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Des robots-mammifères français tiendront compagnie au chien Aibo de Sony

Avec ses robots Pekee, la société française Wany marche dans le sillage du Japonais Sony et de son chien Aibo. Elle crée une nouvelle génération de mammifères-robots intelligents et modulaires.

Les robots Pekee rêvent-ils de moutons électriques ? Cette question n’est plus du seul domaine de la science-fiction. “En fonction du trait de caractère qui leur a été programmé, ces robots savent se montrer dociles, turbulents, serviables, joueurs voire même colériques”, confie leur père créateur, le chercheur Erwann Lavarec. Pour imprimer dans le silicium ces caractéristiques, ce dernier a puisé dans l’intelligence artificielle les technologies nécessaires pour que chaque robot ait un comportement non déterministe. “ Nos compagnons ne sont pas conçus pour être téléguidés. Grâce à leurs capteurs, ils savent éviter les obstacles et être parfaitement autonomes. S’ils en ont envie, ils peuvent même se rendre utiles en arrosant les plantes ou en passant l’aspirateur.”Successivement informaticien, électronicien puis docteur en robotique, ce jeune chef d’entreprise se positionne sur le créneau du robot ludique ouvert l’an dernier par Aibo, le chien-robot de Sony. Le fabricant nippon en a vendu 45 000 exemplaires à plus de 10 000 francs chacun. Si les petits mammifères à roulettes de la société Wany ne se montrent pas aussi agiles que le célèbre toutou, en revanche, ils sont modulaires et peuvent être équipés de n’importe quelle caméra, modem ou tout autre accessoire assorti d’un port USB. Une première sur le marché. “On peut ainsi demander à notre compagnon qu’il aille prendre des photos. A condition, bien sûr, qu’il accepte sa mission. Ce qui est une autre histoire. . . “Conçus pour interagir avec leur environnement, ces petits rongeurs à roulettes, qui doivent leur design au cabinet Blanc-Tailleur, adorent jouer à la paint-ball. Il s’agit d’un jeu qui consiste à se tirer dessus non pas à l’aide de balle de peinture multicolore mais avec des faisceaux lasers.Imprévisibles, ces robots sont bien plus puissants qu’un simple ordinateur puisque chaque module embarqué peut disposer d’une puissance équivalente à celle d’un processeur i486. “Pour réaliser nos robots, nous avons bénéficié de plusieurs avancées : la maturité des recherches en robotique et la miniaturisation des batteries et des composants électroniques.” Chacun de ces mamifère-robot embarque par exemple une carte vidéo sur une puce fabriquée par STMicroélectronique. “Ils se montrent même évolutifs puisqu’ils sont programmables en langage C, en C++, en Java et en G Langage (langage graphique pour les profanes)”, explique le chercheur qui a pris soin de déposer plusieurs brevets (notamment sur la modularité du robot) avant de lancer ses compagnons sur le marché. Lauréat du prix du meilleur jeune diplômé de la création d’entreprise innovante, Erwann Lavarec a également remporté le prix de la création d’entreprise de technologies innovantes qui lui a permis de lever au total 2,8 millions de francs pour financer le démarrage de son entreprise. Cela ne suffit pas. “Nous sommes en train de lever des fonds auprès de business angels et des capitaux-risqueurs pour financer notre développement commercial et trouver des circuits de distribution à nos produits.”Forte d’une dizaine de personnes provenant essentiellement du monde de la recherche en robotique, Wany vient d’entamer la phase de préindustrialisation de ses robots auprès de laboratoires de recherches et d’enseignants. Des débouchés potentiels pour ces robots qui seront commercialisés l’an prochain. Le prix n’est pas encore fixé. Mais il pourrait s’aligner sur celui de l’Aibo 2 de Sony, vendu aux alentours de 12 000 francs.

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Eliane Kan