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Uber profite de la grève des taxis pour faire un coup de com’ provocateur

À l’heure où les taxis manifestent contre les VTC, Uber propose des courses à moitié prix et lance un jeu-concours pour gagner une course gratuite.

Provocation ou pragmatisme ? En pleine grève européenne des taxis, Uber a décidé de se faire entendre. Quitte à échauffer l’esprit des manifestants. L’entreprise californienne a envoyé à ses clients une offre de réduction de 50% sur les courses effectuées ce 11 juin dans les villes touchées par le mouvement de taxis, en l’occurrence, Paris et Lyon. Pour bénéficier de cette offre, il suffit de partager la course avec un ou plusieurs passagers et d’entrer le code PARISBOUGE dans son application.

Ce code, qui est valable pour le service de covoiturage uberPOP mais aussi avec les autres offres (uberX, Berline ou VAN), est aussi un hashtag (#PARISBOUGE) créé pour l’innovation des entreprises parisiennes. Dans son message envoyé par courriel à  ses clients, Uber indique que « Grève ou pas grève, Uber est là pour que #ParisBouge. »

Sur Twitter, le VTCiste en profite aussi pour informer ses clients et initier d’autres offres promotionnelles. Un concours a par exemple été lancé pour gagner une course gratuite. À Londres, Uber a profité de ce jour de grève pour lancer son nouveau service : Uber Taxi qui propose aux chauffeurs « traditionnels » de rejoindre son réseau.

Pas sûr que cette campagne de communication calme l’affaire. Ce n’est, de toutes façon, pas le but. Elle confirme seulement que les relations entre taxis et chauffeurs de VTC sont explosives en France.

Quelques altercations ont déjà eu lieu à Paris, mais aussi dans plusieurs villes de province, comme l’ont noté plusieurs médias. Les points les plus chauds ont sans aucun doute été les aéroports. D’ailleurs, sur Twitter, Uber conseille à ses clients de préciser leur destination lors de la commande. D’autres compagnies de VTC, comme Chauffeur Privé, ont d’ailleurs préféré ne pas couvrir ces zones sensibles, comme le signale un twitto. Cela dit, si quelques coups pieds dans les carrosseries ont été donnés, cette grève n’atteint en violence celle du mois de janvier.

Si Uber est au centre de la colère, d’autres compagnies de VTC se déclarent excédées par l’attitude des taxis. C’est le cas  de SnapCar et de son président Yves Weisselberger, qui estime que cette grève est surtout « une levée de boucliers des Centrales Radio Taxis existantes qui voient d’un mauvais œil la proposition 1 du rapport Thévenoud. »

Ce rapport déposé par le député Thomas Thévenoud a été remis le 24 avril dernier au premier ministre. S’il avance des mesures favorables aux taxis, comme par exemple l’interdiction du « maraudage électronique » pour les VTC, la proposition n°1, sur l’Open Data fait polémique. Dans un entretien à 01net, Serge Metz, PDG de Taxis G7, qualifiait cette mesure de « délirante ». Il considère qu’elle entrainera une « une régression du service qui risque de toucher les clients dans leur vie privée et mettre des bâtons dans les roues des entreprises. »

Le gouvernement va-t-il apporter quelques retouches aux propositions de Thomas Thevenoud ou, comme le redoutent les taxis, va-t-il tenter un passage « en force » pour le mois de septembre ?

Lire aussi :
VTC : les taxis confirment une manifestation européenne anti Uber le 11 juin (09/06/2014)
Serge Metz, PDG du groupe G7 : «Uber est déloyal au niveau fiscal et social» (02/06/2014)

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Pascal Samama