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OpenAI veut se « recentrer », mais s’offre le podcast préféré de la Silicon Valley

Sora fermé, Disney planté, un milliard de dollars parti en fumée. La réponse d’OpenAI : s’offrir le talk-show préféré de la Silicon Valley.

Le 24 mars, OpenAI annonçait la fermeture de Sora, son générateur de vidéos par IA. Disney perdait dans la foulée un accord à un milliard de dollars. Le 2 avril, l’entreprise rachète TBPN, un talk-show tech quotidien diffusé sur YouTube et X. Le lien entre les deux décisions tient en un mot : communication.

De la vidéo IA au média : la logique derrière le virage

Sora avait été lancé fin 2024 avec fanfare. Disney avait signé un accord de licence pour y intégrer 200 personnages. L’application a atteint un million de téléchargements en cinq jours. Mais les coûts en calcul ont rattrapé l’enthousiasme. Les téléchargements ont chuté de 32 % en décembre 2025, puis de 45 % en janvier 2026. L’accord avec Disney n’a jamais été finalisé financièrement. Le recentrage qui justifie la débâcle porte sur les outils de productivité, le code et la préparation d’une entrée en bourse.

TBPN s’inscrit dans cette réorientation. Le show, lancé en 2024 par John Coogan et Jordi Hays, est diffusé trois heures par jour. Il attire environ 70 000 spectateurs par épisode. Le Wall Street Journal estime ses revenus 2026 à plus de 30 millions de dollars. Sam Altman le décrit comme son émission tech préférée, rien que ça.

Un podcast « indépendant » sous la tutelle du stratège politique d’OpenAI

Fidji Simo, directrice des applications d’OpenAI, a justifié l’acquisition dans une note interne. Selon elle, OpenAI n’est « pas une entreprise classique » et les méthodes de communication traditionnelles ne s’appliquent pas. TBPN continuera à choisir ses invités et ses sujets. L’indépendance éditoriale est « explicitement protégée » dans l’accord.

Le détail qui refroidit : TBPN sera rattaché à l’équipe stratégie d’OpenAI, sous la direction de Chris Lehane. L’homme est vice-président des affaires mondiales. Ancien conseiller de Bill Clinton, il a aussi piloté Fairshake, un organisme de lobbying crypto qui a dépensé des centaines de millions pour éliminer des candidats hostiles au secteur. Chez OpenAI, il pousse des politiques comme la dérégulation de l’IA et l’assouplissement des normes environnementales pour les centres de données.

Des enquêtes de presse ont déjà montré que l’équipe de recherche économique sous Lehane peinait à publier des travaux sur les impacts négatifs de l’IA. Placer un podcast « indépendant » sous sa supervision interroge, au minimum, sur la définition du mot. Altman promet que TBPN ne sera pas plus tendre avec OpenAI qu’avant. Reste à voir ce que vaut cette promesse quand le patron du show signe sa fiche de paie.

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Source : TBPN via LinkedIn


Naïm Bada