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Commutateurs optiques: deux technologies concurrentes

Certains constructeurs proposent des commutateurs 100 % optiques, et d’autres des matériels avec c?”ur de commutation électrique. Si chaque type a ses avantages et ses inconvénients, il semble que les deux auront leur place dans les futurs réseaux d’opérateurs.

Annonces et rachats vont bon train dans le domaine des réseaux optiques pour opérateurs, et chaque constructeur se place dans un camp : celui des matériels avec c?”ur de commutation électrique, ou celui des commutateurs tout-optique (sans transformer au préalable le signal sous forme électrique, ils manipulent directement le rayon lumineux). Ceux-ci axent leur discours sur leur avance technologique et les avantages du 100 % optique ; ceux-là relativisent l’adéquation du tout-optique aux besoins. Au-delà de ces débats, les deux types de commutateurs semblent plus complémentaires que concurrents.
Le matériel phare de Ciena, par exemple, a un c?”ur de commutation électrique. Victor Mizrahi, Chief Scientist de la société, ne voit pas les avantages des commutateurs tout-optique, et estime que les questions de prix restent prépondérantes. “Les évolutions des produits seront guidées par les lois économiques, et non par ce qu’il est possible de faire techniquement.” Il pointe du doigt le problème de la surveillance des performances : “Avec du tout-optique, on construit un réseau complètement transparent, et la transparence est l’ennemie de la supervision, affirme-t-il. En supposant que ce problème soit résolu, il reste celui de la faible granularité”. Les opérateurs ont en effet besoin de gérer à la fois de gros et de petits flux. Même son de cloche, néanmoins un peu plus nuancé, chez Sycamore, qui utilise aussi un c?”ur de commutation électrique : “Convertir le signal sous forme électrique, c’est sûrement la façon de faire la plus économique aujourd’hui “, estime Desh Deshpande, président et fondateur du constructeur. “Dès que l’on veut séparer des signaux, il faut les convertir en électrique “, souligne-t-il. Il voit néanmoins les commutateurs tout-optique arriver concrètement sur le marché dans un an. Ces types de matériels évitent, eux, des étapes de transformation du signal. “L’intérêt de conserver un signal optique, c’est son insensibilité au débit : un rayon lumineux peut transporter du 2,4 Gbit/s, un autre du 10 Gbit/s, explique Eric Debiard, responsable des gammes de produits optiques pour l’Europe chez Lucent.
Plusieurs constructeurs sont bien engagés dans cette voie, avec différentes technologies. Le LambaRouter, de Lucent, utilise un système de micro-miroirs pour commuter la lumière. Nortel a, lui, racheté Xros, qui utilise le même principe. Agilent (anciennement HP) a opté pour une commutation à base de bulles. D’autres utilisent des cristaux, des systèmes thermiques (altération du coefficient de réfraction du verre), ou encore des lasers réglables. Difficile de dire dès à présent quelles technologies s’avéreront les mieux adaptées. Nortel a d’ailleurs annoncé le rachat de Coretek, spécialiste des lasers réglables, seulement une semaine après celui de Xros, en mars dernier. “Chaque solution présente des avantages et des inconvénients, souligne Eric Debiard. Par exemple, au niveau de la rapidité à modifier le signal, ou encore des pertes de signal, point faible des systèmes à base de cristaux liquides.”

Malgré tout, la plupart des constructeurs s’accordent sur le fait que les deux grandes catégories de matériels auront leur place – mais tout cela est encore du futur, les commutateurs optiques sortent tout juste des limbes. Les systèmes avec c?”ur électrique, permettant plus de granularité, sont adaptés à la bordure du réseau, plus près des clients. Les commutateurs tout-optique conviennent mieux aux grosses artères et aux opérateurs qui proposent leurs services à d’autres opérateurs.

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Annabelle Bouard