La critique est connue de tous les porteurs d’Apple Watch : la montre peine à tenir une journée complète sans repasser sur le chargeur, sauf sur le modèle Ultra. Cette limitation tient en partie à l’écran, et LG Display est en train de développer et de valider une technologie qui pourrait y remédier. Les premières livraisons de panneaux issus de ce procédé pour Apple Watch sont attendues pour 2027 au plus tôt.
Pourquoi l’écran est responsable de l’autonomie
L’écran est l’un des premiers postes de consommation d’énergie d’une montre connectée. La technologie actuelle, le LTPO, améliore la situation en faisant varier le taux de rafraîchissement selon l’usage : un cycle par seconde quand on consulte l’heure, jusqu’à 60 lors d’une animation fluide. C’est l’équivalent d’un moteur qui réduit son régime au ralenti : l’énergie dépensée s’adapte à l’effort demandé.
La technologie que LG développe en ce moment, le HMO (pour « High-Mobility Oxide »), vise à faire mieux. Là où le LTPO combine deux types de transistors pour gérer ce compromis, le HMO mise sur une conception purement oxide qui consomme naturellement moins d’énergie. Le défi était la vitesse de commutation : les anciens transistors à oxyde pur étaient trop lents pour des écrans haute résolution, à la façon des premières ampoules LED qui mettaient un instant à atteindre leur pleine luminosité. HMO corrige ce défaut en portant la mobilité électronique à 30 à 50 centimètres carrés par volt-seconde, contre moins de 10 pour les oxydes courants.
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LG valide actuellement ce procédé sur sa ligne de production de 6e génération, dédiée aux petits et moyens formats. Les premières livraisons de panneaux HMO sont attendues pour 2027, sous réserve de validation du process de l’uniformité des panneaux sur toute leur surface et du rendement de production. Rien n’est acté pour l’instant, et l’Apple Watch attendue en septembre 2026 partira sans ça.
L’Apple Watch d’abord, l’iPhone ensuite
Apple a une méthode rodée pour les nouvelles technologies d’affichage : les tester sur l’Apple Watch d’abord, à volumes plus faibles et avec des enjeux commerciaux limités, avant de les déployer sur l’iPhone. Le LTPO avait suivi exactement ce chemin, apparaissant sur l’Apple Watch Series 5 en 2019 avant d’arriver sur les iPhone 13 Pro en 2021. HMO pourrait suivre le même trajet.
Samsung Display travaille en parallèle sur une approche similaire, via le dépôt de couche atomique (ALD), une technique qui pose les couches du transistor atome par atome pour un contrôle extrêmement précis. L’objectif est identique : remplacer le LTPO par une technologie oxide plus efficiente, avec l’iPhone comme horizon à terme. LG et Samsung Display empruntent donc des chemins différents pour atteindre le même résultat, et Apple évalue les deux.
Pour l’utilisateur final, la promesse se résume à une chose : ne plus recharger sa montre tous les soirs. L’Apple Watch actuelle annonce 18 heures en usage normal, jusqu’à 36 heures en mode économie d’énergie (Ultra à part), là où une Galaxy Watch 7 annonce jusqu’à 40 heures. Si le HMO tient ses promesses et si LG réussit à le produire à grande échelle, l’écart se réduirait sans agrandir la batterie ni toucher au design.
En attendant, l’Apple Watch de septembre 2026 arrive avec un écran et une batterie similaires à ceux d’aujourd’hui. Le HMO, si tout se passe bien côté LG et Samsung, arrivera sur le poignet un an plus tard.
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Source : The Elec

