Passer au contenu

Rapport sanitaire sur les ondes : les militants déçus, les opérateurs rassurés

L’association Robin des Toits juge le nouveau rapport de l’Anses « plus politique que scientifique ». De leurs côtés, les opérateurs cachent leur joie et « prennent acte » des conclusions de l’agence sanitaire.

Peu de sujets font autant polémiques que celui des ondes radiofréquence. C’est à nouveau prouvé par la publication d’un nouveau rapport sanitaire par l’Anses. Selon celle-ci, les données scientifiques ne prouvent pas l’existence d’un risque avéré sur la santé publique. Toutefois, elle recommande de limiter l’exposition pour les enfants et les utilisateurs intensifs.

Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des Toits, s’est dit « déçu » par le rapport, regrettant que le principe de précaution ne soit pas appliqué. « Nous sommes très déçus par ce rapport qui nous parait plus politique que scientifique », a-t-il déclaré à la presse à l’issue de la présentation de l’avis.

En particulier, il a déploré le manque d’études sur l’impact du déploiement, en cours, de la technologie 4G, qui va permettre d’avoir sur des smartphones des débits internet comparables à ceux d’une ligne fixe. « Depuis 2009, nous avons demandé que soit étudié l’impact de la 4G avant son déploiement, histoire de ne pas prendre la population comme cobaye, a poursuivi Etienne Cendrier. Là, on est en 2013, la technologie est en train d’être lancée et il n’y a toujours pas d’étude d’impact sanitaire. »

Pour le responsable de Robin des Toits, « l’agence ne fait pas son boulot, elle accompagne le déploiement commercial de cette technologie ». « D’un côté, elle nous dit qu’il faut réduire l’exposition, et d’un autre l’agence ne dit rien sur la 4G qui va augmenter l’exposition », a-t-il regretté.

Un rapport pour « les poubelles de l’Histoire »

Le cancérologue Dominique Belpomme va encore plus loin. Sur les ondes de France Info, il a affirmé que « les champs électromagnétiques sont néfastes pour la santé », récusant les conclusions du rapport de l’Anses. « Ces rapports serviront de toute façon à enrichir les poubelles de l’Histoire. Ils n’ont aucun intérêt puisque le premier rapport de l’Anses disait tout simplement qu’il n’y avait aucun risque », a-t-il ajouté.

Concernant l’électrohypersensibilité – un sujet volontairement exclu par le rapport de l’Anses pour être analysé de manière spécifique en 2014 –  il estime qu’il s’agit là d’une vraie maladie « avec des tests objectifs qui le disent ». « Ces malades ne sont que la partie émergée de l’iceberg », souligne-t-il.

De leurs côtés, les opérateurs télécoms se sont montrés rassurés. Dans un communiqué, la Fédération française des télécoms (FFT) « prend acte du maintien par l’Anses de sa conclusion de 2009 sur les ondes radio : il n’existe aucune preuve d’un risque pour la santé ». Concernant l’exposition au téléphone mobile, la FFT « prend acte du maintien par l’Anses de sa vigilance sur l’exposition des utilisateurs ».

Et pour ce qui est des antennes-relais, l’organisation constate que le rapport « fait écho à la présentation cet été des résultats des travaux du COMOP/COPIC (…) qui montrent que l’exposition au public liée aux antennes-relais est déjà très inférieure aux seuils OMS et qui recommandent des mesures en matière de concertation locale et de traitement des points localement les plus exposés ».    

Lire aussi:

Le téléphone mobile peut provoquer des tumeurs cérébrales, selon l’Anses, le 15/10/2013

Sources :

L’interview sur France Info du professeur Belpomme
Le communiqué de la FFTélécoms  

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Gilbert Kallenborn, avec AFP