Google prend tout le monde à contre-pied au moment de lancer le nouveau Pixel 10 Pro Fold. Alors que la concurrence s’évertue à créer des appareils toujours plus fins, la firme de Mountain View assume un parti pris audacieux : celui d’un smartphone pliant conçu pour encaisser les coups, endurer de longues journées et vous assister avec une intelligence artificielle omniprésente. Voici notre test complet !
Prix et date de sortie
Le Google Pixel 10 Pro Fold a été lancé en France le 9 octobre 2025. Il est proposé au prix de 1 899 euros pour la version de base, qui inclut 16 Go de RAM et 256 Go de stockage. Un tarif qui le place directement dans la catégorie ultra-premium, face à des concurrents comme le Samsung Galaxy Z Fold 7 ou le Honor Magic V5.
La facture dépasse même les 2 000 euros avec la version 512 Go de stockage (2 029 euros), atteignant même 2 289 euros pour la mouture avec 1 To de stockage. Google décline son smartphone pliant en quartz gris (toutes les versions) et jade (256 Go et 512 Go uniquement).
Design : le parti pris de la robustesse
Dès la première prise en main, le ton est donné. Le Pixel 10 Pro Fold est un beau bébé. On sent tout de suite que ce n’est pas un pliant fait pour passer inaperçu. Plus épais et plus lourd que ses rivaux, il assume son embonpoint et sa ressemblance avec son prédécesseur. Le fabricant américain joue la carte de la continuité en proposant même un appareil un poil plus épais qu’auparavant. Le Pixel 10 Pro Fold présente une épaisseur de 5,2 mm une fois déplié (5,1 mm pour le Pixel 9 Pro Fold) et de 10,8 mm lorsqu’il est plié (10,5 mm pour le modèle précédent).
Il est aussi plus lourd (258 g contre 257 g) que le modèle précédent et devance d’une trentaine de grammes ses principaux concurrents.

Assez flagrante sur le papier, la différence d’épaisseur avec ses concurrents directs de chez Samsung ou Honor se fait néanmoins rapidement oublier à l’usage. En main, il offre un ressenti solide, presque rassurant, comme un compagnon prêt à encaisser les aléas du quotidien sans broncher.
On ne peut cependant mettre d’un côté cette absence d’évolution qui interpelle forcément, même si Google l’assume totalement. La firme de Mountain View a opté pour un châssis en aluminium de qualité aérospatiale et une nouvelle charnière en acier sans engrenages, conçue pour résister à « 10 ans de pliages et dépliages à répétition ».
L’IP68 : une première qui change tout
L’élément phare de ce design très conservateur vient de sa certification IP68, une première sur un smartphone pliant. C’est un avantage qui change la perception : le Pixel 10 Pro Fold n’est plus ce fragile bijou à manipuler avec délicatesse, mais un appareil solide, prêt à affronter la poussière d’un chantier ou les éclaboussures d’une averse soudaine. C’est une vraie revanche face aux doutes que beaucoup nourrissent encore sur la durabilité des pliants.
Sur ce terrain, le smartphone pliant de Google se distingue face à des concurrents directs limités à une double certification IP58 et IP59 (Magic V5 de Honor) ou IP48 (Samsung Galaxy Z Fold 7).
Si l’on apprécie les efforts de Google sur ce point, on ne peut s’empêcher de trouver le design du Pixel 10 Pro Fold quelque peu daté. La pliure de l’écran interne est visible et se ressent fortement sous le doigt, deux éléments en phase de disparition chez la concurrence. Même constat pour les bordures, encore un peu épaisses, même si des efforts sont faits pour occuper une très grande partie de la face avant (83,6 %) ou de la surface interne (88,8 %).
Google suit son propre chemin, loin des tendances
Le design asymétrique du Pixel 10 10 Pro Fold donne également lieu à une curiosité lorsqu’il est fermé. En effet, on trouve des angles droits du côté de la charnière et des courbes plus arrondies de l’autre. Ce choix permet à Google de se distinguer, mais il fera probablement pas l’unanimité. À titre personnel, cela m’a beaucoup surpris lors de la découverte de l’appareil et j’ai mis un peu de temps à m’y habituer.

Fort heureusement, on retrouve rapidement cette sensation de robustesse et l’ensemble bénéficie d’une bonne qualité de fabrication. Mention aussi au châssis en aluminium et au dos en verre mat qui limitent les traces de doigts.
Ce tour du propriétaire ne serait pas complet sans un détour par l’arrière de l’appareil, qui laisse le champ libre à un bloc photo de forme rectangulaire avec des bords arrondis. Google ne veut décidément pas choisir entre rond ou carré, mais on ne se plaindra de retrouver la « patte » Pixel au dos de ce modèle.

Sur la partie droite du Pixel 10 Pro Fold, on trouve les boutons d’allumage et de réglage du volume. Ces derniers sont relativement proches, si bien qu’on peut assez facilement les confondre (surtout si l’on vient d’une autre marque. Le bouton « power » accueille également un lecteur d’empreintes digitales efficace, au même titre que la reconnaissance faciale.
Écran : un duo lumineux et très bien calibrés
Google met les petits plats dans les grands en matière d’affichage. Le Pixel 10 Pro Fold se dote de deux dalles OLED, dont un grand écran OLED de 8 pouces (SuperActua Flex) avec une fréquence de rafraîchissement variable (LTPO) de 1 à 120 Hz. La définition est confortable (2 0 76 x 2 152 pixels) et nous donne un format presque carré, idéale pour le multitâche et la productivité. En revanche, ce format n’est pas le plus adapté pour regarder des vidéos, qui seront encadrées par de larges bandes noires.

L’autre très bonne nouvelle vient de luminosité. Le 01lab a mesuré grâce à Calman Ultimate des pics lumineux de 1 966 cd/m² en boost sur l’écran externe et de 3 040 cd/m² sur l’écran interne. C’est simple, les deux écrans restent parfaitement lisibles, même en plein soleil. La colorimétrie n’est pas en reste : le Delta E 2000, mesuré à 2,45 sur l’écran externe et 2,39 sur l’écran interne (en DCI-P3), témoigne d’une très bonne fidélité des couleurs. Rappelons que plus ce delta est bas, meilleure est la valeur, et sous les 3, cela commence à être très bon.
Seul bémol, le pli central reste visible et la finition brillante de l’écran interne peut être sujette aux reflets, ce qui peut être gênant.

Performances : à trop réver d’IA, le Tensor G5 oublie les hautes performances
Au cœur de la bête, on trouve la nouvelle puce maison de Google, le Tensor G5, épaulée par 16 Go de RAM et 256 Go de stockage. Inutile de faire durée le suspense plus longtemps, les résultats sont dans la lignée de ce que nous ont proposé les Pixel 10 ou Pixel 10 Pro XL lors de leurs tests respectifs.
Les performances ne sont pas mauvaises, mais ne vous attendez pas à battre des records sur les benchmarks, ce n’est pas son but. Nos tests le confirment, le Tensor G5 du Pixel 10 Pro Fold se place en retrait par rapport à la puce Snapdragon 8 Elite… qui équipe ses concurrents.
Sur AnTuTu, il peine à suivre la cédence des smartphones pliants sous Snapdragon (le Magic V5 a besoin d’activer son mode performance).
Même son de cloche sur Geekbench :
La puce de Google n’est pas au niveau des SoC phares des smartphones Android. Même si la marque met en avant l’expérience plutôt que les concours de puissance de calcul, ce définit peut-être un handicap dans les années à venir pour les usages les plus gourmands. En l’état, la puce reste difficile à prendre en défaut à l’usage et la fluidité est au rendez-vous pour la navigation et le multitâche, sans surchauffe notable. Sur la version 512 Go (nous avions un modèle 256 Go pour notre test), on a droit à du stockage UFS 4.0 en zones qui aide à assurer des lancements d’applications rapides.
Avec son format dédié à la productivité, le Google Pixel 10 Pro Fold n’est pas vraiment un smartphone « joueur ». Les jeux 3D gourmands ne sont pas forcément sa tasse de thé et peut vite montrer ses limites.
Un processeur plutôt tourné vers l’IA donc, mais dans ce domaine, c’est l’Europe qui vient le brider.
Logiciel : l’expérience Pixel, avec un (petit) goût d’inachevé
Le smartphone tourne sous Android 16, avec la promesse de sept ans de mises à jour, un argument de poids pour la longévité. L’interface est celle, épurée et intuitive, des Pixel, avec une intégration profonde de l’assistant IA Gemini. On retrouve avec plaisir des fonctions optimisées pour le format pliant, comme le mode Split Screen pour utiliser deux applications côte à côte.
Si l’expérience IA figure parmi ce qui se fait de mieux actuellement, elle n’en demeure pas moins ternie par des absences frustrantes en Europe. Des fonctionnalités IA prometteuses comme Magic Cue, qui suggère des informations de manière proactive, ne sont pas disponibles sur les modèles français au lancement. Un peu frustrant, même si d’autres fonctionnalités comme le Coach Photo sont accessibles. Plutôt intéressante sur le papier, cette option vise à aider l’utilisateur à réussir sa photo en distillant des conseils pour la prise de vue.
Dans les faits, elle se révèle assez anecdotique en ne proposant que des instructions basiques. Une idée à peaufiner pour apporter une réelle plus-value dans l’application photo.

Quant au format pliant, Google assure une prise en main agréable grâce notamment à l’affichage d’un « dock » en bas de l’écran. On peut placer facilement deux application l’une à côté de l’autre via ce dock d’un simple glisser-déposer… en sélectionnant une application récemment utilisée ou en choisissant dans le tiroirs d’applications.

Lors du test, nous n’avons pas rencontré de bugs spécifiques avec leur format hybride de l’appareil. On a quand même eu droit à une drôle de curiosité avec le clavier Gboard qui se coupe en deux lorsque le Pixel 10 Pro Fold est déplié et fait apparâitre deux fois la lettre V.

Photo : un bloc solide et beaucoup d’IA
Côté photo, Google reste fidèle à sa philosophie : le matériel est bon, mais c’est le logiciel qui fait la différence. On retrouve un triple module photo polyvalent, identique à celui de la génération précédente :
- Un capteur principal de 48 Mpx (f/1,7)
- Un ultra grand-angle de 10,5 Mpx (f/2,2)
- Un téléobjectif x5 de 10,8 Mpx (f/3,1)

Les capteurs sont plus petits que ceux du Pixel 10 Pro XL, ce qui se ressent sur la qualité d’image. De jour, les clichés sont bons, avec le traitement Pixel reconnaissable, mais peuvent manquer de piqué et paraître un peu « plats ». En basse lumière, les performances chutent, avec des difficultés de mise au point et un manque de détails.
Grand angle
Le capteur principal de 48 Mpx du Pixel 10 Pro Fold s’en sort plutôt bien, offrant une belle qualité d’image avec de nombreux détails, un bon niveau de piqué. L’appareil gère bien l’exposition et se montre à l’aise en intérieur.
L’équivalent X2 adoucit légèrement le rendu et perd en détails, mais on reste sur un photophone de qualité.
Ces qualités sont aussi visibles lorsque la lumière vient à manquer. Le Pixel 10 Pro parvient à maintenir un certain équilibre en ce qui concerne le niveau de détails et la fidélité des couleurs.
Ultra grand-angle
L’ultra grand-angle du Pixel 10 Pro Fold remplit correctement sa mission, offrant un rendu cohérent avec des couleurs fidèles. L’image est relativement détaillé et les clichés de jour sont exploitables, ce qui est moins le cas de nuit. Comme souvent, l’ultra grand-angle n’est pas l’objectif le plus à l’aise dans l’exercice et le bruit et trop présent pour obtenir de bons résultats.
Téléobjectif
La présence d’un téléobjectif, équivalent X5, est un vrai plus même s’il faudra faire sans le « Pro Res Zoom » x100 des autres Pixel 10. Il produit des images de bonne qualité de jour, même si sa définition limitée l’oblige à faire des choix en matière de netteté.
De nuit, la situation se complique rapidement avec une perte de netteté flagrante et l’apparition de bruit. Le savoir-faire de Google en matière de traitement logiciel aide à sauver la mise pour obtenir des images exploitables… pour ses réseaux sociaux. Mais pas beaucoup plus.
Autonomie : assez pour la journée
Sous son design plus épais, le Pixel 10 Pro Fold intègre une batterie de 5 015 mAh. Une capacité plutôt rassurante, c’est même la plus grande pour un pliant signé Google. Malgré cet accumulateur plutôt conséquence, l’autonomie du Pixel 10 Pro Fold ne fait pas d’étincelles. Elle est même juste moyenne. Nos tests en laboratoire ont mesuré une endurance de 14 heures et 46 minutes en usage polyvalent. C’est suffisant pour tenir une bonne journée de travail, mais on est loin des deux jours que sa capacité laissait espérer. Surtout, des concurrents directs arrivent à faire mieux.
La recharge n’est guère plus impressionnante. Il nous a fallu 1 heure et 50 minutes pour une charge complète. C’est long, très long en 2025. En 10 minutes, on ne récupère que 18 % de batterie. Heureusement, il est compatible avec la charge sans fil magnétique Qi2 (baptisée “Pixelsnap”), un excellent point pour la praticité au quotidien.
Audio
Le Pixel 10 Pro Fold est équipé de haut-parleurs stéréo qui délivrent un son clair et puissant. L’ensemble est bien équilibré dans les médiums et les aigus, ce qui est agréable pour regarder des vidéos. Comme souvent sur smartphone, les basses manquent un peu de profondeur. La compatibilité avec l’audio spatial est un plus pour une meilleure immersion dans les contenus compatibles
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