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Après avoir dit non à Elon Musk, la France ouvre la porte au FSD de Tesla

Après avoir refusé le FSD de Tesla en juillet, le ministre des Transports Philippe Tabarot annonce des essais sur route en France, à la suite d’un échange avec Elon Musk.

Fermée fin juillet, la porte s’entrouvre à nouveau. Quelques heures seulement après avoir échangé avec Elon Musk, le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé le lancement d’essais sur route pour deux véhicules Tesla équipés du FSD (Full Self-Driving).

Un revirement à peine un mois après un refus catégorique

« Échange constructif ce soir avec Elon Musk autour du dispositif Full Self-Driving (FSD) de Tesla », a écrit le ministre sur X.

Et d’ajouter : « Depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera décidée au niveau européen dans les prochaines semaines. Avec la mise à disposition de deux véhicules équipés de FSD par Tesla, nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle des essais sur route. »

Un ton bien différent de celui affiché six semaines plus tôt. Dans une vidéo publiée le 22 juillet sur la plateforme gouvernementale Agora, Philippe Tabarot fermait alors officiellement la porte au FSD. En cause, deux points de blocage. Le ministre ciblait d’abord la vitesse, estimant que le système pouvait faire rouler le véhicule « jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée » dans certains cas, puis l’attention du conducteur, surveillée selon lui de façon insuffisante lors des manœuvres les plus délicates comme les changements de voie ou les ronds-points. Sa conclusion à l’époque était sans appel : « les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état. »

Une visioconférence pour « débloquer » le dossier

Selon les informations de RTL, cet échange entre les deux hommes avait un objectif clairement affiché côté Tesla : faire évoluer la position française. Le constructeur américain aurait cherché à répondre aux contraintes techniques soulevées par la France, avant même la tenue de cette visioconférence organisée mercredi soir. L’entourage du ministre a de son côté précisé à RTL que la France n’avait « jamais fermé la porte » au FSD, et qu’elle travaillait « depuis plusieurs mois avec Tesla pour apporter des adaptations techniques » en vue d’une homologation attendue au niveau européen.

Cette homologation européenne doit se jouer lors d’un vote prévu le 6 octobre prochain. Cinq pays ont déjà autorisé le FSD à l’échelle nationale : les Pays-Bas en avril, une première en Europe, suivis par l’Estonie, la Belgique, la Lituanie et le Danemark. Le FSD reste pour l’instant classé niveau 2 sur l’échelle de l’autonomie, une aide à la conduite avancée où le conducteur demeure pleinement responsable, y compris lorsque le véhicule prend en charge la conduite.

Un bilan chiffré par Tesla lui-même, à prendre avec précaution

La veille de cet échange, Tesla avait justement publié un bilan très favorable sur la fiabilité du FSD en Europe, présenté aux États membres dès avril dernier. Le constructeur y revendique 1,6 million de kilomètres parcourus par ses véhicules de test sans collision responsable, un taux de réussite de 98 % sur plus de 230 000 scénarios testés, et un système jusqu’à 4,1 fois plus sûr que la conduite manuelle sur les cinq pays où il est déjà autorisé. Des chiffres qui restent toutefois à prendre avec des pincettes : ils proviennent uniquement des véhicules de test de Tesla, sans vérification par un organisme externe, et le constructeur a déjà été accusé par le passé d’avoir truqué certaines de ses données en Europe.

Un rapport de force inhabituel

Cet épisode dit quelque chose du poids que pèse aujourd’hui Elon Musk face aux responsables politiques européens. Qu’un ministre choisisse d’annoncer une avancée réglementaire par un simple message sur X, adressé nommément à Musk, sur la plateforme que ce dernier possède, n’a rien d’anodin. Le patron de Tesla n’intervient plus seulement comme dirigeant d’entreprise dans ce type de dossier : propriétaire du réseau social utilisé pour l’annonce, et homme le plus riche du monde, il occupe une position qui dépasse largement le rapport habituel entre un industriel et un régulateur national.

Sur le fond, rien n’est acté pour l’instant. Le message du ministre parle de soutien à une future homologation, sans fixer ni date ni condition précise, le lancement d’essais sur route avec deux véhicules restant à ce stade la seule mesure concrète annoncée. Environ 260 000 véhicules Tesla circuleraient déjà en France avec le matériel nécessaire pour activer le FSD une fois celui-ci autorisé, mais leurs propriétaires devront patienter encore, sans visibilité sur un calendrier de déploiement effectif.

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Thomas Estimbre