












01net. : Entre cette année et l’an dernier, où vous étiez déjà présent au MidemNet, avez-vous noté des changements ?
Martin Blomkvist : Oui. L’an dernier, c’était beaucoup plus prospectif. Beaucoup de discussions sur les technologies. Les DRM n’étaient pas un sujet de débat, c’était juste censé être comme ça et pas autrement. Cette année, on entend ouvertement que les DRM ne sont pas nécessaires, en tout cas pas comme elles sont utilisées actuellement. L’enjeu est de satisfaire le consommateur, or on lui complique la vie.
Et dans vos discussions avec les maisons de disques ?
Ce qui a changé, c’est que, par le passé, tout allait bien du moment que vous payiez le prix qu’elles demandaient. Maintenant, elles sont plus ouvertes à la discussion. Cela dit, certaines majors essaient d’imposer des coûts supplémentaires. Comme le fait Universal Music avec Microsoft pour Zune : en plus de ce qu’il doit reverser pour chaque titre téléchargé, Microsoft donne un dollar par baladeur vendu à Universal. C’est un modèle économique très étrange. Au bout du compte, cela va pénaliser le consommateur.
Mais, sur ce marché, les maisons de disques mènent-elles le jeu ?
Elles ont encore un grand rôle. Ce sont elles qui jettent les bases, qui posent des limites. Mais les vrais moteurs sont les gens comme nous, les constructeurs. D’une certaine manière, l’industrie du disque est un frein au développement : elle a les droits des enregistrements, ce qui veut dire qu’elle a toute la liberté de dire “ non ” si elle n’aime pas nos propositions. Elle a beaucoup de pouvoir, mais ce n’est pas elle qui fait avancer le marché.
Qu’attendez-vous du Midem ?
On a commencé dans la musique numérique en août 2005 avec le lancement du W800. Depuis, on a dix modèles de baladeurs mobiles sur le marché, on en a vendu 20 millions. Nous avons un service intégré en collaboration avec Gracenotes, appelé Track ID [application de reconnaissance de fichiers musicaux, NDLR]. Nous avons notre service de téléchargement Playnow. Et nous avons quelque chose d'unique, M-Buzz [qui fait partie de Playnow, NDLR], qui s'adresse aux artistes, surtout s’ils sont inconnus, s’ils n’ont pas de contrat de maison disques. Nos 20 millions de mobiles vendus, c'est comme une immense scène pour eux. On leur donne un accès au marché. En étant présents au MidemNet, nous voulons faire savoir que nous connaissons cette activité de la musique. Et nous voudrions discuter de M-Buzz avec des artistes détenteurs de leurs droits. Ils sont plus que les bienvenus. Nous pouvons les distribuer de la manière qu’ils souhaitent, qu’ils aient envie de donner, de vendre, d’être accessibles en streaming, en téléchargement… On a signé avec deux ou trois déjà.
















