Un robot qui range vos affaires, vide le lave-vaisselle et va chercher un objet dans une autre pièce. Le pitch est séduisant (et vieux comme la science-fiction). Ce qui est nouveau, c’est que quelqu’un est en train de le fabriquer à l’échelle industrielle. La start-up 1X Technologies a inauguré le 30 avril une usine de 5 400 mètres carrés à Hayward, en Californie. Capacité : 10 000 robots Neo par an, avec un objectif de 100 000 unités d’ici fin 2027. Plus de 200 salariés travaillent déjà sur la ligne de production. Les premières livraisons aux clients américains sont prévues pour 2026, l’Europe devrait suivre en 2027.
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20 000 dollars pour un robot qui apprend en vous regardant vivre
Neo mesure 1,68 mètre, pèse 30 kilos (des mensurations auxquels les humanoïdes nous ont habitué ces dernières années), et ressemble davantage à un mannequin en tissu qu’à un Terminator. Il tourne sur une puce Nvidia Jetson Thor et embarque le « 1X World Model », un modèle d’IA maison. Sa particularité : il apprend de nouvelles tâches en observant des vidéos, y compris des vidéos trouvées sur Internet. L’achat ferme coûte 20 000 dollars (environ 17 100 euros). Un abonnement mensuel à 499 dollars est aussi proposé. La première année de production aurait été écoulée en cinq jours après l’ouverture des précommandes en octobre 2025.

Reste la partie moins glamour. Bernt Børnich, le fondateur de 1X, l’a reconnu face au Wall Street Journal : à la livraison, Neo n’est autonome qu’à 60 à 70 %. Pour les tâches complexes, un téléopérateur humain équipé d’un casque VR prend le contrôle du robot à distance. Ce qui signifie concrètement qu’un employé de 1X peut voir votre intérieur à travers les caméras du robot. L’entreprise promet des zones interdites (« no-go zones ») dans le logement, le floutage des visages, et un contrôle par l’utilisateur des créneaux d’intervention. La finalité est de collecter les données d’entraînement qui mèneront à l’autonomie complète. Børnich assure que des unités entièrement autonomes pourraient être disponibles d’ici fin 2026. En attendant, le compromis est tout sauf anodin.
Un marché mondial en pleine accélération, dominé par la Chine
1X n’est pas seul sur le créneau. Les fabricants chinois (Unitree en tête, soutenus par des subventions publiques) représentaient la majorité des 13 000 humanoïdes expédiés dans le monde en 2025. Figure AI, soutenu par Nvidia et Jeff Bezos, double ses livraisons chaque trimestre et se concentre pour l’instant sur l’industrie (BMW, logistique). Tesla continue de promettre un Optimus à moins de 20 000 dollars, sans calendrier ferme pour les livraisons grand public.
Neo, contrairement à ses concurrents, a fait le choix exclusif du foyer comme terrain de jeu. Là où Figure AI et Tesla visent d’abord l’usine, 1X parie sur le foyer. L’idée : les données collectées dans un environnement domestique non structuré seront plus précieuses pour entraîner une IA généraliste. Le pari est audacieux. Il est aussi risqué : la confiance des acheteurs repose sur la promesse que les téléopérateurs respecteront les limites fixées. Un thread Reddit très partagé a déjà soulevé un scénario juridique délicat. En cas de mandat, les autorités pourraient contraindre 1X à transmettre les images captées par le robot, ou même à diriger un opérateur en temps réel. La réglementation sur la vie privée des robots domestiques est, pour le dire poliment, inexistante en 2026.
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