La OnePlus Pad Go 2 arrive sur le marché deux ans après la première itération, avec la lourde tâche de corriger les défauts de jeunesse de son aînée. Positionnée comme une alternative plus abordable à la OnePlus Pad 3 (le modèle haut de gamme), cette tablette vise un public large, allant des étudiants cherchant un outil de prise de notes aux amateurs de streaming vidéo.
L’appareil se place dans un segment où l’on retrouve des modèles comme la Samsung Galaxy Tab A11+ ou la Lenovo Idea Tab Pro. Plutôt que de miser sur la puissance brute, OnePlus semble ici privilégier l’équilibre général, en augmentant la taille de l’écran et la capacité de la batterie.
Cependant, sur ce segment tarifaire, chaque choix technique implique un compromis. La question est de savoir si OnePlus a fait les bons sacrifices pour offrir un produit équilibré. Au-delà de la fiche technique, c’est l’expérience réelle au quotidien qui doit primer. Cette Pad Go 2 a-t-elle les épaules pour devenir la nouvelle référence du rapport qualité-prix des tablettes Android ? C’est ce que nous allons voir dans ce test.
Prix et disponibilité
La OnePlus Pad Go 2 est disponible en France avec un tarif de départ fixé à 349 € pour la configuration standard. Celle-ci embarque une connectivité Wi-Fi, 8 Go de mémoire vive et 128 Go de stockage interne.
Une déclinaison compatible 5G est également proposée à 399 € pour ceux nécessitant une connexion mobile en déplacement. Cette version voit également son stockage augmenter à 256 Go.
Côté esthétique, la marque propose deux finitions : un coloris Shadow Black très sobre et une teinte plus distinctive nommée Lavender Drift ». La tablette est compatible avec les stylets, et OnePlus propose la nouvelle version du sien, le Pad Go 2 Stylo, au prix de 79 €. Malheureusement, aucun clavier officiel n’est prévu, une simple coque rabattable « Folio Case » est proposée à 40 euros.
Design : une conception maîtrisée
La OnePlus Pad Go 2 affiche une montée en gamme visible par rapport à la première génération. Le design général abandonne le dos bicolore pour une finition mate uniforme, plus sobre et moderne. La tablette adopte des tranches plates en métal qui renforcent la sensation de solidité lors de la prise en main, rapprochant visuellement ce modèle de milieu de gamme des standards du segment supérieur.

En matière de gabarit, la tablette prend un peu d’embonpoint pour accommoder son nouvel écran. Elle affiche des dimensions de 266,02 x 192,77 x 6,83 mm pour un poids de 597 g en version Wi-Fi (et 599 g pour le modèle 5G). Bien que plus lourde que sa devancière, elle reste agréable à manipuler grâce à une répartition des masses bien équilibrée. Les bordures d’écran ont été affinées, permettant à la dalle d’occuper près de 86,1 % de la face avant, offrant une immersion visuelle convaincante sans gêner la préhension.

L’une des grandes forces de ce design réside dans le choix du ratio d’écran 7:5. Contrairement au 16:9 ou au 16:10 souvent privilégiés pour la vidéo, ce format plus carré se rapproche de celui d’une feuille de papier A4. C’est un véritable atout pour la consultation de documents, la navigation sur le web ou la lecture de magazines numériques, rendant l’usage aussi pertinent en mode paysage qu’en mode portrait.

Cependant, la conception n’est pas exempte de défauts mineurs. Le revêtement arrière, bien qu’élégant, s’avère être un véritable aimant à traces de doigts, et nécessite donc un nettoyage régulier pour conserver son aspect immaculé. De plus, l’intégration du module photo arrière, centré en haut de l’appareil (tenu à l’horizontale), crée une légère protubérance qui peut rendre la tablette instable lorsqu’elle est posée à plat sur une table sans coque de protection.

Enfin, il faut noter deux absences notables dans la conception. La première est celle d’un lecteur d’empreintes digitales, la sécurité biométrique reposant uniquement sur la reconnaissance faciale via la caméra avant. La seconde est l’absence de certification IP officielle (étanchéité à l’eau et à la poussière), un point sur lequel certains concurrents comme Samsung font mieux. La connectivité physique se limite à un port USB-C et, heureusement, à un lecteur de carte microSD pour étendre le stockage.
La OnePlus Pad Go 2 offre une construction sérieuse et un format 7:5 très séduisant, malgré quelques impasses liées à son positionnement tarifaire.
Écran : l’attraction phare de la tablette
OnePlus a opté pour une dalle LCD IPS de 12,1 pouces, offrant une définition confortable de 2800 x 1980 pixels. Cette définition, qualifiée de « 2,8K », assure une densité de pixels de 284 ppp. À l’usage, cela se traduit par une finesse d’affichage très appréciable : les textes sont parfaitement lissés et les icônes ne présentent aucun effet d’escalier, rendant la lecture prolongée très confortable.

Selon nos mesures au 01lab avec le logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays, côté luminosité, la Pad Go 2 surprend agréablement. La marque annonce un pic à 900 cd/m², et les mesures techniques confirment cette bonne tenue avec une valeur relevée de 825 cd/m². C’est un score élevé pour une tablette de milieu de gamme, qui permet d’utiliser l’appareil dans des environnements très éclairés. Cependant, ce point fort est nuancé par une brillance assez élevée (99 GU), ce qui signifie que la dalle agit un peu comme un miroir, surtout en extérieur.
La gestion des couleurs varie grandement selon le profil choisi. En sortie de boîte, le mode « Vif » (par défaut) cible l’espace P3. Si la fidélité des couleurs y est correcte (Delta E de 1,7), le rendu sRGB est faussé (Delta E de 3,5) et les gris manquent de justesse (Delta E de 2,6). On note surtout un gamma trop élevé (2,37) qui a tendance à boucher les zones sombres, une dérive importante sur le bleu primaire (5,8) et une balance des blancs trop froide à 6824 K.
Pour obtenir l’image la plus fidèle, nous vous recommandons de basculer sur le mode « Naturel », sans toucher à la balance des blancs. Ce profil, orienté sRGB, offre une colorimétrie exemplaire avec un Delta E qui chute à 1,1 et une température de couleur de 6374 K, très proche de la norme idéale. Si la dérive sur le bleu et le gamma élevé (2,4) persistent, c’est le réglage le plus équilibré pour profiter de vos contenus.
La fluidité est assurée par un taux de rafraîchissement adaptatif pouvant monter jusqu’à 120 Hz. Le système ajuste intelligemment la fréquence (30, 48, 50, 60, 90 ou 120 Hz) selon le contenu affiché pour économiser l’énergie. La navigation dans les menus et le défilement des pages web sont fluides. Le contraste, mesuré à 1466:1, est correct pour du LCD mais ne peut rivaliser avec les noirs profonds de l’OLED.
C’est un excellent écran LCD qui, une fois bien calibré, offre une image juste, lumineuse et fluide. La compatibilité Dolby Vision est la cerise sur le gâteau pour les amateurs de streaming.
Performances : juste assez pour un usage polyvalent
OnePlus a troqué la puce Helio G99 du modèle précédent pour un SoC MediaTek Dimensity 7300 Ultra bien plus rapide gravé en 4 nm, et épaulé par 8 Go de RAM. Le stockage, en UFS 3.1, est extensible via un port microSD, un bon point pour la longévité. Au quotidien, la tablette se montre véloce et gère le multitâche bien mieux que son aînée.

Les benchmarks la placent légèrement en retrait face à une Lenovo Idea Tab Pro ou une Redmi Pad 2 Pro. Cependant, la gestion thermique est excellente, avec une température maximale qui ne dépasse pas les 31 degrés. Le processeur ne chauffe que très peu et maintient donc ses performances sur la durée (stabilité de 99,3 % sur les tests de stress), là où des concurrents plus puissants tendent à brider leur vitesse rapidement.
Pour le jeu vidéo, le GPU Mali-G615 MC2 assure l’essentiel sans faire de miracles. Il permet de jouer confortablement (environ 60 i/s sur des niveaux de détails modestes). Ne visez cependant pas les titres 3D les plus gourmands en qualité maximale. La connectivité est moderne avec le support du Wi-Fi 6, qui assure des débits rapides et stables, et du Bluetooth 5.4 pour les accessoires audio ou les périphériques de saisie.
La Pad Go 2 n’est pas un monstre de puissance brute, mais offre des performances stables et fiables pour tous les usages familiaux et la productivité légère.
Batterie et recharge : une nouvelle référence d’autonomie
L’autonomie est l’un des points forts indiscutables de ce modèle. La batterie passe à une capacité de 10 050 mAh (contre 8000 mAh auparavant). Les résultats sont, sans surprise, impressionnants : nos mesures indiquent une endurance de 14 heures et 37 minutes avec notre protocole, dépassant largement la concurrence.

La recharge s’effectue à une puissance maximale de 33 W, mais il faudra acheter un adaptateur secteur séparément. Il faut compter environ 2 h 45 min pour un cycle complet de 0 à 100 % (et 10 minutes pour 17%). C’est un peu lent au regard des standards actuels de la marque, mais cohérent avec l’immense capacité de l’accumulateur. La tablette propose aussi la charge inversée pour dépanner un autre appareil, de quoi la transformer en batterie externe géante.
On est donc face à une tablette à l’autonomie très solide, qui ne devrait pas avoir besoin d’être rechargée tous les jours. C’est un excellent point, surtout que la recharge rapide n’est pas si rapide que ça.
Logiciel : un suivi de mises à jour étendu
La OnePlus Pad Go 2 tourne sous Android 16 habillé de la surcouche maison OxygenOS 16. L’interface est épurée, fluide et dépourvue de publicités intrusives. OnePlus a fait un réel effort pour adapter son logiciel au grand format : la barre des tâches persistante permet de lancer rapidement ses applications favorites et de basculer de l’une à l’autre sans repasser par l’accueil.

La fonction « Open Canvas » permet de gérer le multitâche de manière intuitive, en affichant plusieurs applications en écran scindé ou en fenêtres flottantes que l’on peut « pousser » hors de l’écran et rappeler d’un geste. C’est fluide et cela rend le travail sur tablette bien plus concret. L’écosystème est aussi à l’honneur avec O+ Connect, qui permet de partager le presse-papier, les photos ou de faire du mirroring d’écran avec les smartphones de la marque.
L’intelligence artificielle n’est pas oubliée, avec des outils intégrés pour résumer des notes vocales, réécrire des textes ou effacer des éléments indésirables sur une photo. Ces ajouts, bien que parfois gadgets, s’intègrent bien aux applications natives de notes et d’enregistrement.
Mais l’argument massue est le suivi logiciel : OnePlus promet 5 années de mises à jour majeures Android et 6 années de correctifs de sécurité. C’est un engagement exceptionnel à ce niveau de prix, de quoi garantir que la tablette restera à jour et sécurisée pendant très longtemps. Seuls quelques concurrents comme Samsung et ses 7 ans de suivi font mieux.
L’expérience logicielle est une franche réussite, alliant fluidité, fonctionnalités pensées pour le grand écran et une longévité rare sur le marché Android.
Audio : un son de bonne qualité
La partie sonore est assurée par quatre haut-parleurs. Le système « Omnibearing Sound Field » adapte la stéréo selon que vous tenez la tablette en portrait ou en paysage. La puissance est au rendez-vous et le son est équilibré.

On note toutefois la disparition de la certification Dolby Atmos, présente sur le modèle précédent. Si cela peut sembler être un recul sur le papier, le rendu reste très satisfaisant pour regarder des séries ou écouter de la musique sans casque.
Photo et vidéo : le strict minimum
La configuration photo de la OnePlus Pad Go 2 est digne de n’importe quelle tablette de ce segment : basique, et qui ne cherche pas à rivaliser avec nos smartphones. Voici les capteurs présents :
- Capteur principal (arrière) : 8 Mpx, ouverture f/2.
- Capteur selfie (avant) : 8 Mpx, ouverture f/2.

Capteur principal
De jour, le module principal délivre des résultats tout à fait honorables pour une tablette de cette gamme. Si l’on ne retrouve évidemment pas le piqué d’un smartphone récent, les clichés restent exploitables pour immortaliser un souvenir ou partager une scène de vie. La colorimétrie est assez juste et la gestion de la lumière correcte tant que les conditions sont bonnes. C’est amplement suffisant pour de la photo d’appoint ou pour scanner des documents administratifs.
De nuit ou en basse lumière, le constat s’aggrave : le bruit est omniprésent dans tous les clichés, l’image est désaturée et constellée d’artefacts numériques, rendant les clichés difficilement exploitables.
Dépourvue de téléobjectif optique, la Pad Go 2 propose un zoom exclusivement numérique pouvant aller jusqu’à 10x. Dans les faits, le grossissement reste utile jusqu’à 2x pour isoler un détail sans trop dégrader l’image. Au-delà, et surtout à 10x, la perte de qualité est inévitable compte tenu de la définition initiale de 8 Mpx.
Notons aussi que contrairement à beaucoup d’appareils mobiles actuels, la OnePlus Pad Go 2 fait l’impasse sur un mode Portrait dédié. Il n’y a donc pas d’option logicielle pour créer un flou d’arrière-plan (bokeh) artificiel autour des sujets. Les photos se prennent uniquement en mode standard.
Selfies
Le module frontal de 8 Mpx délivre des prestations similaires à celui du dos. Les selfies manquent un peu de piqué et les couleurs sont ternes. C’est suffisant pour de la visioconférence occasionnelle, mais limite pour des autoportraits de qualité.
Vidéo
L’enregistrement vidéo plafonne à 1080p à 30 images par seconde, que ce soit à l’avant ou à l’arrière. Cela suffit pour des appels vidéo corrects, mais la stabilisation et la qualité globale ne permettent pas de réaliser des films de vacances mémorables
La partie photo est anecdotique sur cette tablette : la Pad Go 2 assure l’essentiel avec une qualité photo de jour « pas si mal » qui suffira à la majorité des utilisateurs de tablettes.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.















