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Syndication : gare à l’intégration

Les plates-formes de syndication évoluent des sites web vers les extranets, mais leur intégration peut se révèler laborieuse.

Hier, le B.A.-BA de la syndication reposait sur l’agrégation de contenus gratuits, à partir de bases de données ou de sites d’information. Puis sur leur revente auprès de jeunes pousses, désireuses d’alimenter leur site marchand avec des fils d’actualité. Aujourd’hui fanées, les jeunes pousses achètent peu de contenus. Contenus qui sont au passage devenus payants et parfois même très chers. À la recherche de débouchés, les syndicateurs se tournent vers les grands comptes et diversifient leurs activités. Ils proposent des services de catalogues ou d’annuaires pour les séduire.

L’extranet en première ligne

Cependant, les fils d’actualité agrégés n’ont pas disparu. Premiers parmi leurs clients figurent les sites web des grands comptes. Ainsi, Atofina (Groupe TotalFinaElf) a fait appel au syndicateur américain NewsEdge, chez lequel elle puise des actualités issues de ses bases de données. Celles-ci contiennent environ 80 000 actualités, réparties en 200 catégories. “Nous avions besoin d’informations pétrochimiques pour alimenter le site d’Atofina en contenu. Cela nous permet de proposer un site vivant et professionnel “, souligne Frédéric Mombrun, chef du service média en ligne chez Atofina.En marge de ces fils d’information pour sites web, le marché se focalise aujourd’hui sur l’extranet. Les contenus accompagnent la prestation commerciale délivrée aux clients qui y accèdent depuis un extranet sécurisé. “L’extranet EDF Online est réservé aux grands comptes. Il diffuse des actualités issues de la plate-forme de syndication Mediapps Net.Portal 4.0, qui agrège des contenus concernant l’économie et les finances. En fournissant des réponses à des questions à faible valeur ajoutée, il allège le travail de notre force de vente”, commente Pascale Cott, responsable éditoriale d’EDF Online.Pour Eudes du Fretay, directeur du système d’information chez Parsys, publier des contenus à valeur marchande reste une priorité. “Les catalogues syndiqués de CNET Channel exportent les références des grossistes Ingram ou TechData vers nos bases de données. Ils fournissent à notre département d’étude marketing 28 000 fiches techniques. Elles permettent l’étude du parc d’ordinateurs exploité chez nos clients. Nous avons ensuite lancé notre propre extranet Asset OnLine, qui leur permet de commander des configurations en ligne, basé sur le même service “, précise-t-il. La facilité d’intégration des contenus dépend pour beaucoup des choix de plates-formes réalisées. En effet, elle est rapide lorsque l’entreprise désire intégrer des flux de documents à son site. “La récupération des informations a pris moins de quinze jours de travail. 2 000 fiches techniques issues de CNET DataSources, sont ainsi stockées au format texte chaque semaine “, se réjouit Eudes du Fretay. Même son de cloche chez Atofina. “Les pages d’information que nous publions sont hébergées au format HTML sur les serveurs de NewsEdge aux États-Unis. Nous leur fournissons un document modèle avec notre charte graphique, puis nous intégrons les documents lien à lien avec nos propres serveurs “, confirme Frédéric Mombrun. Nenad Cetkovic, directeur du marketing au Groupe Tests (qui édite Décision Micro & Réseaux), précise : “Nous travaillons à l’intégration de l’annuaire high-tech commercialisé par iomedio, sur le site 01net. Elle repose sur une simple intégration de nos pages avec leurs interfaces web d’annuaire “. Serait-ce la clé de la simplicité ? En l’occurrence, iomedio commercialise, sur le mode de l’application hébergée, des services d’annuaires agrégés à partir des référentiels de Findexa, Comindus, Comm’Back, ou ORT Reuters.Le constat est, en revanche, plus mitigé lorsque l’entreprise désire installer sur son propre réseau la solution de distribution des flux d’information. “Pour des raisons de sécurité, EDF Online a choisi d’acheter la plate-forme de syndication Mediapps Net.Portal 4.0, ce qui a demandé six mois de prise en main, et une réflexion importante concernant les flux XML que nous désirions publier “, nuance Isabelle Métais, responsable du système d’information EDF Online. Développé en Java et installé sur un serveur d’application IBM WebSphere avec Solaris, le logiciel gère la distribution de milliers de sources d’information vers l’extranet grand compte d’EDF.

Gare aux défaillances externes

Enfin, attention aux défaillances externes. L’utilisation de plates-formes distantes rend l’extranet ou le site Internet dépendant du bon fonctionnement des serveurs chargés de délivrer les documents. “NewsEdge avait changé les URL de leurs pages sans nous prévenir. Nous avons procédé aux changements d’adresses après coup “, indique Frédéric Mombrun. Un diagnostic confirmé par EDF Online. “Une chute de l’infrastructure Mediapps survenue il y a plusieurs mois nous a privé momentanément de contenus externes. Depuis, leurs machines sont redondantes “, conclut Isabelle Métais.Quant aux coûts, ils varient fortement. Mediapps facture 30 000 euros ht par processeur sa solution d’agrégation. La facture d’EDF Online s’élève ainsi à plus de 90 000 euros ht. Atofina verse 11 411 euros ht par an à NewsEdge, pour six fils d’information pétrochimiques. Moins cher, mais uniquement en anglais…

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Francisco Villacampa