Ce sont principalement les associations militantes qui allèguent de la nocivité de la téléphonie mobile (1). Elles arguent de certaines études sans avoir la compétence scientifique qui permettrait de les mettre en perspective parmi les milliers qui existent. Elles ne cherchent pas tant à ouvrir le débat qu'à essayer de le fermer en martelant ce qu'elle pensent être des arguments "définitifs", par exemple l'autoproclamé "rapport Bioinitiative" ou encore la cassure des brins d'ADN etc... Or ce fameux rapport est en réalité controversé, on lui reproche sa sélectivité et son contexte, il est issu de l'initiative personnelle de madame Cindy Sage, une consultante américaine qui vend de la sécurité et qui a tout intérêt à présenter les choses de manière catastrophiste (curieusement aucun journaliste ne semble s'être posé la question de savoir d'où sort ce fameux rapport ?) Servan Schreiber nous a aussi fait un joli coup marketing, et tout le monde a fait le faux-cul et mine d'approuver son initiative (très bio)de peur d'être aussitôt diabolisé par ces associations ! Lire à ce propos l'article de Marianne du 21/27 juin "le catastrophisme, ca peut rapporter gros"
Pour ce qui est des cassures de brins d'ADN (que cite Bioinitiative) le magazine Der Spiegel du 26 mai 2008 a révélé un scandale : les études réalisées sur plusieurs années à l'université de Vienne ont été falsifiées par une laborantine de l'université jetant ainsi le discrédit sur les travaux de Hugo Rutiger et Franz Adlkofer. Tout est à refaire!
Il vaut mieux se fier au jugement de scientifiques à la fois non militants (le Dr carlo est un militant) et surtout compétents tels ceux du CIRC de Lyon qui dirigent l'étude "Interphone", Elisabeth Cardis et Martine Hours. En attendant tout le monde répète les bêtises qui traînent un peu partout avec la rumeur, le web, la presse (qui recycle tout) etc... Le tout à des années lumière d'un monde scientifique très peu porté sur la com.
La téléphonie mobile est aussi un phénomène social qui se developpe de manière indépendante du problème de la santé et des radiofréquences.
1) lire à ce sujet le chapitre "les techno-peurs" page 45 à 84 du livre "De source sure" Payot 2002 des sociologues Véronique Campion Vincent et Jean-Bruno Renard.
PS : pour l'actualité lire le dernier Numéro de "Science et pseudo-Sciences" N° 282 juillet 2008. En couverture : "PANIQUE ONDULATOIRE DANS LES MEDIAS"
http://www.pseudo-sciences.org/spip.p(...)
L'éditorial est en ligne mais pas les articles pour l'instant.