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La Californie interdit les deepfakes politiques et pornographiques

Pour lutter contre la diffusion de fausses informations, les autorités californiennes ont interdit les deepfakes visant les personnalités politiques, en particulier pendant les périodes d’élections.

Aux États-Unis, les deepfakes ne sont pas les bienvenus dans le débat public. L’État de Californie vient d’interdire ces vidéos qui utilisent l’intelligence artificielle pour modifier de façon ultra-réaliste le visage et la voix de n’importe qui. Les deux nouvelles lois visent surtout celles qui mettent en scène des personnalités politiques, mais aussi celles de tous les citoyens à caractère pornographique.

Intouchable pendant deux mois

La première prohibe la diffusion des vidéos dont l’objectif est de décrédibiliser un candidat politique pendant 60 jours avant l’élection. La deuxième loi permet à tous les Californiens de porter plainte s’ils sont victimes d’un deepfake à caractère pornographique.

« Les électeurs ont le droit de savoir quand la vidéo, l’enregistrement ou l’image qu’ils voient a été manipulé pour essayer d’influencer leur vote lors des prochaines élections. Il faut qu’ils sachent que ce n’est pas la réalité », a déclaré Marc Berman, représentant de l’assemblée californienne dans un communiqué. « Dans un contexte d’élections, la capacité d’attribuer la parole ou la conduite à un candidat qui est faux – ce qui n’est jamais arrivé – fait de la technologie deepfake un nouvel outil puissant et dangereux dans l’arsenal de ceux qui veulent mener des campagnes de désinformation pour semer la confusion chez les électeurs. »

Cette législation fait suite à la multiplication de deepfakes de personnalités politiques outre-Atlantique. Nancy Pelosi, présidente de l’Assemblée américaine a récemment été victime d’une telle manipulation. Les deux images mises côte-à-côte mettent en exergue les défauts de la vidéo trafiquée (à droite sur la vidéo ci-dessous). 

https://www.youtube.com/watch?v=EfREntgxmDs/t=21s

Bientôt une loi fédérale ?

L’objectif est à la fois de lutter contre les fausses nouvelles mais aussi de protéger les victimes. Pour qu’un recours existe, il faut d’abord que le droit reconnaisse le délit. Les deefakes peuvent être utilisés dans des affaires de revenge porn, c’est à dire se venger d’une personne par la diffusion d’images à caractère pornographique sans son consentement. 

Face à l’ampleur du phénomène, les autorités serrent la vis. Avant la Californie, l’État de Virginie avait adopté une loi similaire contre les deepfakes, en juillet 2019. L’État du Texas a légiféré sur le sujet. La multiplication de ces lois visent à mettre la pression sur l’État fédéral. Surtout en période d’élections présidentielles, qui auront lieu en 2020.

Source : Cnet 

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Marion Simon-Rainaud