L’époque où Amazfit se contentait de produire des bracelets connectés bon marché semble définitivement révolue. Avec la série T-Rex, la marque détenue par Zepp Health s’est forgée une solide réputation auprès des amateurs de sport outdoor cherchant de la robustesse sans se ruiner. Mais avec cette déclinaison T-Rex 3 Pro, le constructeur franchit un nouveau cap.

Il ne s’agit plus seulement d’offrir un bon rapport qualité-prix, mais de venir titiller l’élite, notamment les modèles de chez Garmin, Suunto ou Coros, souvent affichés au double du prix. Pour ce test, nous avons passé au crible la version 48 mm en finition « or noir », un beau bébé de technologie vendu 399,90 euros. Entre un écran Amoled ultra-lumineux, une cartographie complète et des promesses d’autonomie alléchantes, la T-Rex 3 Pro a-t-elle les épaules assez larges pour s’imposer sur vos poignets lors de vos prochains trails et concurrencer les autres montres premium ? Plongée dans les entrailles de la bête pour se faire un avis.
Une armure en titane taillée pour l’aventure
Dès le déballage, le ton est donné : la T-Rex 3 Pro ne fait pas dans la dentelle, et c’est exactement ce qu’on lui demande. Si vous cherchez une montre discrète à glisser sous une chemise ajustée, passez votre chemin. Avec ses dimensions de 48 x 48 x 14 mm, elle s’impose visuellement et physiquement.
Cependant, Amazfit a soigné sa copie. Contrairement au modèle standard qui utilise davantage de polymères, cette version Pro monte clairement en gamme. Le boîtier conserve une structure en plastique renforcé pour contenir le poids (environ 52 g sans le bracelet, et jusqu’à 75 g une fois équipée), mais la lunette octogonale — véritable signature visuelle de la gamme — est ici conçue en titane. Ce choix de matériau confère à la montre un aspect premium indéniable et une résistance accrue aux chocs. Notre test en atteste.

L’autre évolution majeure de cette version Pro réside dans la protection de l’écran. Exit le Gorilla Glass, place au verre saphir. C’est un argument de poids pour une montre destinée à frotter contre la roche ou à subir les assauts de la végétation en forêt. Durant notre test prolongé, la montre n’a pas pris une seule rayure, confirmant son positionnement baroudeur certifié 10 ATM (étanche jusqu’à 100 mètres et supportant la plongée jusqu’à 45 mètres).
Le bracelet en silicone de 22 mm fourni est confortable et évacue bien la transpiration, même si son système d’attache, bien que standard, est assez profondément intégré dans le boîtier, ce qui ne rend pas le changement aussi fluide que sur d’autres systèmes propriétaires. Esthétiquement, le look « or noir » de notre modèle de test apporte une touche industrielle qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Ceux désirant un peu plus de discrétion se tourneront vers la finition « noir tactique », plus sobre.

Et la lumière fut
S’il y a un domaine où Amazfit frappe très fort, c’est l’écran. La T-Rex 3 Pro embarque une dalle Amoled de 1,5 pouce (sur cette version 48 mm) affichant une définition de 480 x 480 pixels. La finesse d’affichage (322 ppp) est au rendez-vous, rivalisant sans peine avec les standards de l’Apple Watch Ultra. Mais le chiffre qui retient l’attention, c’est la luminosité maximale annoncée à 3 000 nits. À l’usage, c’est un régal. Que ce soit en plein soleil lors d’une sortie course à pied ou sous la grisaille, la lisibilité est tout simplement parfaite.

Les couleurs sont vives, les noirs profonds, et le capteur de luminosité ambiante réagit avec justesse. On apprécie également la présence d’un mode always-on qui permet de garder un œil sur l’heure ou ses stats sans avoir à lever le poignet, même si cela impacte logiquement l’autonomie.
Une navigation hybride bien pensée
Pour piloter la montre, Amazfit propose une approche hybride tactile/boutons très pertinente pour le sport. L’écran tactile est réactif et fluide, mais ce sont les quatre boutons physiques (deux à gauche, deux à droite) qui changent la donne une fois l’effort commencé :
- les boutons de gauche (Up/Down) permettent de naviguer dans les menus ou les widgets ;
- le bouton supérieur droit (SEL) valide les actions ou lance les activités ;
- le bouton inférieur droit (Back) sert au retour arrière.
Avec des gants ou les mains mouillées, ce système est infaillible. L’interface de l’OS maison est intuitive, même si elle est très dense. Un utilisateur novice pourrait s’y perdre les premiers jours face à la profusion de menus, mais les habitués des montres de sport s’y retrouveront vite.

La lampe torche : le petit plus bien utile
C’est une fonctionnalité que l’on retrouve sur les Garmin Fénix 7X ou 8 et Amazfit a eu la bonne idée de l’intégrer ici : une lampe torche LED située sur la tranche supérieure du boîtier. Accessible via un raccourci rapide (appui long sur le bouton Up), elle est étonnamment puissante.

Ce n’est pas qu’un gadget : pour chercher ses clés au fond du sac, se signaler au bord d’une route la nuit ou éviter une racine lors d’un trail nocturne imprévu, c’est un atout sécurité indéniable. Elle propose plusieurs intensités et même un mode rouge pour ne pas s’éblouir. Cela ne remplace pas une lampe frontale, mais s’avère très utile en dépannage. Notez que cette fonctionnalité reste encore assez rare et est habituellement réservée aux modèles haut de gamme, notamment chez Garmin.
Application et connectivité : Zepp se bonifie
La montre s’appaire via l’application Zepp (disponible sur iOS et Android). L’interface de l’application a grandement évolué et présente désormais les données de manière claire et visuelle. La synchronisation est rapide, et l’appairage ne pose aucun souci.

Côté connectivité, la T-Rex 3 Pro est bien lotie :
- Bluetooth 5.2 & Wi-Fi : le Wi-Fi est particulièrement utile pour télécharger rapidement les mises à jour ou les cartes hors ligne, un processus souvent interminable en Bluetooth ;
- appels : la présence d’un micro et d’un haut-parleur permet de passer des appels directement depuis le poignet (tant que le smartphone est à portée). La qualité est correcte pour du dépannage, tant que l’environnement n’est pas trop bruyant ;
- assistants : on retrouve Zepp Flow, un assistant vocal dopé à l’IA (basé sur des technologies type LLM) qui permet de contrôler la montre à la voix de manière assez naturelle (« Lance une course », « Quelle est ma fréquence cardiaque ? ») et même poser des questions de culture générale ;
- paiement : la montre intègre le NFC et la fonction Zepp Pay. Attention toutefois, comme souvent avec ces systèmes propriétaires, la compatibilité avec les banques françaises est quasi inexistante en direct. Il faudra passer par un agrégateur pour en profiter.
Le seul véritable bémol logiciel reste l’écosystème d’applications tierces. Si quelques mini-applis sont téléchargeables, on est très loin de la richesse de l’App Store sur watchOS ou du Play Store sur Wear OS.
Sport et santé : une précision chirurgicale

C’est ici que la T-Rex 3 Pro était attendue au tournant. Pour prétendre au titre de « Pro » et concurrencer Garmin, il ne suffit pas d’avoir un look robuste, il faut des mesures fiables. La montre est équipée d’une puce GPS double fréquence compatible avec six constellations satellites (GPS, GLONASS, Galileo, etc.).

Nos tests, comparés notre Apple Watch Series 10 de référence, montrent une précision excellente. Que ce soit en ville au milieu des immeubles ou en forêt, la trace est propre. Sur des parcours mixtes, les distances sont quasi identiques (5,40 km pour l’Amazfit contre 5,37 km pour l’Apple Watch). Le verrouillage du signal au lancement d’une activité est quasi instantané.

La cartographie hors ligne est également de la partie. Gratuite et téléchargeable via Wi-Fi, elle permet de se repérer, d’afficher les courbes de niveau et même les pistes de ski. Si elle n’atteint pas encore le niveau de détail et de routage d’une Garmin, elle est largement suffisante pour ne pas se perdre en randonnée.
Fréquence cardiaque : le BioTracker assure
Le capteur optique BioTracker (le même que sur la T-Rex 3 standard) fournit des résultats très cohérents. Lors de nos tests comparatifs, la T-Rex 3 Pro a suivi les courbes d’intensité sans décrochage majeur. Sur un footing régulier, la fréquence cardiaque moyenne était quasi identique. Sur du fractionné, la montre réagit avec très peu de latence. Pour l’immense majorité des sportifs, la précision est largement suffisante. Seuls les pros exigeant une précision absolue à la seconde près conserveront leur ceinture cardio.

Amazfit met le paquet sur les modes sportifs avec 187 profils disponibles. La marque se distingue notamment par son partenariat avec Hyrox. La montre propose un mode spécifique « Hyrox Race » et « Hyrox Training » capable de gérer les transitions complexes de cette discipline mêlant course et cross-training. C’est, à ce jour, la seule montre grand public à proposer une intégration aussi poussée pour ce sport en plein essor.

Côté analyse de santé, on retrouve le score de BioCharge (équivalent du Body Battery de Garmin). Il synthétise en un chiffre votre état de forme en croisant la qualité du sommeil, le stress et l’activité physique. Nos observations confirment sa pertinence : après une grosse séance ou une mauvaise nuit, le score chute logiquement, invitant au repos. Le suivi du sommeil est complet, incluant même la détection automatique des siestes, un plus appréciable pour la récupération.

Autonomie : le marathonien du poignet
L’autonomie est souvent le talon d’Achille des montres à écran Amoled. Pas ici. Avec sa batterie de 700 mAh (sur ce modèle 48 mm), Amazfit promet jusqu’à 25 jours en usage typique.

Dans la réalité de notre test exigeant, les résultats sont impressionnants : en usage intensif avec deux séances de running de 35 minutes et plusieurs trajets de 20 minutes à vélo, toutes les options de santé activées, écran always-on en journée, suivi GPS en mode précision, notifications, la montre a tenu 9 jours complets avant de réclamer son chargeur. C’est un score excellent compte tenu de la gourmandise de l’écran et du GPS double fréquence.
C’est un confort immense au quotidien. On part en week-end prolongé ou même en vacances d’une semaine sans se soucier du câble de recharge magnétique (qui remplit la batterie en environ 1h40).
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