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Deezer va signaler les albums contenant des morceaux générés par IA

Deezer va afficher un avertissement sur les albums qui contiennent des morceaux créés avec de l’IA. Le service de streaming tire aussi la sonnette d’alarme contre les fraudeurs qui tentent de siphonner les revenus du streaming en faisant écouter des chansons générés par IA par des armées de bots.

Les abonnés Deezer vont voir fleurir dans les prochaines semaines des étiquettes « Généré avec IA » sur les pochettes des albums contenant des morceaux conçus avec des outils automatisés d’intelligence artificielle.

70 % des écoutes de chansons IA proviennent de bots

La plateforme française explique que de plus en plus de morceaux générés par IA sont mis en ligne chaque jour dans le but d’engranger des revenus sans véritable création artistique. Selon le PDG Alexis Lanternier, « l’usage de l’IA n’est pas un problème en soi tant qu’un artiste est derrière », mais tout change lorsqu’il s’agit de productions entièrement automatisées utilisées pour manipuler les systèmes de recommandation et capter indûment des royalties.

18 % des chansons mises en ligne chaque jour sur Deezer sont désormais entièrement générées par IA, d’après un outil développé en interne (c’était 10 % « seulement » il y a trois mois). Cela représente quelque 20 000 titres par jour, un volume ahurissant mais qu’il convient de relativiser : ces morceaux ne représentent que 0,5 % des écoutes totales sur la plateforme. Et la majorité de ces écoutes — 70 % — proviennent de fermes de bots pour générer des écoutes artificielles et pomper des royalties.

Quand ils sont repérés par Deezer, les morceaux IA utilisés à des fins de manipulation sont exclus de tout revenu. Mais c’est un jeu du chat et de la souris, et l’outil de détection est mis à jour chaque jour avec de nouveaux morceaux synthétiques. « On combat l’IA par l’IA », résume Alexis Lanternier.

Le phénomène n’est pas propre à Deezer, qui tire la sonnette d’alarme pour toute l’industrie. Les maisons de disques sont la tête de pont de la lutte contre l’exploitation sans consentement de leurs catalogues par des startups comme Suno et Udio. En parallèle d’actions en justice, les majors cherchent aussi à obtenir une rémunération de la part des entreprises IA.

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Source : AP


Mickaël Bazoge