Avec le nouveau Torcal, on pensait Bentley fin prêt à aborder le virage électrique avec toute une ribambelle de modèles à batterie. En reprenant les soubassements du Porsche Cayenne, le SUV anglais partait en effet sur de bonnes bases avec 888 ch, 1 350 Nm de couple et un 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. La batterie de 113 kWh assurait même une confortable autonomie dépassant les 600 km et une recharge pouvant tutoyer les 400 kW en courant continu DC.
Un beau début qui n’enfantera pour le moment aucun autre véhicule électrique, du moins pas avant 2030. Le revirement est brutal, car Bentley avait initialement prévu de remplacer dès 2020 ses modèles existants par des véhicules électriques sans exception. Le but était alors de passer entièrement aux voitures à batterie en 2030. Un objectif aujourd’hui évaporé en raison de l’incertitude générale planant sur l’industrie automobile.
Pourquoi la stratégie de Bentley vole en éclats
Dans une interview accordée à Autocar, Frank-Steffan Walliser, le PDG de Bentley, explique qu’ « avec tous les préparatifs et les changements constants – et je suis sûr que les organismes de réglementation ont de nouvelles idées chaque semaine – ma réponse n’est peut-être pas celle que vous attendez : nous allons introduire plus de flexibilité dans nos stratégies ». En d’autres termes, les plans futurs ne sont désormais plus gravés dans le marbre.
Vu que le contexte est particulièrement instable avec une baisse notable de la demande en véhicules électriques de luxe, l’adaptabilité est devenue le maître mot pour les constructeurs comme Bentley. Walliser affirme que sa marque essaiera « de réunir à l’avenir les véhicules électriques et les hybrides rechargeables sur la même ligne, afin d’avoir une flexibilité totale – notamment pour répondre à la demande du marché et aux réglementations ».
Le thermique et l’hybride jouent les prolongations
Pour réagir au mieux aux éventuels changements, Bentley a réduit les délais de conception de ses nouveaux modèles à 48 mois. Bien, mais encore insuffisant, l’objectif final étant de compresser ce temps à seulement 36 mois en se calquant sur ce que fait Volkswagen. Cela signifie donc que le thermique n’est pas mort et fera encore des heures supplémentaires par l’hybridation.
Vient alors une question : le Torcal pourrait-il avoir droit à une version hybride ? Non, répond Walliser, car le SUV est basé sur une plateforme uniquement dédiée aux motorisations électriques. Faire une adaptation hybride engendrerait des frais trop importants et menacerait en parallèle le Bentayga, à peine plus grand et bénéficiant déjà d’une déclinaison hybride. Cela dit, de futurs modèles multi énergies ne sont plus à exclure.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

