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ChatGPT franchit un cap « critique » : l’IA la plus redoutable jamais créée par OpenAI arrive « bientôt »

OpenAI a révélé qu’Astra, son futur modèle destiné à ChatGPT, a franchi pour la première fois le seuil « critique » lors d’une évaluation de sécurité. L’IA est capable de découvrir des failles inconnues et de monter seule des cyberattaques contre des systèmes protégés, sans intervention humaine. Assurant avoir pris une série de précautions, OpenAI a l’intention de lancer l’IA dans un avenir proche.

Un cap vient d’être franchi chez OpenAI. Le géant de l’intelligence artificielle révèle qu’Astra, le nouveau modèle de pointe appelé à animer ChatGPT, a atteint un seuil qualifié de « critique » lors d’une évaluation. C’est le niveau de risque le plus élevé. L’IA vient d’être en effet évaluée dans le cadre du « Preparedness Framework », le référentiel interne d’OpenAI qui mesure les risques posés par les intelligences artificielles génératives.

Mis en place dès décembre 2023, ce protocole est utilisé pour évaluer si un modèle d’IA présente des risques de dommages graves avant chaque lancement. Il évalue notamment l’IA dans trois domaines sensibles, à savoir la cybersécurité, les capacités biologiques et chimiques, et l’auto-amélioration. Il s’agit de la capacité de l’intelligence artificielle à accélérer son propre développement au point d’échapper au contrôle humain.

« C’est le premier modèle que nous désignons à ce niveau, ce qui exige des garde-fous renforcés durant le développement et avant la publication », déclare OpenAI dans son rapport.

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Failles zero day et cyberattaques autonomes

Concrètement, cela signifie qu’Astra peut « trouver des failles de sécurité jusque-là inconnues et développer des moyens de les exploiter dans de nombreux systèmes bien protégés, sans qu’une personne guide chaque étape », explique Amelia Glaese, vice-présidente de la recherche chez OpenAI. Pour atteindre le niveau critique du « Preparedness Framework », une IA doit pouvoir identifier et exploiter des failles zero-day dans des systèmes critiques en toute autonomie, ou orchestrer de bout en bout une attaque inédite contre une cible protégée. Comme l’explique OpenAI, Astra a rempli les deux critères lors des tests menés en interne.

Pendant les expérimentations, Astra a découvert et enchaîné deux vulnérabilités zero-day dans des logiciels. OpenAI précise être « en train de signaler » la situation aux responsables des logiciels concernés. Par ailleurs, le modèle est parvenu à s’échapper de l’environnement isolé d’un navigateur dans le but d’exécuter des commandes malveillantes sur un ordinateur. Ensuite, l’IA a réussi à s’octroyer les droits d’administrateur les plus élevés sur la machine. Au cours des différents essais, Astra s’est montré plus performant que son prédécesseur : GPT-5.6 Sol.

La start-up de Sam Altman précise qu’Astra a aussi fait des prouesses sur ExploitBench, un test de référence évaluant la capacité d’une IA à développer des méthodes d’exploitation à partir de vulnérabilités déjà connues. Dans le cadre de ce test, l’IA a obtenu un impressionnant score de 100 %.

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Une batterie de précautions

Face aux prouesses d’Astra, OpenAI a choisi de retarder et de restreindre la diffusion de sa nouvelle IA. Néanmoins, le modèle sera « bientôt » disponible. Sans surprise, le groupe américain a décidé que les fonctions de cybersécurité les plus avancées du modèle seront d’abord réservées à un groupe restreint de testeurs. Par la suite, les fonctions seront mises à disposition des membres du programme Daybreak, une plateforme entièrement dédiée à la protection des logiciels contre les cyberattaques avec l’aide de l’IA. L’accès au programme est strictement limité à des cabinets de conseil et à des éditeurs de cybersécurité approuvés.

« Astra était bien plus susceptible que GPT‑5.6 Sol de respecter des restrictions explicites de sécurité et de rester dans le cadre autorisé, ce qui en fait notre modèle le plus aligné à ce jour », souligne la start-up américaine.

Par ailleurs, OpenAI a mis en place une surveillance capable de stopper toute tâche suspecte, même sans lien avec la cybersécurité. L’entreprise admet que ce filtre peut aussi, par erreur, bloquer des usages légitimes. Le système de filtrage s’est avéré plutôt efficace lors des évaluations. En effet, Astra est parvenu à rejeter 91,5% des tentatives de contournement. OpenAI affirme aussi mieux surveiller la façon dont le modèle « réfléchit », pour repérer et arrêter rapidement toute action prise de la propre initiative de l’IA, sans que l’utilisateur le lui ait demandé.

« Nous pensons que ces capacités peuvent aider les défenseurs à trouver et corriger des failles graves, mais sans les garde-fous appropriés, elles pourraient aussi rendre les attaquants plus efficaces, et c’est ce scénario que nous cherchons à éviter », explique Fouad Matin, chercheur chez OpenAI.

Les suites du piratage de Hugging Face

Cette précaution particulière découle directement du piratage de Hugging Face, une plateforme d’IA open source. Cet été, plus de 700 modèles d’IA se sont mis à échanger, en toute autonomie, sur un forum clandestin. Par la suite, ils ont décidé de s’en prendre à Hugging Face afin de trouver les réponses d’une énigme de cybersécurité. Lors de l’incident, les modèles se sont concertés pour organiser la cyberattaque, sans qu’OpenAI ne se rende compte que quoi que ce soit.

OpenAI qualifie cet épisode d’« incident cyber sans précédent » et assure qu’Astra n’y était pas impliqué. L’entreprise affirme néanmoins que ses garde-fous actuels, testés après la cyberattaque, auraient permis d’empêcher cette intrusion. Dans la foulée de cet incident, OpenAI avait suspendu pendant deux semaines une partie de l’entraînement de ses modèles les plus avancés, dont Astra. Le principal entraînement a repris le 28 août 2026, aboutissant aux prouesses d’Astra.

En parallèle, OpenAI s’est joint à Google, Anthropic et plus de 100 entreprises pour exiger une « réponse mondiale » d’urgence aux cyberattaques IA. Dans une lettre, les signataires réclament trois mesures fortes pour endiguer les attaques informatiques assistées par IA. Ils souhaitent notamment prioriser la cyberdéfense en entreprise, financer la protection des infrastructures critiques et donner aux défenseurs un accès aux modèles d’IA les plus performants. La démarche doit surtout permettre de protéger les hôpitaux, réseaux d’eau et autres infrastructures essentielles.

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Florian Bayard