée en France pour la fin de l’été. Les annonceurs, eux, savent compter.
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Source : Big Technology

