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Springer passe au payant

L’éditeur de Bild enterre le modèle de l’information gratuite sur le net.

Déficitaire pour la première fois de son histoire, le groupe Axel Springer est beaucoup moins disposé qu’autrefois à perdre de l’argent sur internet. Le nouveau patron, Mathias Döpfner, qui a pris ses fonctions le 1er janvier à la tête du premier groupe de presse allemand, s’est en effet décidé à rentabiliser les sites de ses journaux. Au premier rang desquels Bild, le quotidien d’Europe le plus vendu avec 4,5 millions d’exemplaires. Bild.de restitue sur le net le leadership de Springer, puisqu’il est également le site d’info le plus populaire d’Allemagne, avec au moins un million de connexions estimées par jour. Malgré tout, depuis son lancement en 1995, il n’a jamais été rentable. “Moi aussi j’ai surestimé l’évolution d’internet”, reconnaît Mathias Döpfner, responsable, il y a cinq ans, des activités presse écrite et multimédia du groupe. “Il n’est pas possible de gagner de l’argent avec de l’info en ligne”, déplore-t-il aujourd’hui.Après avoir annoncé un drastique dégraissage (400 à 100 employés), la direction de Bild.de a abandonné certains projets en cours comme les vidéos online sur la vie des célébrités. À partir de ce mois-ci ?” une première dans la presse allemande ?” l’accès à Bild.de ne sera donc plus gratuit. Certains s’interrogent d’ailleurs sur la stratégie de Mathias Döpfner alors même qu’aux États-Unis les grands quotidiens comme le New York Times et le Washington Post font marche arrière et retournent à la gratuité de leur site. Dans un premier temps, les services payants devraient concerner les jeux et les services érotiques. Ensuite, un abonnement mensuel devrait être proposé pour l’utilisation de l’ensemble du site. Pour réaliser ce projet, le groupe va coopérer avec T-Online, la filiale de Deutsche Telekom et premier fournisseur d’accès d’Europe avec 10 millions d’abonnés. Ainsi, à l’avenir, Bild devrait être directement accessible par le portail de T-Online et la vente de l’espace publicitaire se fera en commun.

Une rédaction, des journaux

Pour réduire les coûts, Springer a également décidé de regrouper les rédactions en ligne de ses quotidiens (Welt, Hamburger Abendblatt, Berliner Morgenpost, BZ) avec son portail Berlin1.de. Le contenu non spécifique des sites sera produit d’une manière centralisée et complété par les services particuliers. Enfin, Axel Springer a suspendu le supplément internet papier de son quotidien Die Welt et fermé son portail destiné aux femmes, créé en coopération avec le groupe Otto Versand, numéro 1 mondial de la vente par correspondance. La réorganisation complète des activités internet et la nouvelle stratégie de Mathias Döpfner étaient attendues depuis longtemps car la situation financière du groupe n’a jamais été aussi mauvaise. En 2000, l’année du boom publicitaire, le bénéfice net avait déjà chuté à 98 millions d’euros (642,84 millions de francs) pour un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros. D’ici à 2003, Axel Springer a prévu de licencier environ 1 400 personnes, soit 10 % du personnel.

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Christophe Bourdoiseau, à Berlin