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Comment développer le livre numérique en France ? [MAJ]

Le Centre d'analyse stratégique, le service du Premier ministre chargé de faire des préconisations stratégiques au Gouvernement, présente ses propositions pour développer le livre numérique en France.

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Mise à jour du 20 mars 2012

Croyez-vous au livre numérique ? Est-ce que les ventes d'ebooks ont décollé ? Attendez-vous une aide de l'Etat ? Nous avons demandé leur avis aux professionnels du livre (éditeurs, auteurs, libraires) lors de la soirée d'inauguration du Salon du livre 2012.

Retrouvez la vidéo au bas de cette page

Première édition du 19 mars 2012
Alors que le Salon du livre ferme ses portes aujourd’hui, le constat est flagrant : le livre numérique n’a pas décollé en France. Il représente à peine 1 % des ventes de livres (60 000 titres numériques sur 650 000 titres au format papier disponibles) contre 10 % en Grande-Bretagne et 15 % aux Etats-Unis.
C’est à partir de ce constat que le Centre d’analyse stratégique (CAS), le service du Premier ministre chargé de définir des orientations stratégiques qui préfigurent les réformes gouvernementales, a présenté aujourd’hui ses propositions pour développer le livre numérique en France. Il a pour cela auditionné plus d’une vingtaine de spécialistes de la question comme le PDG de la Fnac, des responsables d’Amazon, le président de la Bibliothèque nationale de France ou des chercheurs.

Vers des livres numériques moins chers

Les deux principaux freins au décollage du livre numérique en France sont l’offre insuffisante de livres en français et leur prix trop élevé par rapport à leur équivalent papier. Pour ce faire le CAS propose une concertation avec les éditeurs en vue de fixer un taux limite de remise par rapport au livre papier. Avec le développement du numérique, beaucoup d’éditeurs craignent une baisse incontrôlée du prix du livre. Ils hésitent à vendre des livres numériques 20 à 30 % moins chers que leur équivalent papier. « Or le public attend des baisses encore plus conséquentes, de l’ordre de 40 à 50 % », avoue Vincent Chriqui, directeur général du Centre d’analyse stratégique.
La production d’un livre numérique coûte environ 30 % de moins qu’un livre papier avec une suppression des frais d’impression, de papier, de stockage et d’expédition. Pour autant avertit le CAS, le coût de développement d’un livre numérique ne doit pas être sous-estimé : conversion dans les différents formats de fichier existants, structuration des données (liens pour table des matières, appels de notes, liens hypertextes…), relecture et vérification de la conformité du fichier de sortie avec l’original, sans oublier la protection DRM pour limiter la duplication.

Vers une plus vaste offre de livres numériques en français

Seulement une nouveauté sur cinq sort en format numérique (un sur trois dans le cas des best-sellers). Pour favoriser l’augmentation du nombre de livres numériques en français, le CAS propose de réunir éditeurs et distributeurs de livres numériques pour avoir une vraie interopérabilité des fichiers entre les différents modèles de tablettes et de liseuses. Il existe trop de formats de fichiers différents. Par exemple, le Kindle d’Amazon gère les fichiers azw mais pas les epub. Vincent Chriqui ajoute : « il est certes possible de convertir un format dans un autre, mais ce n’est pas simple. »
L’autre mesure pour favoriser l’offre est d’avoir une seule plateforme de vente de livres numériques en France contre quatre aujourd’hui (Amazon a environ 60 % du marché de la vente de livres en France contre 30 % pour Fnac.com et 10 % les autres acteurs). Les libraires et les lecteurs s’y perdent, ce qui ne peut que favoriser Amazon qui dispose actuellement de l’offre la plus riche.

Opération : sauver les libraires

Le développement du livre numérique ne doit pas se faire au détriment de librairies traditionnelles. Selon le CAS, les librairies ont une rentabilité très faible (entre 0,6 et 2 %) ce qui les empêche d’investir et les fragilisent vis-à-vis de l’essor des ventes de livres sur Internet. C’est pour cela que le CAS préconise de soutenir les libraires traditionnels pour qu’ils vendent à la fois en magasin et sur le Web, en favorisant la mutualisation des ressources pour développer une offre en ligne. Le CAS propose aussi que les librairies puissent commercialiser à des conditions avantageuses les œuvres du patrimoine numérisées de la BNF, notamment les ouvrages indisponibles au format papier et qui coûteraient trop cher à réimprimer en petites éditions, mais qui seraient rentables en version numérique. Cela représenterait environ 500 000 titres.
Toutes ces mesures qui relèvent souvent du bon sens seront présentées au Gouvernement. Mais en cette année électorale, on imagine mal que des mesures soient prises rapidement. Tandis que le Centre d’analyse stratégique fait des préconisations, les géants du Net, comme Amazon, Google, Apple, continuent d’avancer à grands pas à la fois dans la technologie des liseuses et des tablettes, et dans le développement de leurs plateformes respectives de ventes de livres accessibles depuis un ordinateur, une liseuse, une tablette ou un smartphone.
De leur côté, les éditeurs français n’ont pas su retenir les leçons de l’industrie du disque, malmenée par la révolution MP3. Le seul acteur qui aurait pu agir était la Fnac, suffisamment puissante dans le monde de l’édition. Elle a raté le coche d’être l’Amazon français en faisant pression sur les éditeurs pour imposer une baisse des prix et une renégociation entre les auteurs et éditeurs pour numériser les œuvres. Au final, est-ce que la France pourra rattraper son retard en matière d’édition numérique ? Rien n’est moins sûr.
Retrouvez les trois Notes d'analyse (n°270, 271 et 272) du Centre d'analyse stratégique sur www.strategie.gouv.fr.

Quel est l'avis des professionnels du livre ?

Croyez-vous au livre numérique ? Est-ce que les ventes d'ebooks ont décollé ? Attendez-vous une aide de l'Etat ? Nous avons demandé leur avis aux professionnels du livre (éditeurs, auteurs, libraires) lors de la soirée d'inauguration du Salon du livre 2012.
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Papier moins cher !

de ZeGuigui , posté le 19 mars 2012 à 18h26
Adepte du livre électronique le prix est pour moi le principal frein. Certains éditeurs ne jouent pas le jeu et sortent des versions électroniques certes moins chères que la version papier "standard"... mais plus onéreuse que la version poche !

Quant aux DRM les éditeurs font ce qu'ils veulent, mais aucun n'est infaillible et d'autre part ça n'enraille pas le piratage, au contraire, ça énerve uniquement les utilisateurs légitimes ! Dans le monde de la musique ils l'ont compris mais trop tard... aux éditeurs de voir s'ils veulent faire la même bêtise !

Je serais aussi pour que les éditeurs favorisent le prêt de livres électroniques en bibliothèque. Via des DRM c'est tout à fait faisable et c'est la seule utilisation légitime que je vois à ces verrous numériques.
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Acheter, c'est voter

de Jeanne_C , posté le 11 juin 2012 à 16h35
Alors il faut favoriser les éditeurs qui éditent sans DRM et essaient de proposer des petits prix sans pour autant sous-rémunérer les auteurs ! Si, si, ça existe ! Faites passer le mot : http://www.facebook.com/notes/%C3%A9ditions-l%C3%A1ska/%C3%A9diteurs-contre-l(...)
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Durable ?

de Photo73 , posté le 19 mars 2012 à 19h07
Mon avis sur le livre électronique est que c'est du consommable. On achète, lit, relit peut-être puis jette pour utiliser l'espace pour un autre bouquin. Avec un prix élevé, la durée d'usage ne sera pas éternelle, c'est donc gênant. Dans dix ou vingt ans, j'ai envie de relire ce que je vais acheter demain. Possible ?? Non, argent perdu. Liseuse cassée, je rachète le fichier protégé ? Combien de fois faudra-t-il le racheter ? On peut le sauvegarder sur disque/CD ? Format pérenne ?
Si c'est du consommable, fichier protégé valable un an, e-livre à 1€, et on fait tourner. Ceux qui ne lisaient pas ne liront pas plus, mais bon.
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Consommable

de Pasdetravail22 , posté le 20 mars 2012 à 09h47
Entièrement d'accord avec Photo73. Ces livres là n'ont aucune valeur. Ils s'achètent et ils se jettent.
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Inexact en théorie

de nbek , posté le 20 mars 2012 à 14h38
Les livres achetés sont stockés sur votre compte sur les serveurs de votre libraire virtuel et donc téléchargeables à volonté. Donc, en théorie, ils sont disponibles à vie.

Après, je reconnais d'autres problèmes (DRM, compatibilité avec une future liseuse...). Mais bon, l'effacer de sa liseuse ne signifie pas qu'on ne pourra plus jamais y accéder.
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Trop cher

de Ardesco , posté le 19 mars 2012 à 19h35
J'ai une liseuse parce que je suis curieux de la nouveauté, mais également par gain de place. Tous les lecteurs savent que la place est limitée dans une bibliothèque.
Par contre je trouve les livres trop chers. Avec l'achat d'une édition papier, environ 4 à 5 personnes vont lire mon livre. Là, je ne peux pas le prêter ! Et je ne trouve pas les nouveautés. Ni les livres régionaux (mais ça, on s'en doutait :)
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Les lecteurs du numérique sont-ils là ?

de tibibou , posté le 19 mars 2012 à 21h13
Mon épouse vient de sortir un roman de fantasy "Aila et la magie des fées" en format numérique uniquement, chez UPblisher (sous tous les formats).
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les livres numériques ont aussi du mal à trouver les lecteurs (et vice-versa) ; le 1% de l'article ci-dessus y est certainement pour quelque chose.
L'autre raison est bien le prix et 10 € représente bien un maximum, comme Amazon l'avait fixé aux Etats-Unis (9,99 $).
Quant aux DRM, Apple les a supprimés en 2009 sur les disques. Inutile d'ennuyer les gens honnêtes.
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Je confirme

de nbek , posté le 20 mars 2012 à 14h45
Je viens de tenter ma chance aussi avec un roman et je m'attendais à plus de ventes même si je ne prétendais pas non plus figurer parmi le haut du classement.
Sans publicité, c'est très dur de percer.
Bon courage à votre femme en tout cas.
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Cible judicieuse?

de mjjones , posté le 20 mars 2012 à 19h40
Votre témoignage m'intriguait. Suis donc allée voir upblisher.com. Constate que son oeuvre figure non seulement en une mais est également mentionnée comme leader sur le plan des ventes. Si elle est déçue des résultats, qu'en doit-il être des autres.
Sté au capital de 80'000 euros qui n'a pas les moyens de financer la promotion même de 5% des titres listés.
La singularité de son offre par rapport à Amazon: e-salon pour discussions entre auteurs et lecteurs. On s'attendrait donc à voir en une cet aspect mis en avant avec un calendrier des prochaines discussions online et des arguments pour attirer les lecteurs et faire un peu de mousse autour de chaque auteur. Rien de tout ça.
Suis ensuite allée voir les stats: 7388e site français, 235'000 visites par mois environ dont 33% sur une seule page, en majorité des femmes sans enfants de 18 à 24 ans avec niveau d'études élevé. Si ça n'est pas votre cible, on peut avoir des doutes que vous y puissiez y faire des ventes...
Quel avantage à vos yeux par rapport à Amazon qui prend 30% du CA généré? Upblisher fait-il payer à l'auteur la publication et mise en forme de son livre ou prend-il simplement une marge sur les ventes?
P.S. ne suis pas un éditeur qui vient espionner...
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Cible judicieuse

de tibibou , posté le 20 mars 2012 à 21h24
@mjjones,
Un grand merci pour avoir pris le temps de me lire et de mener votre enquête.
Etant donné que les éditeurs papiers n'ont pas accepté le manuscrit, il fallait bien trouver un autre moyen. Les sociétés qui publient (UPblisher, Chemin de traverse...) ne sont pas légion.
UPblisher est transparent quant à son fonctionnement, c'est une plate-forme de mise à disposition de livre numérique et demande 220 € pour la conversion du fichier en format epub, mobipocket et pdf. Ils font ensuite un travail de promotion (nous sommes dedans) avec leur fichier client, les réseaux sociaux et blogs/forums qui pourraient être intéressés.
Quant à la cible du livre, amateurs de fantasy de 13 à ... ans, nous ne pouvons prendre que ce que l'éditeur nous offre et essayer de propager le livre électronique par la viralité.
Qui sait, la magie de la fantasy...
@nbek : merci bien (nous en avons besoin).
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Merci de votre réponse

de mjjones , posté le 22 mars 2012 à 09h32
Merci de vos précisions et souhaite que ce livre trouve beaucoup de lecteurs.
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Des chiffres US

de mjjones , posté le 22 mars 2012 à 22h06
Courage, ça va venir avec l'essor des tablettes.
Les chiffres de l'écrivain américain Joe Konrath:
Son premier livre a été publié par Hachette US qui lui a donné 20'000 dollars d'avance et lui a rapporté 60'000 dollars en 2 ans (uniquement 2 promos d'une semaine sur l'ebook qui ont multiplié les ventes par 10 mais n'ont pas été utilisées avec plus de fréquence).

Hachette lui a refusé ses deux livres suivants qu'il a autopubliés et lui ont rapporté 170'000 dollars en 1 an.
Les Américains créent ou font créer leurs livres électroniques eux-mêmes et les mettent simultanément sur Amazon, Barnes & Noble, Sony, Apple, Kobo et Smashwords.

La promo d'Afraid publié par Hachette:

"I personally visited 200 bookstores in 19 states to promote AFRAID.

Hachette took out a small one-off ad in USA Today.

I did a blog tour, posting new content on 100 blogs in 30 days.

Hachette sent out some galleys.

I sent out a newsletter to 10,000 people on my mailing list.

Does Hachette even have a mailing list?"

Si vous faites de l'autopublication et si vous lisez l'anglais, c'est un blog à lire absolument.
http://jakonrath.blogspot.com/2011/12/eisler-konrath-vs-hachette.html
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