Chaque printemps, fidèle à un rituel bien huilé, Apple renouvelle son iPad Air. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle. La marque à la pomme y glisse comme prévu sa puce M4, déjà aperçue sur les iPad Pro de 2024 et dans les MacBook Air de l’année dernière ; avec la promesse d’une hausse de performances de l’ordre de 30 % en calcul et en graphismes par rapport à la génération M3.

Résultat : l’iPad Air occupe désormais ce territoire de plus en plus inconfortable pour les iPad Pro dont les tarifs font rapidement peur, en leur empruntant l’essentiel de la puissance, sans en adopter les attributs les plus premium. Ni trop chère ni trop austère, cette tablette milieu de gamme s’impose comme l’ardoise la plus cohérente du catalogue Apple, à condition d’accepter quelques compromis soigneusement calculés. À 869 euros en version 13 pouces et 128 Go de stockage — soit 100 euros de moins que le modèle équivalent de la génération précédente —, la proposition est d’emblée plus séduisante.
Un design immuable, une finition sans reproche
Si vous espériez une révolution esthétique, passez votre chemin. L’iPad Air M4 est la copie quasi conforme de ses prédécesseurs. Le châssis en aluminium présente les mêmes lignes droites, les mêmes tranches plates et cette façade presque entièrement occupée par l’écran dont le dessin général n’a plus vraiment bougé depuis l’iPad Air 4. Ce n’est pas forcément un reproche. Avec 6,1 mm d’épaisseur et 616 grammes sur la balance, le modèle 13 pouces affiche des proportions très raisonnables pour une dalle de 28,06 x 21,49 cm. La prise en main reste agréable malgré l’envergure, justement parce que le poids reste contenu.

Les quatre coloris disponibles (bleu, mauve, lumière stellaire et gris sidéral) offrent un peu de fantaisie sans tomber dans le tape-à-l’œil. Les teintes sont sobres, ce qui convient parfaitement à l’usage professionnel ou scolaire que beaucoup feront de cette tablette. L’aluminium du boîtier est recyclé à 100 %, Apple ayant par ailleurs conçu cet iPad Air à 30 % de matériaux recyclés dans son ensemble.
Au dos, un minimalisme appliqué : logo centré, petit module photo discret et une surface qui a le bon goût de ne pas se transformer instantanément en musée des traces de doigts. La face avant affiche un taux d’occupation de 85,4 %. Les bordures sont donc bien présentes, mais elles ne gênent jamais l’expérience, notamment parce qu’elles accueillent la caméra frontale de façon pertinente en mode paysage.

Apple assume clairement que l’iPad Air s’utilise le plus souvent à l’horizontale, aussi bien pour la productivité que la visioconférence. Le bouton d’allumage intègre Touch ID et les quatre grilles de haut-parleurs stéréo occupent les côtés du châssis. Le Smart Connector au dos peut accueillir le Magic Keyboard (329 euros tout de même), tandis que la tranche supérieure arbore une fixation magnétique pour l’Apple Pencil Pro (149 euros avec recharge par induction). Des accessoires onéreux, mais compatibles avec les générations M2 et M3 puisque le châssis n’a pas changé.
Un écran excellemment calibré, mais toujours bloqué à 60 Hz
L’iPad Air M4 13 pouces embarque une dalle IPS LCD Liquid Retina de 2 732 x 2 048 pixels pour une densité de 264 ppp, avec revêtement antireflet, surface laminée, compatibilité P3 et True Tone. Selon les mesures de notre 01Lab, le pic lumineux atteint 613 cd/m², cohérent avec les 600 nits annoncés par Apple pour ce format 13 pouces. La luminosité minimale descend quant à elle à 2 cd/m², idéal pour ménager les yeux lors d’une session nocturne.
Là où l’écran de cet iPad Air impressionne toujours autant, c’est sur la calibration : notre 01Lab relève un Delta E 2000 de 0,8 aussi bien en sRGB qu’en P3 — en dessous de 3, l’écart colorimétrique est imperceptible à l’œil nu. On frôle donc là l’excellence. La balance des blancs à 6 607 K reste légèrement au-dessus des 6 500 K de référence, sans que cela soit perceptible dans l’usage courant. La couverture sRGB atteint 99,9 %, et la couverture P3 grimpe à 97,5 %, ce qui en fait un écran tout à fait pertinent pour la retouche photo ou le montage vidéo en mobilité. Le taux de contraste à 1 770:1 et une brillance mesurée à 49 GU complètent un tableau d’ensemble remarquable pour cette catégorie de produit.

Ce qui manque en revanche, et que l’on serait en droit d’espérer à ce tarif, c’est un taux de rafraîchissement élevé. L’écran reste bloqué à 60 Hz, contre 120 Hz ProMotion sur les iPad Pro. Pour naviguer, regarder des vidéos ou travailler, cela ne pose aucun problème concret au quotidien. Mais alors qu’Apple a généralisé le ProMotion jusqu’à l’iPhone standard, le maintien du 60 Hz sur l’iPad Air ressemble de plus en plus à une frontière tarifaire soigneusement entretenue, histoire que les clients ne se trompe de rayon.
Photo et webcam bien gérés
Apple reconduit le capteur principal de 12 mégapixels avec une optique grand-angle à f/1,8, déjà présent sur la génération précédente. Inutile d’espérer remplacer votre smartphone ici : les clichés diurnes sont correctement exposés et offrent des couleurs assez naturelles, mais le niveau de détails sur les textures fines laisse à désirer et le bruit numérique se manifeste dès que la lumière vient à manquer. Le module gère toutefois la mise au point automatique avec Focus Pixels et enregistre des vidéos jusqu’en 4K à 60 images par seconde. Un résultat honorable pour une tablette, sachant que la photo reste un usage accessoire sur ce format d’appareils.

La caméra frontale de 12 mégapixels (f/2) est sans conteste le point fort du volet photo. Positionnée sur le côté paysage de la tablette, elle est d’emblée bien placée pour la visioconférence. La fonction Center Stage, qui recadre automatiquement l’image pour maintenir le sujet au centre du cadre lors des déplacements, fonctionne efficacement et reste active sur les applications tierces comme Zoom ou Teams. Les autoportraits sont réussis et le rendu en appels vidéo est satisfaisant.
Connectique et connectivité : une vraie mise à niveau
C’est peut-être là que l’iPad Air M4 réalise l’un des bonds les plus concrets par rapport à la génération précédente. La puce réseau sans fil Apple N1, une nouveauté pour la gamme Air, apporte enfin la compatibilité Wi-Fi 7 (802.11be avec MIMO 2×2), le Bluetooth 6 et la technologie réseau Thread pour la maison connectée. Le Wi-Fi 7 reste encore peu exploitable dans la majorité des foyers, mais pour ceux équipés d’un routeur compatible, les débits sont sensiblement supérieurs à ceux du Wi-Fi 6E précédent.

Les versions cellulaires s’appuient sur le modem Apple C1X, qui prend en charge la 5G sub-6 GHz. Notez que l’iPad Air n’est pas compatible avec les cartes SIM physiques : il faudra passer uniquement par une eSIM pour activer la connexion mobile, ce qui peut être contraignant selon les opérateurs ou en déplacement à l’étranger.
La connectique filaire reste sobre : un unique port USB-C compatible USB 3 (jusqu’à 10 Gbit/s), ce qui représente une belle amélioration par rapport aux débits USB 2 de certaines versions antérieures. Ce port gère aussi DisplayPort et peut piloter un écran externe jusqu’à 6K à 60 Hz. L’absence de prise casque 3,5 mm est à déplorer une nouvelle fois, mais le Bluetooth 6 compense largement pour l’usage audio quotidien.
Performances : la puce M4 tient toutes ses promesses
C’est là que l’iPad Air M4 impressionne le plus. La puce Apple Silicon M4 embarque un CPU à 8 cœurs (3 cœurs de performance et 5 cœurs à haute efficacité énergétique) et un GPU à 9 cœurs, accompagnés d’un Neural Engine à 16 cœurs et de 12 Go de mémoire unifiée avec une bande passante de 120 Go/s. Précisons que cette configuration diffère légèrement de celle de l’iPad Pro M4 de 2024, lequel disposait de 10 cœurs CPU et 10 cœurs GPU — Apple maintient ainsi une hiérarchie claire au sein de sa gamme. Le ray tracing est néanmoins pris en charge nativement.
Les résultats du 01Lab ne laissent aucun doute sur la montée en gamme : en Geekbench 6, la tablette obtient 3 730 points en monothread et 13 372 points en multithread. Le score GPU Geekbench atteint 52 888 points — des performances qui, rappelons-le, auraient affolé les compteurs d’un ordinateur portable haut de gamme il y a à peine trois ans.

Du côté de la partie graphique 3D, le test 3DMark Wild Life Extreme donne un meilleur score de boucle à 6 624 points, avec une stabilité thermique de 71,5 %. La montée en charge se fait donc ressentir lors des sessions soutenues. La température maximale relevée en utilisation CPU à 100 % s’établit à 42,5°C en surface — une valeur maîtrisée pour une tablette sans ventilation et surtout qui ne s’accompagne d’aucun ralentissement perceptible.
En usage quotidien, cette réserve de puissance se traduit par une fluidité absolue. Le multitâche sous iPadOS 26 — qui propose désormais un gestionnaire de fenêtres s’inspirant clairement de macOS et une interface Liquid Glass harmonisée avec le reste de l’écosystème Apple — passe sans broncher. Le montage vidéo en 4K sur Final Cut Pro est parfaitement envisageable, l’export d’un fichier HEVC d’environ une minute trente s’effectuant en moins d’une minute.

L’intelligence artificielle sous la bannière Apple Intelligence trouve ici un terrain matériellement très favorable, même si la promesse logicielle n’a pas encore vraiment rejoint le niveau du matériel. Pour les utilisateurs d’un iPad Air M1, le bond est considérable : Apple annonce des performances 2,3 fois supérieures et une puissance de rendu quadruplée. Cet iPad Air M4 est d’ailleurs probablement surdimensionné pour 95 % des usages auxquels il sera destiné — ce qui, paradoxalement, constitue une excellente nouvelle pour sa longévité.
Autonomie solide, charge décevante
Du côté de l’endurance, notre 01Lab a mesuré près de 10 heures en usage mixte, un score confortable qui se traduit en pratique par une tablette tenant sans peine une journée complète entre deux charges. La batterie lithium-polymère de 36,59 Wh reste identique à celle de la génération précédente, mais la meilleure efficacité énergétique de la puce M4 se traduit par une nette amélioration de l’endurance perçue par rapport au modèle M3, surtout lors d’usages intensifs.

La charge, en revanche, est clairement le point faible de cet iPad Air, avec par exemple seulement 9 % de batterie récupérés en 10 minutes, on est loin des standards imposés par les smartphones actuels. Le chargeur n’est pas fourni dans la boîte (seul un câble USB-C est inclus) et avec un bloc 20 W, comptez environ 2 h 30 pour une charge complète.
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