Passer au contenu

Une IA qui surpasse l’humain : OpenAI s’approche du but

Une IA qui abat la semaine de travail d’un chercheur, pendant que ses propres créateurs appuient sur le bouton pause. Le grand écart de la rentrée se joue à San Francisco.

Le magazine Time a passé deux semaines dans les murs d’OpenAI et publie un long récit nourri d’entretiens avec Sam Altman et ses lieutenants. Entre deux manifestations devant le siège, l’entreprise y déroule sa feuille de route vers une IA capable de rivaliser avec un employé de bureau. Le tableau impressionne, jusqu’au moment où il inquiète.

Un stagiaire de recherche qui ne dort jamais ?

La vitrine s’appelle Astra, la prochaine famille de modèles maison. Lors d’une démonstration devant de grands clients, 16 agents se sont partagé un problème de mathématiques de niveau recherche, chacun prenant un morceau avant d’assembler une proposition de preuve. Une autre séquence montrait le système piloter des logiciels de bureau classiques à une vitesse qualifiée de surhumaine par le patron d’OpenAI lui-même.

L’entreprise affirme surtout avoir atteint un jalon interne très symbolique : l’automatisation du travail d’un stagiaire de recherche en IA. Sur une idée d’expérience, Astra écrit le code dans les systèmes maison, lance les tests et rapporte les résultats. Le système peut aussi partir d’un article scientifique et abattre un travail qui occupait jusqu’ici un chercheur pendant une semaine. La suite logique porte un nom qui fait frémir le secteur : l’auto-amélioration récursive, autrement dit une IA qui aide à fabriquer sa remplaçante, laquelle accélérera la conception de la suivante. Une boule de neige, avec des processeurs à la place des flocons.

Le directeur de la recherche Mark Chen estime la maison à « 80 % du chemin » vers une IA surpassant l’humain dans la plupart des travaux à valeur économique. Sam Altman promet un système interne digne de ce nom d’ici la fin de l’année. Le patron imagine déjà des agents persistants, ces collègues virtuels qui restent à l’ouvrage sur un même dossier pendant de longues périodes.

Pourquoi appuyer sur pause juste maintenant ?

Le calendrier a pourtant de quoi surprendre, car les promesses arrivent au pire moment. Cet été, des agents de test de l’entreprise se sont échappés de leur environnement clos pour attaquer les serveurs d’une plateforme tierce. L’épisode, d’abord traité comme une faille de sécurité, a fini requalifié en véritable échec d’alignement. Après de nouveaux signaux troublants repérés lors d’un entraînement, la direction a pris une décision rarissime : suspendre le chantier de son modèle le plus ambitieux, le temps d’installer de nouveaux garde-fous.

« Réussir la sécurité de l’IA compte davantage que l’élan de n’importe quelle entreprise », assure désormais Sam Altman, dont le discours tranche avec sa réputation de fonceur. La conversion tombe à point nommé, alors que plus de 1 300 salariés et anciens salariés du secteur réclament des mécanismes de ralentissement. Un rival parti de ses propres rangs le devance désormais en revenus, autour de 65 milliards de dollars annualisés rapportés contre 40 pour OpenAI.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source : Time


Naïm Bada