Sur les téléphones chinois, les images de synthèse font déjà recette : au mois de septembre, les mini-séries générées par IA ont dépassé les 200 milliards de vues sur Douyin, la version locale de TikTok. C’est de ce vivier qu’est sorti Sanxingdui : Future Past, adaptation d’une série courte qui cumule plus de 200 millions de vues depuis juillet 2024. Son univers puise dans les ruines de Sanxingdui, le site archéologique du Sichuan célèbre pour ses masques de bronze. Arrivé sur grand écran le 23 octobre, le premier long métrage chinois entièrement généré par IA n’a pas retrouvé son public.
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Dix millions de yuans de budget, un million de recettes
Le studio Bona Film Group, coproducteur de La Bataille du lac Changjin, longtemps plus gros succès du box-office chinois, avait vu grand pour le lancement. Plus de 10 000 séances étaient programmées dès le premier jour, un volume digne d’une superproduction. Les préventes plafonnaient pourtant à 80 000 yuans, autour de 9 700 euros. Après quatre jours d’exploitation, le compteur atteignait péniblement 1,21 million de yuans, près de 145 000 euros.

La facture dépasse les 10 millions de yuans, soit environ 1,2 million d’euros. Près d’une centaine de personnes ont travaillé plus de deux ans sur le projet, générant 1,2 million d’images et plus d’une centaine de versions complètes du film. Le patron du studio, Jiang Defu, reconnaît lui-même un accueil tiède. À l’affiche au même moment, Niu Lai, un film d’animation au style volontairement rudimentaire, cumule de son côté 64,29 millions de yuans de recettes, cinquante fois plus. Les salles chinoises, elles, ne désemplissent donc pas.
Pourquoi le carton du téléphone ne paie pas la salle
L’écart entre les deux écrans tient d’abord au modèle économique. Sur Douyin, les mini-séries générées se consomment gratuitement, par épisodes de quelques minutes, entre deux vidéos. En salle, le même univers réclame un billet, un déplacement et une attention continue, face à un format qui grossit chaque défaut de génération. Le métrage long expose des visages et des mouvements que la génération d’images peine encore à tenir sur la durée, quand le format court masque les coutures.
Le secteur entier surveillait l’exercice comme un test grandeur nature. La perte sèche approche les 9 millions de yuans si la tendance se confirme. Aux États-Unis, un spécialiste du cinéma chinois prédit déjà qu’elle poussera les candidats au long métrage entièrement généré à y regarder à deux fois. Le film jouera une seconde manche à l’international, avec une sortie prévue en Malaisie le 12 novembre.
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Source : Futurism

