Fin 2024, la police allemande a démantelé Crimenetwork, le plus grand marché noir germanophone du dark web. Fondé en 2012, le site réunissait plus de 100 000 utilisateurs et permettait d’acheter et de vendre des données piratées, des drogues illicites et des faux documents d’identité, comme des passeports et des permis de conduire.
Les transactions s’effectuaient en Bitcoin et en Monero, une cryptomonnaie réputée intraçable. En six ans d’activité, la plateforme a généré l’équivalent de 200 millions de dollars. Au cours d’une opération de police d’envergure, tous les serveurs du site ont été saisis et l’administrateur principal, âgé de 29 ans, a été interpellé. Un million d’euros en cryptomonnaies et plusieurs voitures de luxe ont également été confisquées.
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3,6 millions d’euros de transactions crypto
Quelques jours plus tard, une nouvelle version de Crimenetwork a vu le jour. Cette plateforme reposait sur une infrastructure neuve, qui n’avait rien à voir avec le marché noir originel. Cette seconde itération a généré plus de 3,6 millions d’euros de transactions illicites avant que la police allemande ne s’y attaque. Le modèle économique s’appuyait sur la vente d’abonnements mensuels aux vendeurs. En réglant un abonnement, ceux-ci obtenaient le droit de commercialiser leurs produits.
En parallèle, l’administrateur touchait une commission sur chaque vente. Là encore, les transactions étaient réalisées en Bitcoin, Litecoin et Monero. Plus de 100 vendeurs et plus de 22 000 utilisateurs ont rejoint ce Crimenetwork 2.0 en quelques mois.
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Un pirate interpellé en Espagne
Après des mois d’enquête, les forces de l’ordre ont fini par remonter jusqu’au créateur de la nouvelle mouture de Crimenetword. L’homme a été localisé à Majorque, en Espagne. Le 7 mai 2026, une unité spéciale de la police nationale espagnole a organisé une descente au domicile de l’individu, un ressortissant allemand de 35 ans.
Les enquêteurs de la police fédérale et du parquet de Francfort ont saisi les serveurs de la plateforme, mis la main sur une quantité massive de données concernant les utilisateurs et transactions, et gelé environ 194 000 euros d’argent sale. Selon les enquêteurs, toutes les données saisies vont être utilisées pour identifier d’autres cybercriminels et pourraient mener à d’autres arrestations dans un avenir proche.
« La résurrection de Crimenetwork a échoué, et un nouvel administrateur devra répondre de ses actes devant un tribunal allemand », s’est félicité Carsten Meywirth, directeur de la division Cybercriminalité de la police fédérale allemande.
Arrêté en décembre 2024, l’administrateur de la première version de Crimenetwork a écopé de sept ans et dix mois de prison. La justice a également décrété la saisie de plus de 10 millions d’euros de gains illicites. Bien « que ce verdict ne soit pas encore juridiquement contraignant, il démontre clairement que la criminalité sur le darknet a aussi des conséquences », souligne le procureur en charge de l’affaire.
La guerre contre les marchés noirs
Cette opération contre le nouveau Crimenetwork s’inscrit dans le cadre d’une série de coups de filet visant les plateformes criminelles en ligne. Récemment, les forces de l’ordre de 72 pays différents, dont la France, ont démantelé plus de 33 000 sites frauduleux et bloqué 45 000 adresses IP malveillantes. Quelques mois plus tôt, on se souviendra aussi de la saisie de Cracked et Nulled, deux des plus grands forums criminels au monde, avec plus de 10 millions d’utilisateurs cumulés.
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Source : Police allemande

