Flashpoint, la société américaine de renseignement et de gestion des risques cyber, vient de faire une découverte étonnante au sujet des pratiques des pirates sur le dark web. Dans un rapport publié le 7 avril 2026, les chercheurs révèlent que les cybercriminels se servent de plus en plus d’emojis pour communiquer en toute discrétion sur les forums et les messageries clandestins.
« Les emojis ne sont pas seulement utilisés pour s’exprimer, mais pour signaler des intentions, catégoriser des activités et, dans certains cas, obscurcir le sens aux yeux des non-initiés », explique Flashpoint.
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Les émojis préférés des cybercriminels
En remplaçant les mots les plus sensibles de leurs phrases par des pictogrammes, les hackers parviennent à passer sous le radar des systèmes de surveillance automatisés, déployés par les forces de l’ordre et les enquêteurs. Concrètement, un attaquant ne tapera plus « credit card » ou « banque » dans ses échanges en ligne. Il se contentera de taper l’émoji 💳 ou 🏦. Par ailleurs, les emojis 🔑 (clé) et 🔓 (cadenas ouvert) permettent de parler de mots de passe volés, d’accès à des comptes piratés ou d’intrusions réussies dans des systèmes informatiques.
Enfin, les emojis 🤖 (robot), ⚙️ (engrenage) et 🧰 (boîte à outils) composent le vocabulaire technique des criminels. Ils désignent les logiciels malveillants, les bots automatisés, les kits d’outils pour pirater ou encore les services cybercriminels proposés à la vente. Dans la plupart des cas, « ces emojis sont utilisés en combinaison avec un texte minimal, permettant aux acteurs de faire la publicité d’un accès ou de partager des résultats sans descriptions détaillées », notent les chercheurs.
Les scanners qui gardent un œil sur le dark web se contentent généralement d’analyser le texte brut, mais ne sont pas capables de décoder les émojis. L’utilisation d’émojis facilite aussi les communications entre des réseaux criminels internationaux, qui ne partagent pas la même langue maternelle.
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Un langage secret qui combine plusieurs astuces
Selon les investigations menées par Flashpoint, les cybercriminels ne se limitent pas à l’utilisation massive d’emojis. Pour maintenir les autorités dans le brouillard, ils se servent d’une « forme d’obfuscation en couches ». Il s’agit d’une méthode de camouflage composée de plusieurs modes de communication. Cette stratégie combine en effet les émojis, à des abréviations et des messages rédigés dans plusieurs langues simultanément.
Les pirates utilisent aussi beaucoup de vocabulaire codé, avec énormément de mots d’argot. Les pirates écrivent par exemple « creds » au lieu de « credentials », « carding » pour désigner la fraude à la carte bancaire, ou encore des variantes déformées pour contourner les filtres, telles que « seggs » pour « sex ». Combiné à l’argot, « aux abréviations et aux formulations multilingues, cela crée une forme d’obscurcissement complexe qui complique les efforts de surveillance à grande échelle », résume Flashpoint. Pour garder un œil sur les activités des pirates sur le dark web, les chercheurs américains ont pris soin de décoder toutes les astuces employées sur les forums et autres marchés noirs. Les experts espèrent que ces informations vont aider les forces de police à « améliorer la détection des campagnes émergentes ».
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Source : FlashPoint

