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Spir persiste sur le marché encombré des “city guides”

Avec sept nouvelles villes couvertes, Spir Communication et son réseau Maville progressent dans un secteur aux perspectives de rentabilité encore floues.

Les city guides se multiplient sur un marché aux perspectives financières pourtant incertaines. Groupes de presse (Ouest-France, Sud-Ouest), grands de l’audiovisuel (M6, NRJ) ou encore pure players, déploient leur réseau. Le dernier à l’avoir fait ? Spir Communication, le groupe spécialisé dans la presse gratuite qui avait déjà lancé en mars six city guides, regroupés au sein de son réseau Maville.com (Perpignan, Montpellier, Nîmes, Avignon, Nice et Cannes).Il poursuit sa stratégie de développement et couvre désormais sept villes supplémentaires dans la région Rhône-Alpes : Lyon, Saint-Étienne, Valence, Annemasse, Chambéry, Annecy et Vienne. Avec le grand Ouest, développé par Ouest-France (actionnaire principal de Spir Communication), ainsi que Marseille et Aix-en-Provence, le réseau couvre désormais 36 villes et dépasse les 350 000 visiteurs.À l’échelle nationale, Maville.com pointe donc à la seconde place (à égalité avec Cityvox), derrière le pionnier Webcity (37 villes). Mais Bestofcity (NRJ) et Viapolis, principaux challengers, ne comptent pas rester inactifs. Plusieurs ouvertures sont encore prévues cette année.

Concentrations prévisibles

La maturité économique des city guides reste toutefois pénalisée par le faible taux d’équipement internet des foyers, et surtout par la réticence des commerçants locaux à investir dans un support de communication aux retombées incertaines. “ Les modèles économiques basés à 80 % sur la communication de proximité [vente de liens, vignettes et minisites aux acteurs locaux] sont encore à démontrer et à définir, explique Eric Lelièvre, directeur général de Spir Multimédia. D’autant que chaque réseau supporte entre 150 000 et 610 000 euros (1 à 4 millions de francs) de charges par mois.“Pour Maville.com, les pertes mensuelles tournent autour de 150 000 euros. Cela, alors que le marché de l’information locale fait l’objet d’une âpre concurrence, non seulement entre la dizaine d’éditeurs de city guides, mais aussi entre les annuaires en ligne, les sites d’informations locales et les web TV comme TV Web Régions. Dès lors, dans un avenir proche, “ des opérations de concentration entre “city guides” semblent inéluctables, eu égard à l’offre pléthorique“, observe Pierre-Jean Bozo, le directeur général de NRJ.

Menaces sur Vivalaville

Actuellement, c’est le réseau Vivalaville, qui réunit trois quotidiens régionaux (Le Télégramme, L’Alsace et Le Républicain Lorrain) qui est le plus exposé : s’il a levé 2,7 millions d’euros en juillet 2000 son deuxième tour de table semble difficile à boucler. Les discussions autour de possibles fusions des actifs des uns et des autres vont bon train sans pourtant aboutir. “ Le marché n’est pas encore assez mature pour définir de réelles synergies“, explique le directeur général de Spir Multimédia. En attendant, la société peaufine les prochains lancements de sites locaux de Maville.com, avec la volonté d’obtenir une couverture nationale dici à 2003.

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Célia Penavaire et Amaury Mestre de Laroque