Passer au contenu

OpenAI aurait vidé les stocks de Mac mini et de Mac Studio pour entraîner ses IA

Des dizaines de milliers de Mac mini seraient partis dans les labos d’OpenAI. Chez Nvidia, les premiers PC RTX Spark sont réservés avant d’exister. Le particulier, lui, regarde les délais s’allonger et les prix grimper.

La pénurie de mémoire vive, vous l’avez déjà sentie passer sur le prix des PC cette année. Voilà maintenant que les ordinateurs eux-mêmes se font rares, du moins ceux qui savent faire tourner de l’intelligence artificielle sans broncher. OpenAI aurait acheté des dizaines de milliers de Mac mini et de Mac Studio ces derniers mois. Chez Nvidia, les distributeurs se sont déjà partagé le premier lot de PC RTX Spark, avant même qu’une seule machine soit livrée.

Pourquoi OpenAI achète-t-il des Mac par palettes ?

Pour comprendre ce qu’un labo d’IA peut bien faire d’un Mac mini alors que son attention devrait être porté sur les datacenters, il faut regarder ce qu’il entraîne en ce moment : des agents qui utilisent un ordinateur à votre place, souris et clavier compris. L’entraînement de ces agents passe par l’apprentissage par renforcement, une méthode où le modèle essaie, se trompe, recommence et reçoit une note à chaque tentative (un peu comme un stagiaire qu’on laisserait cliquer partout pendant des semaines, sauf que celui-ci ne se vexe jamais). Chaque stagiaire numérique a besoin de son propre bureau, avec un vrai système et de vraies applications, d’où l’intérêt de posséder des machines complètes par milliers, en plus des cartes graphiques louées à l’heure.

Lire aussi : Mac mini M6 vs Mac mini M4 – tout ce qui change entre les deux générations d’ordinateurs Apple

Reste à expliquer ce qu’un Mac apporte de plus qu’un PC quelconque. Les puces Apple partagent une seule réserve de mémoire (la fameuse mémoire unifiée) entre le processeur, la puce graphique et le moteur neuronal, un grand bureau commun au lieu de trois placards séparés. Pour un agent qui enchaîne captures d’écran, clics et raisonnements, ce bureau partagé compte davantage que la puissance brute. Apple a en outre ajouté à macOS 26.2 une liaison directe entre machines via Thunderbolt 5 (le RDMA, pour les intimes). Elle contourne la pile réseau et fait passer la latence entre Mac de 300 à moins de 50 microsecondes. Quant aux achats eux-mêmes, ni Apple ni OpenAI n’ont confirmé quoi que ce soit, autant le dire clairement.

Cette demande se lit dans les délais de livraison : sur les configurations gonflées en mémoire, l’attente pour un Mac Studio serait passée d’une quinzaine de jours à près de deux mois. Apple a fini par sortir ses nouveaux modèles le 25 août, par simple communiqué et deux semaines avant sa conférence iPhone, un calendrier inhabituel que l’appétit des labos aurait précipité. Le Mac mini passe aux puces M6 et M5 Pro, le Mac Studio aux M5 Max et M5 Ultra, avec des précommandes ouvertes et des livraisons annoncées pour le 22 septembre. En France, le Mac mini M6 démarre à 1 049 euros, le M5 Pro à 1 999 euros, le Mac Studio M5 Max à 2 999 euros et le M5 Ultra à 6 599 euros. Les deux Mac mini prennent 100 euros au passage.

Apple fournit les pelles de la ruée vers l’or, sans l’avoir prévu

Dans une ruée vers l’or, les fortunes les plus sûres se font en vendant des pelles, et Nvidia occupe ce rôle depuis trois ans avec une constance qui frise l’insolence. Apple, qu’on n’attendait pas franchement dans ce registre, se retrouve à vendre des pelles sans l’avoir cherché. Le Mac mini a été conçu comme la porte d’entrée la moins chère vers ses puces, un petit boîtier pour la bureautique et le montage du dimanche. Le voilà promu brique de centre de données.

Le phénomène a un précédent tout frais, du côté de la mémoire vive. Les centres de données d’IA en ont absorbé une telle part que les prix de la RAM, puis des PC, ont décollé depuis l’an dernier. Avec les Mac, la logique change d’échelle : les labos achètent désormais des ordinateurs entiers, boîtier compris. Nvidia vit la même scène avec sa puce RTX Spark, conçue avec MediaTek pour des portables et de petits PC de bureau sous Windows on Arm. Sur le papier, elle aligne un processeur Grace à 20 cœurs, une puce graphique Blackwell et jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée. Un Mac mini vu par Nvidia, en somme, avec CUDA en prime.

Les premières machines sont attendues cet automne chez Asus, Dell, HP, Lenovo, Microsoft Surface et MSI. Asus a déjà prévenu ses actionnaires que « le marché a répondu bien au-delà de nos attentes » : les quantités initiales ont été intégralement précommandées par ses distributeurs. Des commandes de grossistes, donc, pas encore de clients. MSI serait dans la même situation, et les deux marques réclameraient déjà une rallonge à Nvidia. Le tout sans prix officiel, les estimations oscillant entre 2 899 dollars et 3 400 dollars suivant les sources.

Au milieu de cette foire d’empoigne, l’acheteur ordinaire se retrouve derrière des clients autrement mieux dotés. Un Mac Studio M5 Ultra à 6 599 euros ou un portable RTX Spark autour de 3 000 dollars visent la même clientèle que le DGX Spark de Nvidia. Cette petite boîte dorée, lancée à 3 999 dollars, se facture 4 699 dollars depuis février, pénurie de mémoire oblige. Les machines à IA se vendent désormais comme des billets de concert : le premier lot part avant l’ouverture des portes, et le reste se négocie au prix fort.

Si un Mac mini M6 figurait sur votre liste de rentrée, la livraison est promise pour le 22 septembre. Cliquez avant que les labos ne passent leur prochaine commande : personne, chez Apple, ne semble pressé de leur dire non.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source : The Information