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L’Europe révèle comment Google devra ouvrir Android à ChatGPT, Claude, Perplexity et les autres

L’Europe veut que votre assistant vocal ne soit plus choisi par Google ou Apple, mais par vous. Les deux géants n’ont pas du tout la même réponse.

Sur un téléphone Android, essayez de demander à ChatGPT de lire ce qui s’affiche à l’écran, d’envoyer un e-mail à votre place ou de se déclencher quand vous prononcez son nom. Rien de tout cela ne fonctionne. Gemini, l’assistant maison de Google, sait le faire. La différence entre les deux n’est pas une question de technologie, mais de privilèges : Gemini a les clés du système, les autres frappent à la porte. C’est précisément cette asymétrie que la Commission européenne vient de mettre noir sur blanc, en envoyant à Google un cahier des charges détaillé dans le cadre du Digital Markets Act.

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Les mesures que Bruxelles impose à Google

Pour faire simple, la Commission veut que tout assistant IA puisse faire sur Android ce que Gemini fait déjà. Concrètement, les mesures prévoient qu’une IA concurrente puisse se déclencher par un mot d’activation dédié (aujourd’hui, seul « Hey Google » fonctionne au niveau système), interagir avec les applications installées et accéder aux mêmes ressources matérielles que l’assistant maison. Le tout est encadré par l’article 6(7) du DMA, qui interdit à un contrôleur d’accès de favoriser ses propres services.Google avait déjà été visé en janvier par l’ouverture de ces procédures, mais sans le détail des obligations. Cette fois, le document est précis et la consultation publique est ouverte jusqu’au 13 mai. La décision contraignante, elle, tombera au plus tard le 27 juillet.

La réponse de Google ne s’est pas fait attendre : l’entreprise dénonce une « intervention injustifiée » qui « compromettrait la vie privée des utilisateurs européens ». Le genre de phrase qui sonne autant comme un argument de fond que comme une ligne de défense juridique. En cas de non-conformité, l‘amende peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial d’Alphabet, soit plus de 30 milliards de dollars.

Pour une fois, Apple est l’élève modèle du DMA

Le hic pour Google, c’est qu’Apple prouve en temps réel qu’une autre réponse est possible. Soumise aux mêmes obligations du DMA, la firme de Cupertino a commencé dès iOS 26.2 à préparer le remplacement de Siri par un assistant tiers via le bouton latéral de l’iPhone. Le Japon a servi de terrain d’essai, l’Europe suivra. Bloomberg rapportait fin mars qu’Apple prévoit d’aller plus loin avec iOS 27, en déployant un système d’« Extensions » qui connecterait Siri à plusieurs IA en même temps (Claude, Gemini, Perplexity).

Apple n’agit pas par générosité, bien sûr. Ses ingénieurs peinent encore à livrer le nouveau Siri promis depuis 2024, et le déploiement d’Apple Intelligence en Europe a été retardé précisément à cause du DMA. Ouvrir la porte aux concurrents, c’est à la fois gagner du temps et éviter un bras de fer réglementaire qui pourrait coûter des milliards.

Les deux calendriers, au passage, se télescopent de manière assez parlante. Google a achevé en mars la transition de Google Assistant vers Gemini, verrouillant son IA comme assistant par défaut sur plus de deux milliards d’appareils. Le même mois, la Commission lançait ses procédures. Pendant que Mountain View bétonne, Cupertino démonte (à contrecœur, certes, mais méthodiquement).

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Source : Commission Européenne