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VoiceXML contre Salt, le web donne de la voix

Intégration avec le CRM, appels automatisés s’appuyant sur des données XML, sites web lus plutôt que consultés, les technologies liant voix et internet montent en puissance. Une évolution bicéphale qui se distingue par deux standards, VoiceXML et Salt.

De toutes les interfaces d’accès au web, la voix semble la plus naturelle, mais aussi la plus démunie. Une lacune que cherchent à combler deux “standards“, VoiceXML et Salt (Speech Application Language Tags). Défendus l’un et l’autre par des grands de l’informatique, ils ne sont pas près de se réconcilier.Ces deux normes sont constituées de balises XML (eXtensible Markup Language) qui servent aux développeurs à créer des applications et des documents répondant à la voix. Mais, seul VoiceXML est disponible depuis mars 2000. Salt, aujourd’hui en version 0.9, ne sera soumis à un organisme international de standardisation que lors de la deuxième moitié de l’année 2002. Un retard rattrapable, puisque Salt bénéficie du soutien inconditionnel du poids lourd Microsoft. Aidé par Motorola et IBM, VoiceXML n’est pas en reste.Destiné à la téléphonie, il a connu ses premiers succès avec les services d’appels automatiques et tente aujourd’hui d’élargir son champ d’application aux logiciels d’entreprise, chargés de faire l’interface entre l’utilisateur et le vendeur. IBM propose ainsi un serveur voix, architecturé autour de VoiceXML, à installer sur un serveur d’application pour envoyer des requêtes par téléphone.Côté standardisation, VoiceXML a été soumis au W3C (World Wide Web Consortium) afin d’être pris en compte par la norme XHTML, de façon à créer un “standard multimode“.

VoiceXML est installé
Salt a tout à prouver

Un discours repris par Microsoft, le principal défenseur de Salt. Et amplifié pour justifier le développement de ce nouvel ensemble de balises XML. “Plusieurs entreprises sont présentes à la fois dans les consortiums Salt et VoiceXML, affirme James Mastan, responsable produit du groupe.Net Speech Technology chez Microsoft.Mais VoiceXML a été mis au point pour les développeurs en téléphonie, alors que Salt vise d’abord les développeurs web.” Dans cette optique, Microsoft a présenté en mai, lors de l’AVIOS Speech Expo, la version bêta de Microsoft.Net Speech SDK 1.0, son outil destiné aux développeurs pour bâtir des applications Salt. La compagnie de Redmond devient ainsi la première à proposer un kit Salt.Prévu pour fonctionner avec Visual Studio.Net, ce SDK offrira des extensions vocales à Internet Explorer. Il est livré avec le nouveau moteur de reconnaissance vocale de Microsoft et un moteur de traduction de texte en voix, encore en test. L’année prochaine, Microsoft commercialisera une plate-forme.Net Speech, dotée de son propre moteur de reconnaissance vocale.Un navigateur Salt sera disponible, soit sous forme d’extension pour Internet Explorer, soit directement sur la plate-forme serveur en cas de service accessible par un téléphone filaire. Mais Salt a tout à prouver, alors que VoiceXML est déjà bien en place. “Le département des transports de l’Utah a migré tout son service de renseignement sur VoiceXML, raconte Jonathan Eisenzopf, consultant au sein du Ferrum Group, un cabinet spécialisé dans les technologies vocales web.Aujourd’hui, vous trouvez des produits VoiceXML chez IBM, Hewlett-Packard, Lucent et Cisco. Dans cinq à dix ans, tous les numéros téléphoniques automatisés passeront par VoiceXML.” Les développeurs “multimodes“, quant à eux, devront choisir entre Salt et VoiceXML.

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Ludovic Nachury