Invité du podcast Cheeky Pint, dans un épisode mis en ligne le 29 octobre, Sam Altman est revenu sur l’envie de nombreux utilisateurs de faire tourner des modèles d’intelligence artificielle sur leur propre machine. Du point de vue de la répartition mondiale, a-t-il expliqué, « c’est en fait assez terrible que tout le monde ait un tas de DRAM, dont l’offre mondiale est limitée, posé dans son propre ordinateur et utilisé 5 % du temps ». Il plaide pour une utilisation maximale de cette mémoire dans le cloud, tant l’offre est contrainte, et s’étonne que « l’intuition de beaucoup de gens » aille dans le sens inverse.
Combien vous coûte la pénurie de mémoire ?
En octobre 2025, un kit de 32 Go de DDR5, la mémoire vive des PC récents, se négociait autour de 120 euros chez les revendeurs français. Le même volume dépassait 400 euros en mai, et un kit de référence de 32 Go en DDR5-6000 a encore pris 42 euros en une semaine en septembre, pour atteindre 469,90 euros. Même la DDR4, la génération précédente, dépassait alors les 200 euros les 32 Go.
Mi-octobre, le prix médian de 16 Go de DDR5 avait encore progressé de 20 % en trois mois. Pas une semaine ne passe sans que nous le rappelions dans nos colonne : cette flambée tient à l’appétit des centres de données dédiés à l’IA. Les fabricants réorientent leurs capacités vers la HBM, une mémoire empilée à très haut débit réservée aux accélérateurs (et plus lucrative, au passage), au détriment des barrettes vendues au grand public.
Pourquoi la sortie d’Altman passe-t-elle si mal ?
Sur les réseaux sociaux, ses propos ont déclenché une volée de sarcasmes, un internaute demandant s’il devait désormais louer sa tondeuse chez OpenAI, puisqu’elle ne sert qu’une fois par semaine. D’autres l’accusent d’avoir lui-même creusé la pénurie qu’il invoque.
Le 1er octobre 2025, Samsung et SK hynix, qui contrôlent à eux deux environ 70 % du marché mondial de la DRAM, avaient signé avec OpenAI des accords préliminaires pour approvisionner Stargate, son programme géant de centres de données. La demande visée pourrait atteindre 900 000 plaquettes de silicium par mois, de quoi absorber près de 40 % de la production mondiale de DRAM.
En mars, Sam Altman décrivait déjà un futur où l’intelligence se vendrait comme l’eau ou l’électricité, et où chacun l’achèterait à OpenAI « au compteur ». Faire tourner un modèle sur sa propre machine pourrait, à terme, réduire ce que l’on paie en abonnements, alors qu’OpenAI vend surtout l’accès à des modèles fermés hébergés dans des centres de données.
Son raisonnement parie à la fois sur une construction de centres de données qui ne ralentit jamais, et sur une barrette plus utile à l’IA jour et nuit qu’au tableur, au navigateur ou au jeu. OpenAI publie d’ailleurs lui-même quelques modèles ouverts, que l’on peut faire tourner chez soi.
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