Article mis à jour à 15 h 24 pour ajouter la déclaration du consortium.
Alors que le rachat de SFR pour quelque 20 milliards d’euros est acté depuis juin 2026, les conséquences sociales de l’opération commencent à se dessiner. Plusieurs actions se dessinent.
D’un côté, le CSE de l’entreprise, autrement dit les délégués du personnel, attaque les futurs propriétaires, à savoir les trois autres grands opérateurs historiques : Orange, Bouygues et Iliad (Free). De l’autre, on apprend dans Ouest France qu’une grève aura lieu ce jeudi 24 septembre 2026 dans l’après-midi à l’appel de l’intersyndicale regroupant l’Unsa, la CFDT et la CFTC.
« Colère et détermination »
Le motif de la grève est simple : il doit s’agir d’un « coup de semonce » d’après Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT auprès de l’AFP et « faire entendre l’inquiétude » des salariés « leur colère et leur détermination ». « On va continuer le combat jusqu’à ce qu’ils reconsidèrent la situation », prévient Abdelkader Chourkane, élu du CSE et de l’UNsa.
Les futurs patrons ont assurés qu’ils garantiraient l’emploi des 8000 salariés de SFR jusqu’en 2029. Passée cette date, seuls environ 3000 d’entres eux conserveront leurs postes, dont une majorité chez Bouygues Telecom (2300 salariés), autour des 300 chez Orange et seulement 54 pour Free, qui récupère RED by SFR, la marque low cost de l’opérateur. Les délégués syndicaux affirment avoir déjà répertorié les boutiques qui devront fermer.
La grève intervient donc dans un contexte de négociation toujours en cours entre l’intersyndicale et les trois repreneurs. D’après Ouest France, une offre de reprise par salarié aurait été offerte, mais les syndicats souhaiteraient monter à trois offres par personne.
Une audience en référé doit avoir lieu ce matin au tribunal judiciaire de Paris juste avant la grève. Les syndicats tentent d’y obtenir davantage de documents sur la vente.
Après la publication de cet article, nous avons reçu un communiqué de la part des trois repreneurs que voici :
« Ce projet apporte une solution d’emploi à chacun des 8 000 salariés du périmètre repris : sur la base de notre proposition, environ 5 000 pourront rejoindre les trois opérateurs au lendemain de l’opération et 3 000 poursuivront leur activité chez SFR pour conduire la migration sur plusieurs années. Notre priorité est claire : préserver l’emploi dans le cadre d’un projet industriel crédible, responsable et qui s’inscrit dans la durée. Pour les salariés qui choisiraient un projet professionnel extérieur, nous proposons des mesures d’accompagnement significatives : pour un salarié au salaire médian de SFR, les indemnités proposées représentent près de trois années de salaire net. Les discussions se poursuivent avec les organisations syndicales et nous restons pleinement engagés dans le dialogue. »
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