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Le réseau mobile d’Ukraine est au bord du gouffre

En Ukraine, le réseau mobile subit de plein fouet les attaques de la Russie. Privés d’électricité, les opérateurs se tournent vers des générateurs et de nouvelles batteries pour assurer les communications, indispensables en temps de guerre.

L’offensive russe en Ukraine se poursuit. Depuis octobre, les forces du Kremlin multiplient les attaques sur le réseau électrique du pays. Le mois dernier, une flotte de drones russes a notamment endommagé les infrastructures électriques de la capitale Kiev. Quelques jours plus tard, des missiles ont frappé plusieurs zones d’Ukraine. Ces assauts à répétition ont provoqué une série de pannes sur le territoire, privant les Ukrainiens d’énergie et de chauffage.

Les frappes tactiques ordonnées par Moscou mettent également sous pression le réseau téléphonique mobile de l’Ukraine, rapporte le Wall Street Journal. Face aux pannes de courant, les opérateurs ont installé des générateurs pour maintenir l’alimentation des antennes cellulaires, mais la situation devient critique.

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Un réseau mobile en manque d’énergie

Les générateurs d’électricité sont rapidement venus à manquer. Même constat du côté des batteries au lithium qui accompagnent les générateurs. Les télécoms se sont alors mises en quête d’équipements pour garantir le fonctionnement du réseau. C’est le cas de Lifecell, le 3e plus important opérateur mobile de l’Ukraine. L’entreprise précise avoir besoin de 250 générateurs et de 36 000 batteries pour maintenir le réseau mobile à flot.

Les trois principales télécoms du pays, à savoir Kyivstar, Lifecell et Vodafone, ont pris la décision de remplacer les habituelles batteries au plomb par des accumulateurs de secours au lithium. Ce type de batterie offre une recharge bien plus rapide après une coupure d’alimentation, un événement devenu courant en Ukraine. Kyivstar a pu soutenir son réseau avec 8 000 batteries supplémentaires. De son côté, Vodafone a ajouté dans l’urgence 5 000 accumulateurs depuis les premières frappes russes.

Le ministère ukrainien des Communications est alors entré en contact avec les fabricants pour réclamer davantage de batteries. Malgré les efforts consentis par l’industrie, la production des accumulateurs prendra encore trois ou quatre mois. En attendant, le réseau mobile de l’Ukraine reste très fragilisé par les assauts du Kremlin. Au terme d’une offensive en novembre, 59 % des stations de base étaient hors service.

Les opérateurs ukrainiens souffrent par ailleurs d’une importante pénurie de main-d’œuvre. Assailli par l’armée russe, l’État a envoyé une grande partie des Ukrainiens au front. Suite à l’attaque de novembre, le directeur général de Lifecell s’est lui-même rendu sur le terrain pour relancer une antenne cellulaire à l’aide d’un générateur.

Un réseau indispensable

Le réseau téléphonique mobile est indispensable à la résistance ukrainienne contre l’envahisseur. Dans le cadre de la guerre, les communications par smartphones sont en effet essentielles, que ce soit pour les soldats ou les civils. Une grande partie des opérations humanitaires sont d’ailleurs organisées par le biais du réseau mobile.

Même constat du côté des opérations militaires. Comme l’explique Sir Richard Barrons, ancien chef du commandement des forces britanniques, au New York Post, l’accès Internet est profondément important dans la façon dont la guerre est menée. Par exemple, un soldat peut consulter et partager « une carte tactique du champ de bataille » avec ses équipiers afin d’identifier la position de l’ennemi, souligne le général.

Le réseau mobile permet également aux civils de transmettre des informations clés au gouvernement de Volodymyr Zelensky. Depuis l’invasion russe de février 2022, l’État encourage les citoyens à poster des photos des opérations russes sur l’application Diia, initialement réservée aux papiers officiels (permis de conduire, carte d’identité…).

C’est pourquoi les opérateurs demandent un accès prioritaire au réseau électrique. Actuellement, les autorités réservent l’électricité aux hôpitaux et aux services d’urgence. Ce sont ces infrastructures qui ont le droit à l’essentiel de l’alimentation disponible en quête de pénurie.

Starlink à la rescousse

Sans surprise, une partie de l’infrastructure des télécommunications a par ailleurs été détruite par les missiles de la Russie. L’armée russe a pris soin de réduire à néant toutes les antennes et les tours cellulaires situées dans les zones tombées sous son contrôle. De facto, une portion du réseau est inopérante.

Pour pallier les difficultés enregistrées par son réseau mobile, l’Ukraine peut compter sur SpaceX. Fin décembre, le vice-premier ministre Ukrainien Mykhailo Fedoro a négocié la livraison de 10 000 nouvelles antennes satellites Starlink. Malgré des signaux contradictoires, Elon Musk continue de soutenir l’Ukraine, explique Mykhailo Fedoro :

« Musk nous affirme qu’il continuera à soutenir l’Ukraine. Quand on a eu un black-out, je l’ai contacté le jour même. Il a réagi dans l’instant et a déjà pris des mesures ».

Plusieurs États européens vont participer au financement de ce nouveau lot d’antennes, devenues indispensables à l’heure où la Russie intensifie ses offensives sur les télécommunications ukrainiennes.

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Source : Wall Street Journal


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