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Pour défendre l’iPhone, Apple fait tout pour obtenir les secrets de Samsung

Apple demande à son principal rival de lui fournir les preuves que les utilisateurs changent librement de smartphone. Le procès antitrust américain prend un tour inattendu.

Apple et Samsung sont rivaux sur tous les fronts. Sauf, apparemment, devant un tribunal fédéral américain. Dans le cadre du procès antitrust lancé par le département de la Justice en mars 2024, Apple vient de franchir une étape inattendue. La marque demande à un juge l’autorisation d’obtenir des documents internes de Samsung en Corée du Sud.

Pourquoi Apple a besoin des données de Samsung

L’enjeu est central dans le procès. Le gouvernement accuse Apple de verrouiller les utilisateurs dans son écosystème. Les règles de l’App Store, les restrictions aux développeurs et le contrôle des fonctions clés de l’iPhone sont visés. Apple conteste cette lecture et veut prouver que les consommateurs changent régulièrement de plateforme.

Pour cela, la marque cible des données très précises. Elle demande les études de marché internes de Samsung, ses rapports de ventes et ses analyses sur la migration des utilisateurs entre iPhone et Galaxy. Apple s’intéresse aussi à Smart Switch, l’outil de Samsung qui permet de transférer ses données depuis un iPhone. Les chiffres d’utilisation de cet outil pourraient montrer que le passage d’iOS à Android est fréquent.

Le dossier mentionne aussi Samsung Pay. Les plaignants reprochent à Apple de facturer aux banques 0,15 % par transaction Apple Pay. Apple veut savoir si Samsung prélève des frais comparables ou non. La réponse pourrait affaiblir ou renforcer l’accusation de position dominante abusive.

Samsung refuse, Apple passe par la Corée du Sud

Apple avait d’abord assigné Samsung Electronics America, la filiale américaine. Celle-ci a refusé de produire les documents demandés. Son argument : les données appartiennent à la maison mère en Corée du Sud. L’objection a été invoquée 65 fois dans les réponses de Samsung, selon le dossier judiciaire.

Apple se tourne donc vers la convention de La Haye. Ce traité international permet à un tribunal d’un pays de demander des preuves détenues dans un autre. La démarche n’a rien de garanti. Dans le cadre d’un procès contre Apple, la Corée du Sud a récemment refusé une demande similaire de xAI pour obtenir des documents de Kakao, jugée trop large.

Apple affirme avoir calibré sa requête de façon ciblée. Le dossier insiste sur le périmètre limité : smartphones, montres connectées et Galaxy Store. L’ironie ne manque pas. Apple, qui a intégré un outil natif de transfert vers Android dans iOS 26.3 sous la pression du DMA européen, demande aujourd’hui les preuves que ses utilisateurs s’en servent effectivement. Ou du moins qu’ils utilisent l’équivalent Samsung. Le procès n’en est qu’à la phase de collecte de preuves. À ce rythme, on en reparlera en 2030.

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Source : 9to5Mac