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Global Crossing opère un retrait de la boucle locale

Il y a moins de un an, Global Crossing dépensait plus de 70 milliards de francs pour racheter un opérateur local américain et un autre, britannique. Ces acquisitions ne semblent plus en ligne avec la stratégie de l’opérateur.

Un pas en avant, trois pas en arrière. En septembre dernier, Global Crossing rachetait successivement l’opérateur local américain Frontier et l’opérateur anglais Racal. Il tentait également d’acquérir US West, qui a finalement succombé aux charmes de Qwest. L’opérateur aux ambitions mondialistes faisait ainsi une incursion dans l’accès à l’abonné, cheval de bataille de presque tous ses homologues.

Etendre ses tentacules

Aujourd’hui, cette stratégie semble sur le point de faire long feu. Global Crossing vient en effet de mandater les sociétés Chase Securities et Merril Lynch pour examiner les options possibles concernant son activité d’opérateur local. Sur ce point, le président de Global Crossing, Leo Hindery, est d’ailleurs très clair : ‘ Le marché local est un marché intéressant, avec des marges attrayantes. Nous avons été contactés par plusieurs sociétés qui envisagent de racheter tout ou partie de notre activité d’opérateur local et nous examinons toutes les possibilités. Si nous devions revendre, nous réaffecterons les sommes perçues à l’objectif initial de Global Crossing, à savoir une expansion plus rapide de notre réseau et un renforcement de nos ventes. ‘ Ce qui semble confirmer que Global Crossing se focalise sur la construction de son réseau de 140 000 km de fibres optiques et sur son activité d’hébergement de services Internet, Global Center.

La stratégie du zigzag

A la question : Pourquoi le rachat de Frontier était-il stratégique il y a un an et ne l’est-il plus aujourd’hui ?, l’opérateur ne répond pas. Dans ce silence se trouve peut-être l’élément d’information essentiel. Nombre d’opérateurs internationaux ont montré une volonté farouche de se positionner sur les marchés nationaux sans avoir pourtant de stratégie. C’est le cas d’Equant, notamment, qui s’est offert le réseau Géonis, d’Air France, pour bénéficier de points de présence dans l’Hexagone. Après une acquisition fêtée comme une victoire, une interrogation se pose : que faire de ce nouveau membre ? Les bonnes occasions d’hier font les grands débats d’aujourd’hui. Visiblement, il aura fallu un changement de direction à la tête de Global Crossing pour que l’opérateur se réoriente vers son objectif initial. Lien de cause à effet ? Bob Annunziata a été remplacé à la tête de la société cinq mois après le rachat des deux opérateurs.

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Jérôme Desvouges