Un an après avoir bousculé ses codes avec les Galaxy Buds3 Pro et l’adoption de tiges (triangulaires), Samsung récidive avec une nouvelle génération d’écouteurs haut de gamme. Ces Galaxy Buds4 Pro ne révolutionnent pas la formule, mais l’affinent considérablement. Retour à un boîtier horizontal, redesign des tiges pour plus d’élégance, doublement de l’efficacité de la réduction de bruit, nouveau transducteur pour les basses… Le constructeur coréen multiplie les ajustements pour tenter de décrocher une place sur le podium des meilleurs écouteurs true wireless du marché, dominé par Apple, Bose et Sony.

Commercialisés au même prix que la génération précédente, soit 250 euros, ces nouveaux écouteurs s’adressent en priorité aux possesseurs de smartphones Samsung, qui seuls pourront profiter pleinement de toutes leurs fonctionnalités. Mais valent-ils vraiment le détour ? Notre avis dans ce test complet.

Un design plus raffiné et un boîtier repensé
Première surprise à l’ouverture de la boîte : le boîtier de recharge fait machine arrière. Fini le format vertical des Buds3 Pro, Samsung revient à une disposition horizontale. Une décision assumée par la marque qui explique vouloir ainsi éviter l’accumulation de poussière au fond du boîtier, responsable selon elle de problèmes de recharge rencontrés par certains utilisateurs de modèles verticaux.

Le boîtier conserve néanmoins l’ADN visuel des Buds3 Pro avec son capot gris translucide qui permet d’apercevoir les écouteurs sans l’ouvrir. Sur notre version de test blanche, le revêtement arbore une finition légèrement nacrée très discrète qui apporte une touche de raffinement. L’ensemble affiche 44,3 g sur la balance, contre 46,5 g pour son prédécesseur. Une différence minime, mais qui témoigne de l’attention portée par Samsung à l’optimisation du poids.
C’est toutefois sur les écouteurs eux-mêmes que le changement de design est le plus spectaculaire. Exit les tiges triangulaires des Buds3 Pro, jugées peu ergonomiques malgré leur aspect original. Samsung adopte désormais des lames d’aluminium rectangulaires beaucoup plus fines et élégantes, surmontées d’une grille pour les microphones. Le rendu est vraiment réussi, avec une finition irréprochable qui flirte avec l’excellence. Ces nouvelles tiges affûtées donnent aux écouteurs une allure premium indéniable.

L’allègement se ressent également sur les écouteurs : 5,1 g par oreillette. Les Galaxy Buds4 Pro adoptent un format semi intra-auriculaire avec embouts en silicone (trois tailles fournies), garantissant un maintien solide même lors de mouvements intenses. Samsung explique avoir utilisé l’intelligence artificielle et le « compute design » pour optimiser l’ergonomie : pas moins de 100 millions de données d’oreilles du monde entier auraient été analysées par algorithme pour concevoir un design universel. Ces écouteurs se font en tout cas vite oublier une fois en place.
Des commandes intuitives et un confort exemplaire
Le changement de forme des tiges n’est pas qu’esthétique. Il permet surtout à Samsung de repositionner les zones tactiles à l’avant des tiges, là où elles sont plus facilement accessibles. Les utilisateurs des Buds3 Pro se plaignaient en effet de devoir tâtonner pour trouver les commandes situées à l’arrière des tiges triangulaires. Problème résolu.
Samsung conserve le système de contrôle qui avait séduit : des pincements avec retour haptique pour piloter la lecture (simple pour play/pause, double pour piste suivante, triple pour piste précédente) et des glissements vers le haut ou le bas pour ajuster le volume.

Un appui long sur l’une des tiges permet d’accéder à un raccourci personnalisable : changement de mode de réduction de bruit, lancement de Spotify, activation de l’interprète ou de Bixby. Cette interface tactile se révèle particulièrement intuitive à l’usage.

Côté confort, les Galaxy Buds4 Pro marquent un véritable progrès. Leur légèreté et leur nouveau design permettent un port prolongé sans gêne. Même après plusieurs heures d’écoute, aucune sensation de pression ou d’inconfort ne se fait sentir. La certification IP57 garantit par ailleurs une bonne résistance à l’eau et à la transpiration, rendant ces écouteurs parfaitement adaptés à une utilisation sportive. Et contrairement à certains concurrents, ils tiennent remarquablement bien en place, même lors d’activités dynamiques. Pas de risque de les voir tomber en plein footing.
Une intégration poussée dans l’écosystème Samsung
C’est ici que Samsung joue la carte de l’exclusivité, pour le meilleur et pour le pire. Les possesseurs de smartphones Galaxy bénéficient d’une intégration native exemplaire : plus besoin de l’application Galaxy Wear, tout se pilote directement depuis le panneau d’accès rapide One UI 8.5 et les paramètres système. L’appairage se fait instantanément dès l’ouverture du boîtier.
Mais cette intégration poussée a un revers : de nombreuses fonctionnalités avancées restent l’apanage des utilisateurs Samsung. Sans smartphone Galaxy, pas de codec SSC (24 bit/96 kHz), pas d’audio spatial avec suivi de la tête, pas de connexion multipoint… La liste est longue. Les autres utilisateurs Android devront se contenter des codecs SBC et AAC, bien moins performants. Apple ne ferait pas mieux en termes de stratégie d’enfermement propriétaire.
Pour les heureux élus disposant d’un smartphone Galaxy, l’application (ou plutôt l’interface intégrée) se révèle très complète. On y trouve un égaliseur à 10 bandes avec cinq préréglages, la gestion de la réduction de bruit sur cinq niveaux, la détection automatique du port des écouteurs, et même une fonction d’alerte de posture qui vous rappelle de redresser la tête après dix minutes en position penchée. Un gadget certes, mais qui témoigne de l’attention portée par Samsung au bien-être de ses utilisateurs.

Galaxy AI fait également son apparition avec quelques fonctionnalités plus ou moins utiles. Le contrôle vocal permet de piloter Bixby mains libres, tandis que les gestes de la tête (hocher ou secouer) servent à accepter ou refuser des appels. L’interprète en temps réel promet des traductions instantanées, mais reste perfectible. Quant au mode d’appels ultra clairs avec technologie Super Wideband (jusqu’à 16 kHz), il améliore effectivement la qualité des conversations téléphoniques.
Un son énergique mais déséquilibré
Sur le papier, Samsung a fait évoluer l’architecture acoustique de ses écouteurs. Le système à double transducteur reste de mise, mais le woofer dédié aux basses et médiums passe de 10 à 11 mm de diamètre. Plus précisément, Samsung a opté pour un design « sans bord » qui grignote sur les côtés du haut-parleur, offrant 19,8 % de surface supplémentaire tout en conservant un encombrement réduit. Le tweeter planaire, lui, reste inchangé et s’occupe toujours des aigus. Le codec SSC Ultra Haute Qualité, compatible avec Spotify Lossless et Deezer Hi-Fi (disponible uniquement sur smartphones Galaxy, rappelons-le), complète le tableau pour offrir une expérience audio haute fidélité.
À l’écoute, les Galaxy Buds4 Pro délivrent un son résolument énergique et dynamique. Les basses profitent clairement de l’élargissement du woofer : elles sont puissantes, précises et remarquablement bien maîtrisées. Pas de bavure, pas d’effet pâteux, juste une reproduction franche et percutante qui ravira les amateurs de musiques électroniques ou de hip-hop. Sur ce registre, Samsung fait mieux que sur les Buds3 Pro.

Mais cette emphase sur les graves se fait au détriment de l’équilibre général. Les médiums se retrouvent légèrement en retrait, donnant aux voix un manque de chair et de consistance par rapport à la génération précédente. Ce n’est pas rédhibitoire — les voix restent claires et détaillées —, mais les audiophiles pointilleux noteront ce léger déséquilibre. Les aigus, pris en charge par le tweeter planaire, s’en sortent mieux et permettent de restituer suffisamment de détails, même si une pointe de brillance se fait parfois entendre sur certains morceaux.
La scène sonore mérite en revanche les éloges : ample et bien aérée, elle offre une excellente spatialisation. Les instruments se détachent bien les uns des autres sans que les canaux gauche et droite ne semblent dissociés. C’est une signature sonore cohérente et agréable, qui conviendra à la majorité des utilisateurs. Mais elle n’atteint pas tout à fait la finesse et l’équilibre des Sony WF-1000X ou des Apple AirPods Pro, qui restent des références en la matière.

L’égaliseur intelligent, nouvelle mouture de cette génération, travaille en coulisses pour adapter le son à la forme de votre oreille et compenser les micro-mouvements des écouteurs. Invisible pour l’utilisateur, ce système semble faire son office pour maintenir une cohérence sonore même lorsque les écouteurs bougent légèrement. Quant au mode Audio 360° avec suivi de la tête, il reste un gadget marketing plus qu’une vraie valeur ajoutée ; la spatialisation simulée convainc rarement.
Une réduction de bruit enfin à la hauteur
C’est sans doute l’amélioration la plus significative de ces Galaxy Buds4 Pro : la réduction de bruit active a été doublée par rapport aux Buds3 Pro. Samsung parle de « réduction intelligente 2.0 », une technologie qui adapte en temps réel et en continu l’atténuation des bruits extérieurs en fonction de la forme de votre oreille, du placement des écouteurs et de votre environnement sonore.
Dans les faits, c’est extrêmement efficace. L’effet « bulle de silence » tant recherché est bel et bien là. Les bruits de fond constants (moteur de train, ronronnement d’avion, ventilation) sont quasi totalement gommés. Les bruits soudains et les voix sont bien atténués, même s’ils ne disparaissent pas complètement. La réduction de bruit est désormais réglable sur cinq niveaux via l’application, permettant d’affiner le degré d’isolation souhaité.

Il manque toutefois encore un petit quelque chose dans les hautes fréquences pour rivaliser avec les champions du genre que sont les Apple AirPods Pro 3, les Bose QuietComfort Ultra et les nouveaux Sony WF-1000XM6. Ces derniers parviennent à gommer encore un peu plus finement certains bruits aigus. Mais l’écart s’est considérablement réduit et Samsung peut désormais revendiquer une place parmi les meilleurs systèmes de réduction de bruit du marché.
Le mode transparent se montre très réaliste, laissant passer les sons ambiants de façon naturelle. On regrette simplement un très léger souffle continu en arrière-plan qui nuit à l’impression de parfaite transparence. La détection automatique des conversations fonctionne bien : dès que vous commencez à parler, le mode transparent s’active pour vous permettre d’échanger avec votre interlocuteur. Et la détection des sirènes (pompiers, police, ambulances) coupe temporairement la réduction de bruit pour vous alerter d’un danger potentiel? Une fonction de sécurité bienvenue, même si en pratique aucun système d’ANC sur des écouteurs true wireless ne parvient réellement à couvrir le son d’un camion de pompiers.

Côté qualité d’appel, les Galaxy Buds4 Pro font un excellent travail. Les microphones positionnés sur les tiges aluminium captent efficacement la voix, et l’atténuation des bruits environnants permet de rester parfaitement intelligible même dans la rue. Certes, les sons parasites ne disparaissent pas totalement et peuvent légèrement dégrader la qualité vocale, mais ils ne prennent jamais le pas sur votre voix. C’est un kit mains libres convaincant.
Une endurance au-dessus des promesses
Samsung annonce 6 heures d’autonomie en utilisation continue avec la réduction de bruit activée. Notre test en conditions réelles dépasse même légèrement ces chiffres : nous avons tenu 6 h 34 avant que les écouteurs ne réclament le boîtier. C’est une excellente performance, en hausse par rapport aux Buds3 Pro qui plafonnaient aux alentours de 5 h 45.

Le boîtier de recharge, équipé d’une batterie de 530 mAh, permet de recharger complètement les écouteurs environ deux fois et demie. Soit une autonomie totale d’environ 26 heures selon Samsung. La charge s’effectue via un port USB-C situé à l’arrière, ou sans fil par induction Qi. Et cerise sur le gâteau : 20 minutes de charge suffisent pour récupérer quatre heures d’écoute. Pratique pour un coup de boost avant un long trajet.

À noter que les Galaxy Buds4 Pro embarquent la toute dernière norme Bluetooth 6.1 avec support Auracast. La connexion se montre stable et sans accroc lors de nos tests.
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